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Rétro / Les oldtimers oubliées (5/15) : Une Porsche 968 plutôt qu'une 911 ?

Rédigé par Moniteur Automobile le 11-03-2026

Sur le marché de la voiture ancienne, les recherches se concentrent sur les mêmes modèles: les plus emblématiques, les plus «évidents». À force d’attirer les regards, ces icônes deviennent également les premières victimes de l’inflation galopante.

Mais existe-t-il d’autres voies? Des chemins de traverse, moins fréquentés, donc plus accessibles? C’est précisément l’ambition de cette nouelle rubrique, « Les Oldtimers oubliées»: proposer un angle différent, plus original, moins convenu – et, pourquoi pas, plus audacieux.

Suggestion: et si l’on optait pour une Porsche 968 plutôt qu’une 911? 

De bonnes raisons d’aimer la Porsche 968

Tout d’abord, pour ceux qui sont sensibles aux histoires de Calimero: la 968 est une Porsche boudée par les clients les plus intégristes de la marque. Boudée à ses débuts, elle n’en est que plus désirable aujourd’hui. Ensuite, parce qu’elle est disponible en coupé (normal ou dans sa variante plus radicale CS), en coupé avec un grand toit ouvrant ou en cabriolet, avec boîte manuelle à 6 rapports (chose rare à l’époque) ou automatique Tiptronic. De quoi la choisir en fonction de ses envies et de ses besoins.

Autre argument: sa qualité de fabrication est indéniable et elle vieillit bien. Son comportement est également remarquable, son agrément de conduite bien réel et son efficacité dynamique plus à démontrer. En particulier grâce à son gros moteur atmosphérique placé en retrait de l’axe du train avant, relié à l’ensemble boîte/pont situé à l’arrière par un arbre rigide, suivant le système Transaxle inauguré chez Porsche en 1976 avec la 924. La 968 sera d’ailleurs la dernière Porsche à en bénéficier.

Enfin, cette voiture d’une trentaine d’années, dont le design est signé Harm Lagaay, ne fait pas tache dans le paysage automobile actuel, que ce soit sur le plan esthétique ou dynamique, dans la mesure où sa conduite n’a rien de daté… pour l’utilisateur acceptant de se passer de tout l’arsenal électronique actuel! Encore aujourd’hui, la conduite d’une 968 reste très agréable, notamment grâce à l’excellent couple de son 4-cylindres de 3 litres (merci à la grosse cylindrée unitaire et au Variocam). Et puis ces phares «pop-up», typiques des années 80 et 90, ont quand même beaucoup de charme.

Dernier argument pour vous convaincre: la cote de la 968 reste très inférieure à celle d’une 911 de la même époque!

Les évolutions de la Porsche 968

Août 1991: lancement de la production de la 968 coupé et cabriolet à moteur 4-cylindres 3 litres de 240 ch. Elle remplace la 944 S2.

Octobre 1992: apparition de la 968 CS (Club Sport). La puissance reste identique, mais un important travail d’allègement entraîne la disparition des strapontins arrière. Le châssis est affûté (hauteur de caisse réduite, jantes de 17 pouces de série).

L’année suivante, Porsche lance la 968 Turbo S (305 ch), produite à seulement 13 exemplaires, ainsi qu’un nombre encore plus réduit – on parle de quatre unités ! – de 968 Turbo RS (340 ch).

 Été 1995: arrêt de la production, un an plus tôt qu’initialement prévu, en raison de performances commerciales décevantes, essentiellement dues à un prix trop élevé à l’époque pour… un 4-cylindres. La production totale se limite à environ 12.781 exemplaires (coupés et cabriolets confondus). À titre de comparaison, en dix ans de carrière (1982-1991), la 944 s’était écoulée à 163.000 exemplaires.

Que surveiller sur une Porsche 968?

La voiture est construite à Zuffenhausen à partir d’excellents matériaux et a été assemblée dans les règles de l’art, avec un soin tout particulier – en rapport avec son prix de vente élevé à l’époque. Pas de gros soucis en vue: le produit est de qualité.

Sur les premiers exemplaires toutefois, le Variocam (système de calage variable des arbres à cames), inauguré chez Porsche sur ce modèle, s’est révélé délicat et a posé quelques problèmes. On veillera donc à vérifier que la distribution a été faite en temps et en heure (60.000 km ou 4 ans), une opération complexe à réaliser et donc forcément onéreuse.

Disposer d’un historique d’entretien complet est quasiment indispensable pour éviter les mauvaises surprises, généralement coûteuses.

Quelle est la cote de la Porsche 968?

Sous les 20.000 à 25.000 €, vous ne trouverez qu’un coupé fortement kilométré (plus de 200.000 km). Pour un exemplaire affichant un kilométrage plus raisonnable, comptez entre 25.000 et 30.000 €, et davantage pour une voiture dans un état proche du neuf. Plus rare et donc plus difficile à dénicher, un cabriolet est rarement proposé sous les 30.000 €.

Juste pour information: n’espérez pas vous offrir une CS (Club Sport) à moins de 45.000 €. De très beaux exemplaires sont affichés autour de 70.000 €, même si cela ne correspond pas forcément aux prix réels de transaction. On reste néanmoins très en dessous de la bulle qui frappe les 911 type 993 de la même période, pour lesquelles il ne faut rien espérer sous les 70.000 €.

Quelle version de Porsche 968 choisir?

Oublions les rarissimes et impayables Turbo S et Turbo RS pour évoquer la Club Sport, vendue elle aussi à des prix élevés et à privilégier uniquement dans le cadre d’une utilisation track day, cette version s’avérant trop inconfortable pour un usage quotidien. Attention toutefois à l’usage qui en aura été fait et au suivi de la maintenance.

Alors coupé ou cabriolet? Chacun tranchera en fonction de ses envies, les deux variantes de carrosserie étant tout aussi recommandables l’une que l’autre.

Où se renseigner sur la Porsche 968?

Retrouvez ici nos précédentes rubriques «Les oldtimers oubliées»:

 

 

 

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