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Rétro / Alfa Romeo | 150 ans de Nicola Romeo : l’ingénieur qui a forgé le Biscione

Rédigé par Xavier Daffe le 28-04-2026

Turin, le 28 avril 2026 – Il y a 150 ans naissait Romeo. Pas le frère d’Angèle ni l’amant de Juliette. Non. Nicola Romeo, l’homme qui a sauvé A.L.F.A. (Anonima Lombarda Fabbrica Automobili, fondée en 1910 à Milan par Alexandre Darracq) et en a fait une icône du sport automobile mondial.

Entre reconversions industrielles, paris fous sur la course et collaborations légendaires, retour sur les coulisses d’un visionnaire.

ORIGINES D’UN SELF-MADE MAN

Né à Sant’Antimo en 1876 dans une famille modeste, Nicola Romeo excelle en ingénierie civile et électrique à Naples, puis à l’Université de Liège  – un détail belge souvent oublié, qui l’imprègne d’une rigueur technique européenne. Après des passages en France et en Allemagne, il s’installe à Milan en 1906 pour importer du matériel américain.

En 1915, il rachète A.L.F.A., en liquidation pendant la guerre, et la réoriente vers l’effort militaire: moteurs d’avions, munitions, pièces ferroviaires. Résultat: une fortune qui lui permet, en 1918, de rebaptiser l’entreprise «Societa Anonima Italiana Nicola Romeo & C». L’automobile n’arrive qu’ensuite, mais avec une ambition claire: la course comme moteur d’innovation. Les premiers modèles issus de cette nouvelle appellation portent le nom d’Alfa Romeo.

LE DUO JANO-FERRARI, UN COUP DE MAÎTRE

En 1923, Romeo charge un certain… Enzo Ferrari (alors pilote Alfa, et pas encore le fondateur de sa marque) de recruter Vittorio Jano chez Fiat. Mission accomplie en trois mois. Jano, génie des moteurs, dessine la P2 : 8-cylindres en ligne de 2 litres, compresseur Roots, 140 ch, 750 kg à sec, vitesse max 160 km/h. «Fais-nous une voiture qui nous fasse bien paraître», aurait dit Romeo. Mission accomplie.

Ferrari, de son côté, pilote, manager et homme de confiance de Nicola Romeo, orchestre alors l’équipe. La P2 est testée en secret sur les routes milanaises, déguisée en voiture de série pour éviter les espions rivaux. Ce tandem va vite propulser Alfa au sommet.

LA GENÈSE D’UNE LÉGENDE

1923 : première victoire à la Targa Florio pour Alfa avec la RL de Ugo Sivocci, qui devance un certain Ascari sur… la seconde Alfa Romeo RL. Sivocci inaugure alors le Quadrifoglio – un trèfle porte-bonheur peint à la hâte sur le capot pour conjurer un accident récent. Cette première victoire auréolée d’un trèfle engendre un symbole devenu mythique. Quelques mois plus tard, Sivocci meurt brutalement à Monza dans une voiture… dépourvue du célèbre trèfle.

En 1925, la P2 remporte le 1er Championnat du Monde des Constructeurs (AICF), avec 5 victoires sur 8 courses, dont Monza, Spa et Indianapolis. Alfa enchaîne 5 titres mondiaux GP (1925-1930) et les 2 premiers titres de l’histoire de la F1 (1950-51) avec la 158, sous l’égide de l’ingénieur Colombo, directeur technique d’une équipe majoritairement aux mains de l’État italien via… les banques.

RECONVERSION ET LEGS INDUSTRIEL

Depuis 1921, ces banques d’État avaient en effet pris le contrôle de la société pour éviter la faillite post-guerre. Nicola Romeo est progressivement marginalisé mais il reste Directeur-Général jusqu’en 1928, puis est nominé sénateur en 1929. Enzo Ferrari, énervé par la bureaucratie croissante imposée par l’Etat, quitte ses fonctions: la suite, on la connait. Mort en 1938 à 62 ans, Nicola Romeo laisse 7 enfants et une philosophie: «des voitures de grand tourisme sportives». En 1986, l’État italien vend officiellement Alfa Romeo au groupe Fiat. Nicola Romeo aurait eu… 110 ans.

Rédacteur en Chef Le Moniteur Automobile

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