- Avis Rédaction 16.08 /20
Parfaitement consciente du raté au démarrage – relatif – de sa gamme ID., Volkswagen a décidé de revoir sa stratégie en baptisant ses nouveaux modèles électriques d’une combinaison du préfixe ID. et d’une appellation historique faisant référence à ses modèles thermiques à succès. Première à inaugurer cette nouvelle approche, l’ID. Polo entend redorer le blason «branché» de la «voiture du peuple» en profitant d’une plateforme inédite et de la volonté du constructeur allemand de revenir à ses valeurs fondatrices. Une remise à plat bien utile qui n’exclut pas le recours à quelques subterfuges aussi inspirés que futiles. Et si la fourmi n’en devient pas cigale, a-t-elle au moins les atouts pour affronter la concurrence à armes égales?
LE CONCEPT
Chez Volkswagen, baptiser une nouveauté du nom «Polo» relève presque de la prise d’otage mémorielle. Il ne s’agit pas de vendre un simple bout de tôle floqué d’un badge populaire, mais de perpétuer un mythe industriel: celui de la rigueur accessible, de la polyvalence bourgeoise et du flegme allemand résumé en quatre mètres de long. Une responsabilité qui pèse lourd, particulièrement au moment d’aborder le grand virage de l’électrification de masse. Car si la famille ID. nous a prouvé quelque chose depuis le lancement de l’ID.3, c’est que Wolfsburg excellait jusqu’ici dans l’art de concevoir des voitures électriques tièdes, flanquées de plastiques indignes d’une Seat Marbella (le trait est à peine forcé) et desservies par des choix ergonomiques confinant au masochisme (deux boutons pour quatre vitres, etc.).
Pour cette ID. Polo, le géant allemand n’avait donc pas droit à l’erreur. Il fallait non seulement concrétiser la promesse d’un véhicule zéro émission abordable – le fameux mantra du modèle d’accès sous la barre des 25.000 € –, mais aussi racheter les péchés de toute une génération de logiciels bancals et de volants tactiles exaspérants. Esthétiquement, le soulagement est immédiat. Finies la silhouette d’œuf au plat et l’allure «monovolume» et pataude qui caractérisaient la première vague ID. L’ID. Polo assume une posture nettement plus trapue, mature et visuellement assise sur la route.
Les proportions sont flatteuses: longue de 4,05 m et large de 1,81 m, elle gagne quelques millimètres décisifs en largeur par rapport à une Polo thermique, tout en rabotant légèrement sa hauteur. Le montant C élargi – clin d’œil appuyé et plutôt réussi à la Golf I – structure la silhouette, tandis que les épaules sculptées et les passages de roues bien remplis lui confèrent un allant presque sportif. Le Cx s’établit à 0,27, une valeur très honnête pour un gabarit si contenu qui complète une surface frontale réduite pour obtenir une aéro léchée, obtenue grâce notamment à une calandre inférieure active et à un carénage des soubassements particulièrement soigné. La citadine de Wolfsburg a indiscutablement de la gueule, sans esbrouffe. Mais au-delà de cette plastique enfin séduisante, quoique sans panache, que reste-t-il de la substance germanique une fois le vernis marketing gratté? Le rendez-vous de la rigueur de fabrication et de l’intelligence de conception a-t-il été honoré ou raté?
- Ergonomie «analogique»
- Coffre généreux et pratique
- Habitabilité de compacte
- Tarifs de compacte
- Motricité délicate
- Personnalité étouffée
Dans cet article : Volkswagen, Volkswagen Id. polo
