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Premier essai / Essai Polestar 4 (2026) : le SUV électrique, nouvelle star de la gamme

Rédigé par Steven Appelmans le

Fini la prudence : avec le SUV électrique Polestar 4, la marque s’attaque de front au segment D. BMW, Mercedes et Audi doivent-ils commencer à s’inquiéter ? Le Moniteur Automobile passe la version Rear Motor à l’essai.

Polestar commence à se faire un nom, même si beaucoup l’associent encore spontanément à Volvo. Si les deux marques sont installées à Göteborg et appartiennent au groupe Geely, Polestar entend toutefois se défaire de cette parenté. « Volvo évoque la sécurité et le confort. Polestar doit faire penser aux performances et au design », affirment ses dirigeants. Des associations qui, jusqu’ici, ne nous étaient pourtant jamais venues à l’esprit. Le nouveau SUV électrique Polestar 4, désormais doté d’une lunette arrière, peut-il changer la donne?

Polestar 4 SUV: le retour de la lunette arrière

Très exactement 48 pièces ont été modifiées. Pourtant, le Polestar 4 SUV affiche une allure bien différente de celle de son frère Coupé. Les Suédois — car malgré ses racines chinoises, la marque revendique son identité scandinave – savent donc dessiner une voiture. Voilà déjà une première promesse tenue : celle du design. En y regardant de plus près, les ressemblances apparaissent toutefois. Rien d’étonnant, puisque les deux Polestar 4 ne se distinguent que par leur pavillon et leurs montants de custode.

2026 Polestar 4 SUV Rear Motor

Et encore, ces différences se limitent à la partie située au-dessus de la ceinture de caisse. Pour le reste, tout est identique, des phares aux blocs optiques arrière en passant par les portes. Nous n’allons pas nous en plaindre: comme nous l’avons déjà souligné, Polestar sait dessiner de belles voitures. Cette fois, le style revient toutefois à davantage de classicisme. Le hayon agrandi du Polestar 4 SUV accueille en effet une véritable lunette arrière, qui remplace le panneau en plastique de la version Coupé.

Polestar 4 SUV: un coffre plus grand, moins de garde au toit

Derrière le hayon, le volume de chargement progresse lui aussi, évidemment. Grâce à sa partie arrière plus verticale, le Polestar 4 SUV peut accueillir jusqu’à 129 litres de bagages supplémentaires, pour une capacité totale de 655 litres. Le coffre avant, ou « frunk », reste inchangé et offre toujours 15 litres de rangement additionnels.

Nous pensions également trouver davantage de place sur la banquette arrière, mais cette intuition s’est révélée infondée. C’est même l’inverse : le Polestar 4 Coupé offre quelques millimètres de garde au toit supplémentaires. Étonnant ? L’absence de lunette arrière sur le Coupé répond précisément à une volonté de préserver l’habitabilité.

La marque ne souhaitait faire aucun compromis sur l’espace réservé aux occupants. Elle a donc reculé autant que possible la traverse nécessaire à la rigidité structurelle du Coupé, au point de ne plus pouvoir installer de lunette arrière. Sur le SUV, ce renfort se trouve à peu près au même endroit, ce qui permet de conserver une habitabilité comparable. Précisons que l’espace reste largement suffisant pour accueillir deux adultes à l’arrière.

Polestar 4 SUV: une planche de bord familière

À l’avant, on retrouve une planche de bord directement reprise du Coupé. Le minimalisme scandinave est donc toujours de mise, avec ce que cela implique : à bord du SUV aussi, toutes les commandes passent par l’écran tactile central. Heureusement, l’interface est bien pensée, notamment grâce à l’intégration de Google, et l’on trouve rapidement ses repères dans les différents menus.

Ces balayages et pressions sur l’écran pourraient toutefois appartenir, en partie, au passé d’ici peu. Polestar a en effet annoncé vouloir réintroduire des boutons et des touches physiques dans ses prochains modèles.

2026 Polestar 4 SUV Rear Motor

Polestar 4 SUV: une sellerie en cuir attentive au bien-être animal

Mention spéciale pour la sellerie en cuir, qui se veut respectueuse du bien-être des bovins, aussi étrange que cela puisse paraître. De l’élevage à l’abattoir, Polestar vérifie les conditions de traitement des animaux. La marque utilise uniquement des peaux provenant de bovins destinés à l’industrie alimentaire. Le cuir des sièges ne doit donc entraîner aucun abattage supplémentaire.

Le traitement des peaux doit également se passer de chrome, en raison de sa toxicité pour l’être humain et l’environnement. Ce n’est pas le seul exemple de la politique de durabilité de Polestar, mais c’est l’un des plus éloquents. Une manière d’adresser un solide pied de nez, plus respectueux du climat, aux concurrents qui vantent leur « cuir vegan », lequel n’est, au fond, que du plastique traité chimiquement.

Polestar 4 SUV: motorisations Rear Motor et Dual Motor

Au risque de finir par nous répéter, les deux Polestar 4 partagent également leurs motorisations. Le SUV laisse donc lui aussi le choix entre un ou deux moteurs électriques. Pour cet essai, nous avons retenu la version propulsion Rear Motor, tout simplement parce qu’elle devrait être la plus vendue sur notre marché.

Avec 272 ch et 343 Nm, le moteur synchrone arrière dispose de suffisamment de ressources pour emmener avec aisance ce shooting brake — car nous lui trouvons davantage des airs de break que de SUV.

2026 Polestar 4 SUV Rear Motor

Avec aisance, certes, mais sans grande rapidité. L’engin pèse 2,27 tonnes, une masse qui donne du fil à retordre au moteur lorsqu’on lui demande de lancer la cavalerie. En témoignent les 7,3 secondes nécessaires à cette version pour atteindre 100 km/h. Pour goûter aux performances dont Polestar se targue, il faut donc plutôt se tourner vers la version Dual Motor, forte de 544 ch et 686 Nm. Celle-ci abat le même exercice en 3,9 secondes.

Polestar 4 SUV: une batterie de 100 kWh, mais pas d’architecture 800 V

Ce choix ne change rien à la batterie NMC : les deux versions embarquent un pack de 100 kWh. Sans surprise, la Rear Motor en tire la meilleure autonomie, avec précisément 630 km. C’est 30 km de plus que la Dual Motor : autant dire que le choix de la version la plus puissante ne réclame pas un grand sacrifice sur ce point.

Voilà qui nous amène à la principale occasion manquée de ce Polestar 4 SUV. La marque aurait pu adopter une architecture 800 V, mais les coûts importants d’une telle évolution l’ont conduite à conserver la plateforme SEA1 du groupe Geely et sa structure 400 V.

Ce choix limite la puissance de recharge rapide à 200 kW. Le résultat est honorable en soi, mais dans une catégorie où évoluent les BMW iX3, Mercedes GLC, Audi Q6 et Volvo EX60, tous dotés d’une architecture 800 V et de puissances de recharge en courant continu nettement supérieures, le Polestar part avec un handicap. Au sens propre : lorsque le 4 SUV termine sa recharge de 10 à 80 % après 30 minutes à une borne rapide, ses concurrents ont déjà repris la route depuis un moment.

Polestar comble toutefois une partie de cet écart à domicile grâce à un chargeur embarqué de 22 kW proposé en option. À condition de disposer d’une borne compatible, une recharge complète de la batterie entièrement vide prend alors 5 h 30.

Polestar 4 SUV: des réglages de suspension revus pour le confort

Du côté des suspensions, il existe bel et bien une différence. Surprise ! Enfin, il faudra être particulièrement affûté pour la percevoir. Avec 60 kg de plus que le Coupé sur la balance, le Polestar 4 SUV nécessitait quelques ajustements. Puisque les ingénieurs devaient intervenir, ils en ont profité pour peaufiner d’autres réglages du châssis. Les ressorts avant sont ainsi assouplis de 6 %, tandis que ceux de l’arrière gagnent 12 % en rigidité.

Les deux barres antiroulis deviennent plus souples : leur rigidité diminue de 23 % à l’avant et de 17 % à l’arrière. Le tout au bénéfice du confort de conduite. À l’arrière, la rigidité en carrossage augmente également de 6 %, grâce à de nouvelles liaisons de suspension. Hankook a, de son côté, adapté ses pneumatiques à ces réglages légèrement revus.

2026 Polestar 4 SUV Rear Motor

Ces pneumatiques offrent ainsi une résistance au roulement réduite, des distances de freinage plus courtes et une meilleure adhérence sur chaussée mouillée. Revers de la médaille : ces adaptations ont quelque peu dégradé le ressenti de la direction. Une perte compensée par une géométrie des axes de pivot davantage en V. Aussi subtiles soient-elles, ces évolutions rendent la conduite encore plus agréable.

Le Polestar 4 SUV évolue sur l’asphalte avec un confort remarquable, absorbant efficacement les petites comme les grandes irrégularités. Le tout sans compromettre le comportement dynamique. Certes, la direction pourrait se montrer plus communicative, mais elle suffit largement pour négocier les virages à bon rythme. Après tout, il s’agit avant tout d’un SUV familial.

Polestar 4 SUV Rear Motor: les prix belges

On se demande dès lors pourquoi débourser davantage pour le pack Performance et ses amortisseurs actifs ZF. Grâce aux coupelles en caoutchouc intégrées dans le corps des amortisseurs, ceux-ci élargissent encore la palette entre confort et dynamisme. Mais qui en éprouvera réellement le besoin ? Ce supplément de 5.000 € est, en outre, réservé à la version Dual Motor. Il faut donc être particulièrement convaincu du potentiel sportif de ce Polestar 4 SUV pour franchir le pas.

2026 Polestar 4 SUV Rear Motor

Nous ne débourserions donc pas cette somme supplémentaire. D’autant que cette version Rear Motor réclame déjà au minimum 59.900 €. Un tarif conséquent, que quelques options suffisent à faire grimper au-delà de 70.000 €. Ces prix restent toutefois dans la norme du segment. Et c’est précisément là que le bât blesse : pour un tel budget, les marques premium déjà citées vous ouvrent également leurs portes. Reste à voir si Polestar saura convaincre les acheteurs face à ces concurrents, à facture comparable.

Polestar 4 SUV: notre verdict

Ce Polestar 4 SUV nous a convaincus. D’abord parce qu’il revient à une solution classique : une véritable lunette arrière pour regarder derrière soi. Il séduit aussi par son confort de conduite supérieur à la moyenne, son système multimédia à la hauteur des attentes du segment et ses aspects pratiques, qui devraient plaire aux familles. Le tout servi par une silhouette franchement réussie. Seule son architecture 400 V paraît un peu en retrait, surtout au regard du tarif élevé demandé par Polestar.

Dans cet article : Polestar, Polestar 4 suv

Journaliste AutoGids/AutoWereld

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