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Essai détaillé / Smart #5 100 kWh RWD : Ceci n'est pas une Mercedes

Rédigé par Frédéric Kevers le

Désormais détenue à parts égales par Mercedes et le groupe chinois Geely, Smart tente de se façonner une nouvelle identité au travers de crossovers et SUV à forte personnalité. Au sommet de la gamme trône le Smart #5 avec l’ambition de décrocher les étoiles, à défaut d’en arborer une… Texte : Frédéric Kevers | Photos : Julien Mahiels

  • Avis Rédaction 16.60 /20

Commençons par un bref rappel historique. Née en avril 1994 du mariage improbable entre Mercedes et Swatch, Smart a inventé la microvoiture moderne: compacte, urbaine, presque insolente. La Fortwo, lancée en octobre 1998, a fait de la ville son terrain de jeu et terminera sa carrière après trois générations avec une variante électrique. Las, elle aura probablement eu raison trop tôt et, face à un marché en pleine mutation, Mercedes décide en 2019 d’ouvrir la porte au groupe chinois Geely (propriétaire de Polestar, Lotus, Volvo, Zeekr, etc.), pour une renaissance… sous forme de métamorphose, avec une nouvelle gamme composée des crossovers #1 et #3, émargeant au segment B et exclusivement électriques. Si une nouvelle génération de la ForTwo, baptisée #2, verra bientôt le jour, Smart a poursuivi l’élargissement de son offre par le haut avec le #5. Un SUV familial du segment C qui prétend asseoir les ambitions premium de la marque sino-allemande et concurrencer les ténors généralement issus du sérail teuton. L’intention est belle, mais les arguments sont-ils convaincants? Nous avons voulu en avoir le cœur net.

LE CONCEPT
Bien loin de la microcitadine originelle, ce Smart #5 joue les grands formats dans l’ex-royaume des lilliputiens. Il faut dire qu’avec 4695 mm de long pour 1920 mm de large et 1705 mm de haut, il prend de la place et en offre tout autant grâce à un empattement qui s’étire sur 2900 mm. Mieux, ses formes géométriques et plutôt carrées garantissent un espace à bord royal – surtout pour les occupants de la banquette – et un volume de chargement à la fois généreux et très facilement exploitable. Magie de l’électrique, il y adjoint un frunk de 66 litres qui permet d’y ranger bien plus que vos câbles de recharge.
Sur le plan du style, les codes des #1 et #3 sont respectés avec des surfaces lisses et tendues, des muscles «ronds» plutôt que saillants, mais toujours bien tendus sans être lourds. Et si des efforts sont à noter pour favoriser l’aérodynamisme avec un nez sans calandre et les traditionnels rideaux d’air via les ouïes latérales du bouclier avant, une prise d’air à volets actifs, des jantes largement carénées et des poignées encastrées, les volumes dignes d’une boîte à chaussures et sa largeur conséquente témoignent d’une volonté de privilégier l’espace à bord plutôt que d’obtenir une traînée minimale.
Les designers ont également joué sur l’effet miroir en dupliquant le visuel de la proue sur la poupe: mêmes optiques avec deux éléments superposés dans un parallélogramme pour les phares/feux et quatre traits horizontaux pour les relier, tandis que les inserts de couleur aluminium se font écho dans les deux boucliers. Petite subtilité amusante, il vous faudra mettre le doigt dans le «a» de Smart pour ouvrir le hayon motorisé. Si la philosophie originelle de la marque est désormais totalement occultée sur le format, elle reste prégnante sur le visuel avec un résultat graphique soigné et valorisant. La personnalité est forte, offre un rendu haut de gamme et moderne, tout en évoquant, sous certains angles, un certain… Mercedes GLB.

  • Qualité de finition et confort
  • Recharge très rapide
  • Habitabilité royale
  • Personnalisation limitée
  • Ergonomie digitale perfectible
  • Image à (re)construire

Dans cet article : Smart, Smart #5

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