Créée en 2014, la marque chinoise XPeng (également active dans les robotaxis, les robots humanoïdes et les voitures volantes, dont elle a déjà livré 7.000 exemplaires) cartonne déjà en Chine où, chaque mois, elle écoule environ 40.000 voitures ! En Belgique, le score est plus modeste puisqu’en 2025, elle a «fait» 1.185 voitures, soit une performance tout à fait honorable, rapportée à l’année 2024 où elle n’avait séduit que 231 clients (chiffres: FEBIAC).
Pour 2026, ses responsables visent à doubler ce chiffre, à 3.500 ou 3.600 exemplaires, en tablant notamment sur un réseau de distribution en plein développement. Mais aussi sur l’élargissement de la gamme. Aux SUV G6 et G9 déjà connus s’ajoute cette fois cette berline P7+, une offre que rejoindront encore trois nouveaux modèles d’ici la fin de l’année. La machine est en marche et elle fait notamment tourner l’usine Magna-Steyr en Autriche où cette P7+ est assemblée «en kit», aux côtés des G6 et G9, à partir d’éléments en provenance de Chine.
Dimensions & concurrence – Xpeng P7+

En attendant, plutôt que de berline, il convient ici de parler de limousine, du moins si l’on se réfère à son gabarit et à sa longueur de 5,07 m. On évolue clairement dans cet univers, où elle côtoierait par exemple des BMW i5 (5,06 m) ou des Volvo ES90 (5 m), évoluant toutefois dans d’autres sphères de prix.
Ses véritables concurrentes sont plutôt à chercher du côté des Audi A6 e-tron Sportback (4,93 m), Hyundai Ioniq 6 (4,93 m), voire Lexus RZ (4,91 m), Mazda 6e (4,92 m), Volkswagen ID.7 (4,96 m) ou encore Zeekr 001, ce shooting brake de 4,96 m. Basée sur la plateforme maison SEPA 2.0, la XPeng P7+ repose en outre sur un empattement de 3 m, a priori garant d’une belle habitabilité. Y compris à l’arrière: un «must have» pour le client chinois.
Habitacle & coffre – Xpeng P7+

De fait, ne tournons pas autour du pot: la P7+ affiche une habitabilité princière, y compris à l’arrière et dans tous les axes: garde au toit, espace aux genoux, largeur aux épaules… Et avec son coffre généreux, accessible par un large hayon, pouvant contenir de 573 à 1.931 litres de bagages, elle permet de voir venir. Les occupants arrière bénéficient en outre de deux demi-dossiers réglables électriquement en inclinaison, mais aussi d’une banquette chauffante, ventilée et massante! Les passagers sont parés pour de longues distances.
Une impression de confort renforcée par un bilan acoustique tout à fait remarquable, notamment en matière de bruits de roulement et de vent. Sur ce point, le profil fluide de «coupé» et la faible surface frontale (Cx de 0,21 et SCx de seulement 0,524) jouent un rôle déterminant, tout comme l’adoption de série de doubles vitrages acoustique et d’un système de réduction active du bruit (noise cancellation).
Technique et performances – Xpeng P7+
Cette version Long Range RWD dispose d’un seul moteur sur le train arrière, développant 313 ch et 450 Nm, alimenté par une batterie lithium-ion LFP de 73 kWh (nets), fonctionnant sous une tension de 800 V. De quoi atteindre une autonomie WLTP de 530 km, associée à une consommation moyenne assez remarquable de 16,4 kWh/100 km. Si le chargeur embarqué se contente de 11 kW (triphasé), la recharge rapide accepte jusqu’à 446 kW en pic, de quoi passer de 10 à 80% de SOC en environ 12 minutes.
On le voit, XPeng fait le choix d’une batterie de capacité relativement modeste a priori, mais compense par des capacités de recharge performantes. Un choix judicieux. D’autant que, pour une fois, la valeur WLTP semble parfaitement atteignable, comme nous avons pu le constater lors de notre rapide galop d’essai, durant lequel nous sommes descendus à 13 kWh/100 km en faisant un peu attention et à 16 en roulant «normalement».
Confort & agrément de vie à bord – Xpeng P7+

Un galop d’essai qui a par ailleurs permis de constater, d’abord, l’impressionnant niveau de qualité perçue: finition, matériaux, assemblages… Les sièges avant disposent eux aussi de série du chauffage, de la ventilation et du massage, et bénéficient d’une fonction relax (sans support des mollets toutefois) permettant de se reposer lors des courtes recharges (agrémentées de fonds sonores propices au repos et à la méditation), voire d’une position «lit» («Single Bed Mode», «Dual Bed Mode») dont nous n’avons pas vraiment perçu l’utilité (quoique, avec un peu d’imagination…).
Et puis, inutile de chercher le moindre bouton physique dans cet univers dédié au dépouillement extrême. C’est joli, zen… mais peu pratique. Essentiellement parce qu’il faut passer par le grand écran central de 15,6’’ pour absolument tout régler. Ou quand l’épure visuelle vire à l’exaspération…
Tout aussi exaspérantes, ces «aides» à la conduite pour le moins zélées. Détournez votre regard de la route quelques secondes à peine et vous voilà rappelé à l’ordre par un signal sonore agressif. Entre ACL, LCC, ATC, SAS, ALC, TSE (on vous épargne la signification de ces acronymes), vous êtes constamment sous surveillance rapprochée, ramené dans le droit chemin, scruté, observé… XPeng n’est pas une marque chinoise pour rien. Le fait qu’elle soit, à l’origine, une entreprise technologique lui fait peut-être oublier que, chez nous, conduire et plaisir sont parfois synonymes.
Comportement routier – Xpeng P7+
C’est d’autant plus dommage qu’à part cette mise sous tutelle permanente, la P7+ se révèle… agréable à conduire. Longue et large, certes, mais bien posée au sol, dotée d’une suspension pilotée efficace dans le registre du confort, reposant sur des trains roulants soignés (doubles triangles à l’avant, cinq bras par roue à l’arrière), rigoureuse et efficace plutôt que réellement dynamique. Même Michelin et ses excellents Pilot Sport EV participent à ce bon bilan routier.

Prix belges – Xpeng P7+
En Belgique, la P7+ arrive entièrement et richement équipée. Pompe à chaleur, immense toit panoramique, cuir et alcantara, système audio 20 HP, écran arrière de 8,8’’, parking automatisé, système de conduite autonome XPilot 2.5, fonction V2L… tout est de série. Les seules options concernent le choix de la couleur extérieure et le crochet d’attelage électrique. Le tout pour… 46.990 €.
Aucune concurrente occidentale n’affiche un tel rapport luxe/prestations/équipement/prix. Par exemple, une Volkswagen ID.7 dotée d’une batterie équivalente (77 kWh), commence à près de 63.000 €. Mais comment font-ils?