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Rétro / Les oldtimers oubliées: une De Tomaso Pantera plutôt qu’une Ford GT40 ? (8/15)

Rédigé par Moniteur Automobile le 31-03-2026

Sur le marché de la voiture ancienne, les recherches se concentrent sur les mêmes modèles: les plus emblématiques, les plus «évidents». À force d’attirer les regards, ces icônes deviennent également les premières victimes de l’inflation galopante.

Mais existe-t-il d’autres voies? Des chemins de traverse, moins fréquentés, donc plus accessibles? C’est précisément l’ambition de cette rubrique, «Les Oldtimers oubliées»: proposer un angle différent, plus original, moins convenu – et, pourquoi pas, plus audacieux.

 Retrouvez ici nos précédentes rubriques «Les oldtimers oubliées»: 

-              Une Opel Comodore GS/E plutôt qu’un BMW 3.0 CS

-              Une Citroën Visa GTi plutôt qu’une Peugeot 205 GTi

-              Une Aston Martin DB7 plutôt qu’une Ferrari 550/575

-              Une Fiat 124 Sport Spider plutôt qu’une Alfa Romeo Spider

-              Une Porsche 968 plutôt qu’une 911

-              Une Cadillac XLR plutôt qu’une Mercedes SL500

-              Une Opel Speedster plutôt qu’un e Lotus Elise

 Suggestion du jour: et si l’on optait pour une méconnue De Tomaso Pantera plutôt que pour une Ford GT40?

De bonnes raisons d’aimer la De Tomaso Pantera

 On peut évidemment rêver devant une fabuleuse Ford GT40, tomber en pamoison devant la dynastie des Dino 206 et 246 ou encore lui préférer celle des Ferrari 308, 328, 348 et F355 qui l’a suivie, mais au moment d’ouvrir le chéquier, l’option jusque-là snobée d’acquérir une De Tomaso Pantera prend alors une autre dimension, nettement plus séduisante. Remarquablement dessinée par Tom Tjaarda, celle qui aura succédé à la Mangusta construite sur un châssis-poutre fut la première De Tomaso à coque autoportante en acier dans lequel aura été greffé toute une série de V8 Ford installés en position centrale arrière, non pas de manière transversale comme sur une Lamborghini Miura mais de façon longitudinale. Pur cocktail italo-américain, cette machine produite à plus de 7.000 exemplaires durant sa longue carrière possède une ligne équilibrée qui a remarquablement bien vieilli. Et si son moteur V8 est loin de posséder la noblesse mécanique d’un V12, il rachète cette lacune par une symphonie de borborygmes qui ne peut qu’émouvoir les plus blasés d’entre nous. De plus, il est capable d’emmener la Pantera à 265 km/h, une vitesse remarquable pour l’époque même si cela impliquait un certain «courage» de la part du conducteur.

Les évolutions de la De Tomaso Pantera 

-Avril 1970: lancement de la Pantera «de base» à moteur V8 Ford Cleveland 5.8 litres, annoncé pour 330 ch.

-1972: la gamme se complète d’une version GTS dont le moteur est donné pour 350 ch.

-Ensuite: multiples versions (L, GT4, GT5, GT5S et tutti quanti), toutes équipées de V8 Ford mais d’origines, configurations et puissances diverses. Selon les sources, les infos varient. Mieux vaut s’entourer d’experts pour s’y retrouver.

-Juin 1990: Pantera 90 (SI) développée au départ d’une GT5S. Silhouette revue par Gandini, moteur V8 Ford 5.0 de 305 ch. Pour la première fois, une variante de carrosserie Targa est disponible.

-1993: arrêt définitif de la production. 

Que surveiller sur une De Tomaso Pantera? 

Le moteur en lui-même est costaud mais, mal refroidi, il a tendance à chauffer. La carrosserie est une misère: elle était déjà rouillée en sortie de chaîne. Il faut donc attentivement surveiller les endroits cachés, comme les ailes, le tunnel, les montants de pare-brise, le plancher, le soubassement,… La construction, artisanale, n’est pas exempte de défauts, l’adjectif d’artisanal devant davantage être pris ici dans le sens de bricolage que de travail soigné. Vu le nombre de versions et d’équipements, et sachant qu’il n’y avait guère de constante dans le choix des pièces, la tâche de restauration est complexe et s’avère vite ruineuse. Vous l’avez compris: il convient de sélectionner une voiture complète, dont on connait l’historique, prendre son temps pour l’examiner en détail et l’essayer consciencieusement avant de prendre une décision sous peine de le regretter. 

Quelle est la cote de la De Tomaso Pantera? 

Pour un bel exemplaire, tablez entre 95 et largement plus de 150.000 €. Et beaucoup plus pour un modèle rare et/ou avec un palmarès sportif. Les GT5, GT5-S et 90 Si s’envolent vers les 200 à 300.000 €. C’est évidemment cher, mais reste plus abordable que ses rivales italiennes, américaines ou britanniques, plus prestigieuses. Mais quoiqu’il en soit, un Pantera sera toujours beaucoup plus abordable qu’une Ford GT40 dont l’unité minimale de transaction atteint le million d’euros: de 3 à… 10 millions d’euros selon la version et le pedigree sportif. À cette aune, la De Tomaso apparait presque comme une affaire. 

Quelle version de la De Tomaso Pantera choisir? 

Peu importe la version, mais privilégiez une voiture de la période 1972/75 et surtout dans un état 100% d’origine. La GTS semble un très bon choix, avec son V8 Ford légèrement plus affuté, ses belles jantes, ses suspensions un peu plus rigoureuses,… 

Où se renseigner sur la De Tomaso Pantera? 

De Tomaso UK owners club (https://detomasodc.co.uk/) ou De Tomaso Club de France ([email protected])

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