Commençons par tordre le cou à une idée reçue, celle qui voudrait que ce duel entre la Volvo ES90 et la Xpeng P7+ oppose une Européenne à une Chinoise. En disséquant ces deux berlines, on découvre chez l’une comme chez l’autre le même mélange de sang oriental et occidental. Y compris chez Volvo. Si l’ES90 a bien été dessinée à Göteborg, son berceau se trouve bel et bien dans l’usine Geely de Cixi, en Chine. Une origine qui, compte tenu des droits de douane imposés par Trump aux produits chinois, compromet d’emblée la réussite commerciale de cette cinq-portes. Volvo espérait en effet écouler l’ES90 principalement aux États-Unis…
Xpeng suit exactement le chemin inverse. La P7+ est née sur une table à dessin de Guangzhou, mais les exemplaires destinés à notre marché sont assemblés à Graz, en utriche, chez Magna Steyr, aux côtés des G6 et G9. Les Chinois ne le font d’ailleurs pas par compassion envers une industrie automobile européenne en difficulté: produire leurs voitures en Autriche leur permet tout simplement d’échapper aux droits d’importation. Et donc d’affûter encore leurs tarifs. Nous y reviendrons.
Malgré les origines mêlées de ces deux modèles, leur dessin laisse clairement transparaître une culture dominante. L’ES90 est indéniablement une Volvo, avec ses feux en «marteau de Thor», ses passages de roue anguleux, la sobriété de son profil et le retour de ses feux arrière, qu’elle partage peu ou prou avec la défunte S90. La P7+, pour sa part, est incontestablement… chinoise. À l’avant, on distingue encore l’air de famille avec les G6 et G9, mais à l’arrière, n’importe quel logo aurait pu prendre place sur la malle. Précisons qu’une esthétique relativement générique n’est pas nécessairement une esthétique disgracieuse. Au contraire: des deux, c’est même la Xpeng qui affiche le plus de caractère. Sa poupe, surtout, avec son double aileron, lui confère une certaine personnalité, tout en exigeant, c’est vrai, un petit temps d’adaptation.
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