- Avis Rédaction 16.08 /20
Dès les premiers mètres parcourus en milieu urbain, l’ID. Polo rappelle pourquoi le savoir-faire de Wolfsburg en matière de mise au point des liaisons au sol reste une valeur sûre. La douceur de fonctionnement de la chaîne de traction électrique est impériale, le silence de fonctionnement remarquable et la visibilité périphérique très décente. Avec un diamètre de braquage contenu à 10,9 m, la citadine allemande se faufile dans la jungle urbaine avec une aisance rassurante. Les démarrages au feu vert sont vifs, mais réclament un peu de circonspection dans les premiers instants afin de juguler le couple trop abondant et d’éviter des micro pertes de motricité, somme toute assez logiques au regard d’une répartition statique des masses moins favorable qu’avec une traction à moteur thermique. Avec 290 Nm instantané déboulant sans filtre sur les seules roues avant, l’essieu moteur avoue logiquement plus vite ses limites sous la pluie ou lors de réaccélérations appuyées en sortie de virage serré. En conduite dynamique, le train avant tend à élargir légèrement la trajectoire si vous forcez le trait.
Pour autant, le comportement routier global demeure d’une rigueur irréprochable et très rassurante. Le centre de gravité bas, consécutif à l’implantation des batteries dans le plancher, limite le roulis à sa plus simple expression. La direction, bien qu’incurablement muette sur l’état d’adhérence de la chaussée et trop assistée en mode Confort, gagne en consistance en mode Sport et permet de placer le train avant avec précision. La suspension – combinaison classique d’un pseudo McPherson à l’avant et d’un essieu de torsion à l’arrière – fait preuve d’un amortissement typiquement germanique: ferme, tenu, voire légèrement percutant à basse vitesse sur les saignées et les dalles de béton, mais efficace dès que la vitesse augmente. Sur autoroute, la stabilité de cap est impériale pour un véhicule de quatre mètres. On se prend à enchaîner les kilomètres sans la moindre fatigue, parfaitement isolé des sifflements aérodynamiques, tandis que les bruits de roulement s’avèrent bien contenus sur la majorité des revêtements. Un comportement d’une grande maturité, presque trop policé, où le pragmatisme l’emporte définitivement sur la moindre bribe de fantaisie ou de passion. Cette ID. Polo est bien une Volkswagen, pas une Cupra.
En revanche, elle partage avec sa cousine espagnole, la Cupra Raval, l’un des principaux atouts de cette plateforme MEB+: la disponibilité – enfin – d’une vraie conduite «one pedal» jusqu’à l’arrêt complet en sélectionnant le mode B sur le commodo de transmission. Si elle ne propose pas, comme la Raval, de palettes derrière le volant permettant de moduler la régénération sur trois niveaux en mode D, elle se rattrape par une régénération adaptative au fonctionnement pertinent et fluide qui facilite les évolutions en contexte extra-urbain. Sur les voies rapides, les aides à la conduite – maintien dans la voie, régulateur de distance ou changement de voie assisté – affichent un calibrage réussi qui contribue au bien-être au volant et à cette sensation de sérieux que l’on attend d’une Volkswagen.
Dans cet article : Volkswagen, Volkswagen Id. polo
