Avant que Rolls-Royce ne lance le SUV Cullinan, le Land Rover Range Rover – lorsqu’il était encore un modèle et non une marque à part entière – était considéré comme la « Rolls des SUV ». Un titre honorifique qu’il devait à ses qualités de confort, de luxe et… à ses racines britanniques. Quoi de plus naturel, dès lors, que de voir « le Range » passer à la propulsion électrique, tant en version classique que dans sa variante Range Rover Sport ? Mais ce changement est-il opportun, opportuniste ou… les deux ? Nous nous sommes rendus en Écosse pour le vérifier.
1. Design et dimensions Range Rover Electric
Au premier regard, seules la calandre pleine – du moins sur la finition standard – et les capuchons de moyeu des jantes siglés « EV » attestent de la nature particulière du groupe motopropulseur de cette nouvelle variante du Range Rover. Elle vient compléter une offre qui comptait déjà des motorisations essence, Diesel et hybrides rechargeables pour assurer au modèle une attractivité optimale. Mais restait à déterminer de quelle manière cette propulsion électrique impacte les prestations du SUV haut de gamme britannique.

Premier constat : la plateforme est directement partagée avec les autres Range Rover. Le constructeur nous explique que cette dernière avait été initialement conçue pour accueillir ce type d'unités motrices ainsi qu'un pack de batteries dans le plancher… il y a onze ans déjà ! Dès lors, pourquoi avoir attendu si longtemps ? Tout simplement parce qu'il fallait que la technologie électrique évolue suffisamment pour offrir des prestations à la hauteur du statut de l'engin.
2. Habitacle et coffre Range Rover Electric
Cette anticipation technique présente un premier avantage : elle permet de conserver une habitabilité et un plancher identiques à ceux des versions thermiques, sans relever la position des pieds et des genoux des passagers.
En montant à bord, vous retrouvez la cabine luxueuse, la position de conduite et l'interface utilisateur des versions thermiques, avec un écran central de 13,1 pouces, une instrumentation digitale de 13,7 pouces et un affichage tête haute très lisible. Seuls certains menus sont adaptés à l'électricité, tandis que les positions D et S du levier offrent le choix entre roue libre et conduite à une pédale.

Les alertes des aides à la conduite peuvent être paramétrées selon trois modes via un bouton sur le volant. Si l'ergonomie générale n'est pas la plus intuitive, vivre quelques jours avec la voiture suffira pour s'y retrouver naturellement. L'ensemble reste valorisant, quoique quelque peu daté. Le tout se manipule avec un certain flegme… très britannique.
3. Spécifications et performances Range Rover Electric
L'autre bénéfice de cette architecture tient à une augmentation très limitée de la masse totale en comparaison du Range hybride rechargeable (+40 kg à configuration équivalente). L'accumulateur de 118,5 kWh utiles vient en effet remplacer la combinaison du 6-cylindres en ligne turbo, de la boîte de vitesses, des différentiels mécaniques et de la batterie PHEV.

Mieux encore, le centre de gravité s'abaisse de 88 mm tandis que la rigidité structurelle en torsion augmente de 56 %. Deux atouts en matière de comportement routier comme de confort.
Avec ses 550 ch et 850 Nm disponibles sans la moindre inertie, mais avec une fluidité remarquable, le Range Rover Electric promet des performances à la hauteur de son rang. Malgré ses 2,8 tonnes, il ne lui faut que 4,7 s pour passer de 0 à 100 km/h.
4. Batterie, autonomie et charge Range Rover Electric
Son immense accumulateur de 118,5 kWh utiles autorise une autonomie réelle supérieure à 400 km en conduite mixte, avec une consommation moyenne observée entre 26,3 et 28,8 kWh/100 km.
Quant à l'architecture 800 V, elle permet de recharger la batterie de 10 à 80 % en 22 minutes sur une borne de 350 kW.
5. Au volant Marque Modèle Version
Confort, le mot est lâché et exacerbé à bord de ce Range sur piles. Le silence gagne encore en quiétude – seuls quelques bruits de roulement et de suspension viennent parfois perturber la sérénité ambiante –, le feutré de la suspension impressionne au vu des 2,8 tonnes et les commandes répondent avec une progressivité raffinée.

Il fait bon y voyager, au volant autant qu'en passager. Certes, le mode « Normal » impose une direction un peu muette tandis que le roulis reste marqué. Passer en mode Dynamic permet de juguler les mouvements verticaux sans altérer la capacité d'amortissement, tout en profitant d'une sonorisation à l'accélération agréable.
La motricité s'avère impériale en toutes circonstances, en dépit des 550 ch et 850 Nm qui déboulent sans la moindre inertie, mais avec une fluidité remarquable. En devenant électrique, le Range Rover se révèle encore plus doux et maîtrisé, tout en rendant ses compétences hors-piste plus naturelles.
6. Prix Range Rover Electric
Avec un tarif débutant à 180.320 € en Belgique pour la variante 450 (ch), le Range Rover Electric ne s'adresse évidemment pas à toutes les bourses. Quant au tarif de "notre" version 550 First Edition… si vous demandez combien ça coûte, vous connaissez la suite ! Mais sachez que vous dépasserez les 200.000 € sans forcer.

7. Notre verdict Range Rover Electric
S'il aura pris le temps de se convertir à l'électricité pure, le Range Rover y saisit une opportunité d'améliorer encore ses qualités reconnues : confort, raffinement, silence, sans jamais compromettre sa polyvalence. What else ?
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