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Essai détaillé / Nissan Leaf 75 kWh: Balles Neuves

Rédigé par Laurent Blairon le

Bien avant l’emballement du marché de l’électrique, les deux premières générations de Leaf ont crédibilisé l’achat d’une berline familiale grand public capable de rouler sans la moindre goutte d’essence. Repartant presque d’une feuille blanche, cette nouvelle génération tente de faire oublier les approximations de ses devancières et de revenir dans la course effrénée imposée par une concurrence sans pitié. Texte: Laurent Blairon | Photos: Julien Mahiels

  • Avis Rédaction 16.30 /20

Nissan ne tombe pas dans le piège de la surenchère de puissance. Là où les Renault apparentées cultivent une certaine agilité sportive, la Leaf préfère arrondir les angles. Après tout, à quoi bon jouer les sportives au volant d’une Japonaise de 1,9 tonne dans sa version 75 kWh, qui revendique une identité zen? Cela ne l’empêche pas d’afficher des performances flatteuses, avec un 0 à 100 km/h réalisé en 7,5 s et des reprises tout aussi vives.
La suspension privilégie le confort, quitte à laisser apparaître quelques mouvements de caisse lorsqu’on la brusque un peu. La Nissan reste néanmoins saine, prévisible et suffisamment précise pour enchaîner les virages avec efficacité, sans malmener ses occupants ni placer constamment l’ESP en état d’alerte. Les jantes de 19’’, chaussées de 235/45, font parfois remonter quelques trépidations et «tapent» sèchement sur les cassures de la chaussée, mais l’amortissement demeure globalement très bien calibré.
La direction emmène la voiture là où vous le souhaitez, mais n’espérez pas retrouver les sensations d’un bolide analogique: son ressenti reste, sans surprise, assez artificiel.
Le freinage régénératif peaufine l’expérience de conduite. Son intensité se module à l’aide des palettes sur plusieurs niveaux, auxquels s’ajoutent un mode automatique et l’e-Pedal Step. Ce dernier ralentit franchement la voiture, presque jusqu’à l’arrêt complet. La Leaf peut également adapter sa décélération au trafic, au relief et au tracé de la route, en fonction des informations fournies par la navigation.
Un mot, enfin, sur le ProPilot, son régulateur de vitesse adaptatif, que nous avons systématiquement enclenché sur autoroute. Assez bien calibré dans l’ensemble, il se montre néanmoins parfois trop nerveux dans ses interventions sur le volant, notamment lorsque la voiture frôle la voie adjacente.
En résumé, la Leaf dégage une impression de très bon équilibre. Tout semble correctement calibré et en harmonie avec le reste. Ni précise comme un scalpel ni mollassonne, elle installe ses occupants dans une bulle agréable, aussi bien pour affronter les embouteillages du quotidien que pour s’aventurer un peu plus loin.

Dans cet article : Nissan, Nissan Leaf

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