- Avis Rédaction 15.45 /20
Lorsqu’il se dévoile au Salon de Genève 1994, le premier Toyota RAV4 (pour Recreational Active Vehicle 4WD) ne cherche pas le coup d’éclat. Sans tambour ni trompette, avec sa carrosserie trois portes compacte (3,69 m seulement!) et son allure délicieusement décalée, il impose pourtant un nouveau vocabulaire à une industrie automobile qui ne sait pas encore comment le définir. Ni véritable tout-terrain, ni simple break surélevé, ce «Fun Cruiser» originel pose les bases d’un genre inédit: le véhicule de loisirs décomplexé, calibré pour la ville et pensé davantage sous l’angle de l’usage que de la performance pure.
En 1996 apparaît une version cinq portes, suivie en 1998 d’une inédite déclinaison «soft-top» à toit souple, devenue aujourd’hui un véritable objet de collection. Trente-deux ans et cinq générations plus tard, le verdict commercial est sans appel. Avec plus de 15 millions d’exemplaires écoulés dans le monde, dont 2,5 millions en Europe, le RAV4 a transformé ce qui aurait pu rester une excentricité japonaise en un phénomène mondial, presque banalisé par son propre succès. Il est devenu l’un des piliers de la gamme Toyota.
Pour mesurer la portée de cette révolution, il faut se replonger dans le paysage automobile du milieu des années 1990. Le marché est alors partagé entre des tout-terrain rustiques, lourds et gourmands d’un côté, et des berlines ou breaks conventionnels, civilisés mais déjà menacés par l’essor des monospaces, de l’autre. Toyota choisit une troisième voie, éminemment pragmatique: une structure monocoque, un moteur 2 litres transversal, des suspensions indépendantes et une transmission intégrale. En privilégiant le comportement routier d’une berline aux prétentions de franchissement des mastodontes de l’époque, le constructeur invente en réalité le cahier des charges du SUV compact moderne.
Après l’émancipation et l’internationalisation de la deuxième génération, la troisième s’embourgeoise pour séduire les familles. La quatrième accompagne ensuite l’explosion mondiale du segment, tandis que la cinquième ancre définitivement le modèle dans l’ère de l’hybridation. À chaque étape, la fiabilité demeure une religion. Le style, en revanche, évolue vers davantage de consensus. Le RAV4 rentre progressivement dans le rang sur le plan esthétique, au point d’être parfois perçu comme dépourvu de véritable personnalité. Sans jamais renier, toutefois, les qualités objectives qui continuent d’assurer son succès.
Seul ou presque dans la cour de récréation des SUV compacts en 1994, il allait progressivement voir arriver une multitude de concurrents. Si bien qu’en 2026, le RAV4 fait face au paradoxe classique des pionniers. Sa position est aussi confortable qu’inconfortable: il n’a plus rien à prouver, mais doit désormais justifier son statut dans un segment saturé de propositions hybrides et électrifiées, où la copie est devenue la norme et l’originalité l’exception. Il n’est plus le défricheur isolé. Il est devenu la cible à abattre.
LE CONCEPT
Cette sixième génération ne mérite qu’à moitié son appellation: il s’agit davantage d’une génération 5.2 que d’un modèle entièrement nouveau. Ses dimensions demeurent inchangées, avec 4,60 m de long et un empattement de 2,69 m, ce qui lui permet de rester parfaitement positionné au cœur d’un segment toujours plus encombré. La plateforme TNGA-K est reconduite, mais bénéficie de plusieurs évolutions ciblées: rigidité accrue de près de 10 %, points d’ancrage des suspensions renforcés de 31 % à l’avant et de 27 % à l’arrière, entre autres.
Deux motorisations sont proposées. D’une part, l’hybride autorechargeable (HEV) qui nous intéresse ici, forte de 183 ch en version traction et de 191 ch en transmission intégrale. D’autre part, une version hybride rechargeable (PHEV) développant 268 ch en deux roues motrices ou 304 ch en AWD.
Au moment de rédiger ces lignes, les émissions de CO₂ des versions PHEV étaient toutefois encore en cours d’homologation, ce qui nous empêche de déterminer avec précision leur pertinence fiscale en 2026 pour les professions libérales et les indépendants en personne physique. Un élément pourtant essentiel pour compenser un surcoût à l’achat conséquent. Quant aux sociétés, la question est désormais largement réglée: la déductibilité fiscale n’est plus un argument.
Toute la pertinence de cette version HEV apparaît alors clairement, précisément pour les particuliers et les familles à la recherche d’un véhicule spacieux, pratique, fiable et économique à l’usage, tout en restant peu enclins à franchir le pas du tout électrique. Car oui, ils sont encore nombreux.
- Consommation maîtrisée, autonomie
- Agrément de vie à bord (habitabilité,…)
- Confort de marche et agrément de conduite
- Prix de base conséquent!
- Transmission e:CVT en progrès, mais…
- Multimédia pas toujours ergonomique ou stable
Dans cet article : Toyota, Toyota RAV4
