La BMW Z4 est révélée au grand public en 2002 lorsqu'elle prend la succession du fabuleux Z3, dévoilé en 1995 et qui avait connu son heure de gloire dans le James Bond GoldenEye. Le Z3 s'inscrivait alors lui-même dans la lignée de la petite Z1, produite à seulement 8.000 exemplaires entre 1989 et 1991. Inutile, par ailleurs, de rappeler l'existence du fantastique roadster Z8, dessiné par Henrik Fisker avant que celui-ci ne sombre avec les marques qu'il avait créées sous son propre nom. Une Z8 qui fut, au passage, l'héroïne de The World Is Not Enough, lorsque Pierce Brosnan la malmène à l'écran en 1999.

CONCEPT & PRIX BELGES – BMW Z4 FINAL EDITION
On le voit, la lignée Z chez BMW ne date pas d'hier: son histoire remonte à plus de trente ans. Les puristes préciseront même que, chez BMW, l'appellation «Roadster» est bien antérieure puisqu'il faut remonter à... 1934 pour la voir utilisée pour la première fois sur la 315. Quoiqu’il en soit, Z ou pas Z, les roadsters et BMW, c'est donc une longue histoire d'amour. Une histoire qui se termine aujourd'hui dans les larmes...
Cette génération de Z4, baptisée G29, sert également de base technique à la Toyota Supra qui, tiens donc, vient elle aussi de recevoir une série « Final Edition ». En réalité, cette série spéciale est disponible avec les trois motorisations encore au catalogue: sDrive20i (197 ch), sDrive30i (258 ch), toutes deux animées par un 4-cylindres 2 litres turbo, ainsi que la M40i dont le 6-cylindres en ligne suralimenté développe 340 ch.

Ce cadeau d'adieu se distingue par sa teinte spécifique Frozen Matt Black, complétée par des éléments de carrosserie M High Gloss Shadow Line (de série sur cette édition limitée), des surpiqûres rouges dans l'habitacle (planche de bord, console centrale, panneaux de porte...), un volant recouvert d'Alcantara ou encore des sièges M Sport en cuir Vernasca/Alcantara. Que du cosmétique donc, puisque les caractéristiques techniques demeurent inchangées.
Le pack est facturé 4.270 € sur les versions 30i et M40i, et 7.525 € sur la 20i, qui ne dispose pas de série du pack M Sport indispensable à cet habillage.
COMPORTEMENT ROUTIER – BMW Z4 FINAL EDITION
Nous avons brièvement pu prendre le volant d'une sDrive30i qui apparaît sans doute comme le choix le plus homogène de la gamme. Ses 258 ch et 400 Nm transitent par l'excellente boîte automatique Steptronic à huit rapports vers les seules roues arrière. Comme dans tout bon roadster, les deux occupants sont rejetés contre le train arrière, derrière un interminable capot, les fesses au ras du sol. Car oui, il faut encore parfois « descendre » dans une voiture, et ce n'est pas pour nous déplaire. On a alors l'impression d'être englobé par la machine, qu'elle fait corps avec nous, qu'elle nous prolonge en quelque sorte et communique de manière infiniment plus naturelle que lorsque l'on est simplement posé sur les poufs roulants d'un SUV.

L'association du moteur et de la boîte automatique ZF est, comme souvent chez BMW, un véritable régal. Le moteur déborde de couple, chante volontiers et grimpe dans les tours avec enthousiasme. La boîte, elle, réagit sans délai et toujours à bon escient, y compris lorsque l'on reprend la main via les palettes au volant. L'osmose est totale.
Elle se prolonge avec une direction à l'assistance parfaitement calibrée : vive sans être brutale, précise sans être nerveuse. Elle invite ce train avant qui semble si loin du conducteur à s'inscrire dans la courbe presque par la seule force du regard. Le roulis est parfaitement maîtrisé sans nuire au confort, tandis que la motricité laisse juste ce qu'il faut de liberté au train arrière pour rappeler qu'il participe lui aussi à la fête. Oui, ce roadster procure du plaisir. Et c'est bien là l'essence même du concept.
VERDICT – BMW Z4 FINAL EDITION
« This is the end... », chante Adele dans le Skyfall de Sam Mendes lorsque James Bond (Daniel Craig) est présumé mort au début du film. Avant de remonter en scène lorsque le MI6 est attaqué. La lignée Z connaîtra-t-elle une renaissance comparable? Admettons que cela paraît peu probable. Et que si cela devait arriver, ce serait vraisemblablement sous une forme électrique. Raison de plus pour profiter encore, tant qu'il en est temps, du chant de ce 4-cylindres et d'un plaisir automobile dont l'espèce semble aujourd'hui menacée. Objet de collection, cette Z4 Final Edition? Oui, assurément.
PS : en hommage au pilote italien Alex Zanardi, disparu le 1er mai dernier, nous avons retrouvé cette petite vidéo, datant de 2014, quand il est devenu pilote officiel BMW Motorsport malgré son handicap. On le voit faire connaissance avec la Z4 GT3 spécialement adaptée pour lui. Un immense champion…