- Avis Rédaction 17.25 /20
Le point fort de la technologie du mégacasting est de créer une plateforme à la rigidité exceptionnelle. Le SUV semble coulé dans la masse, pas une seule sensation de torsion, pas un craquement à signaler. En outre, cette technologie a facilité le travail des ingénieurs châssis et suspensions. Pour les liaisons au sol, on retrouve des principes classiques, c’est-à-dire une double triangulation à l’avant et un multibras à l’arrière. Avec le niveau atteint, Volvo n’a pas estimé nécessaire de prévoir des amortisseurs pneumatiques, contrairement à l’EX90 et à la prochaine version Cross Country de l’EX60. Qu’importe, le niveau de confort de notre P10 AWD est grandiose, malgré la présence de jantes de 21’’. Pas de sécheresse (excessive) sur revêtement difficile, ni de hautes fréquences qui remontent des bitumes granuleux, mais un maintien de caisse exemplaire. Trois modes régissent le travail des suspensions, et même le plus ferme reste conciliant, tout en faisant virer ce SUV de 2,4 tonnes avec une aisance étonnante. Le train avant est tranchant et ce brillant châssis assure des vitesses de passage en courbe peu avouables... Les pneus souffrent, mais les trajectoires restent propres et rapides. Évidemment, en mode Performance, pied au plancher, tout le monde à bord attrape la nausée. Le 0 à 100 km/h est grillé en 4,6 s, le niveau d’une grosse GTI thermique. Excessif? Oui, mais parfois jouissif. Détail: lorsque l’on passe en mode Performance, l’écran et l’ambiance ne deviennent pas tout rouges et aucun son spatial créé par un DJ ne vous envoie dans un univers virtuel fantasmé. Le Volvo EX60 n’a qu’une seule attitude: la force tranquille. À rythme humain, l’EX60 devient un havre de paix. Pas de bruit (de vent ou de roulement), ou si peu. Que l’on reprenne à 30 km/h ou à 120 km/h, c’est toujours avec cette même onctuosité. Au fil des jours, on a de moins en moins joué avec les capacités d’accélérations exceptionnelles de la voiture, pour éviter de percer la bulle de quiétude ressentie à bord, une forme de bien-être homogène très rare dans le paysage automobile. En tout cas, si l’on n’oublie pas de museler les alertes électroniques pour conduite jugée irrespectueuse. En sortant de l’EX60, même après plusieurs heures, aucune fatigue, ni physique ni mentale, ne se fait sentir.
Sur autoroute, le Pilot Assist est très pointu (précision, réactions). Le changement de voie automatisé est convaincant, mais cela reste une assistance et les conditions sont rarement remplies pour le rendre actif (personne dans l’angle mort, personne devant, etc.). Le freinage régénératif à quatre positions (0%, faible, élevé ou automatique) contribue à la fluidité remarquable de la voiture. Sa commande est située tout à gauche de l’écran, juste à portée de doigt. L’ergonomie, ça compte chez Volvo, même quand les boutons ont disparu.
Un regret cependant: le petit volant, bien que parfaitement fonctionnel, ne procure pas la communion rêvée avec le train avant et contraste avec le gabarit de l’engin. Notre «maturité», sans doute, qui induit dans notre esprit que grosse Volvo signifie grand cerceau. On s’y fait vite, car ce volant «carré-rond» est facile, même en manœuvre. À ce sujet, les 4,80 m de long et 1,90 m de large (et 11,3 m de diamètre de braquage) ne sont pas toujours simples à déplacer dans un parking et/ou un centre-ville historique. Cela dit, pas au point de rendre des roues arrière directrices indispensables. Volvo n’a rien prévu de ce genre, car pourquoi compliquer les choses quand des caméras à 360° (de série sur Ultra, sinon 690 €) rendent possibles des placements au centimètre près? Autre léger regret : bien que très confortables, les sièges semblent ne plus avoir le côté voluptueux des fauteuils du XC60.
Dans cet article : Volvo, Volvo EX60
