- Avis Rédaction 15.03 /20
Force est d’admettre qu’à son éclosion en 2017, rares étaient les observateurs qui auguraient un destin flamboyant au premier T-Roc. Il paraissait alors ardu de discerner la pertinence de cette «Golf haute sur pattes», dont la finition intérieure, en rupture brutale avec la rigueur monacale des standards de Wolfsburg, déconcertait les puristes de la marque. Pourtant, l’intuition des stratèges de Volkswagen allait s’avérer d’une redoutable acuité. Après un démarrage discret en fin d’exercice 2017 – avec quelque 4.900 unités écoulées – le SUV compact a entamé une progression fulgurante. Dès sa première année pleine en 2018, il franchissait le seuil des 140.000 ventes, pour culminer à 208.000 unités en 2019. Si la crise sanitaire de 2020 a momentanément freiné cet élan (159.000 exemplaires écoulés), le retour à la normale a consacré son hégémonie. Le séisme survient en 2023: pour la première fois de l’histoire moderne du constructeur, le T-Roc supplante l’indéboulonnable Golf au titre de modèle le plus vendu en Europe. La reine, dont le règne semblait sans partage, cédait ainsi sa couronne à son cadet surélevé. Cette dynamique s’est d’ailleurs confirmée au premier semestre 2024, le T-Roc trônant au sommet de son segment. En moins d’une décennie, ce crossover s’est métamorphosé en un pilier commercial inébranlable et en une véritable locomotive financière pour le groupe, avec deux millions d’exemplaires essaimés sur les routes. C’est dire l’importance de son remplacement…
LE CONCEPT
Si le premier opus du T-Roc s’était déjà plié à l’exercice du restylage en 2021 pour soigner sa qualité perçue, les retouches d’alors ne suffisaient pas à justifier un changement de génération. La mouture qui débarque en ce début d’année marque en revanche une véritable rupture: elle inaugure la plateforme MQB Evo, architecture plus moderne, capable d’intégrer les technologies électrifiées, ainsi qu’une armada d’aides à la conduite et une électronique de pointe. Face à son prédécesseur, le T-Roc 2026 s’étire de 12 cm pour culminer à 4,37 m, s’insérant ainsi avec une précision quasi mathématique entre le T-Cross (4,13 m) et le Tiguan (4,54 m). Son empattement gagne 4 cm, une promesse de générosité pour l’habitabilité.
Malgré cette croissance, il demeure l’un des SUV les plus compacts de sa catégorie. On serait spontanément tenté de l’opposer à un Citroën C5 Aircross (4,65 m), mais sa stature le rapproche pourtant davantage des 4,39 m d’un C3 Aircross. Question gabarit, pas de tarif! Ses rivaux du segment C se montrent plus encombrants, qu’il s’agisse des Hyundai Tucson (4,51 m), Nissan Qashqai (4,42 m), Peugeot 3008 (4,45 m) ou encore Toyota Corolla Cross (4,46 m). Il cultive donc une certaine ambiguïté de positionnement. Adoptant les récents canons esthétiques de Wolfsburg (notamment ceux du Tiguan), cette nouvelle génération affiche une plastique plus fluide, faite de galbes épurés lui conférant une prestance certaine. On remarque son montant C en «aileron de requin» et son pavillon fuyant aux accents de SUV-Coupé. Un athlète toujours assemblé au Portugal, au demeurant.
- Qualité des matériaux, finition soignée, habitacle cossu
- Sérénité du comportement routier
- Confort de marche avec suspension DCC optionnelle
- Tarifs et rapport prix/équipement
- Rapport performances/consommation
- Habitabilité et modularité arrière perfectibles
Dans cet article : Volkswagen, Volkswagen T-roc