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Économie / L’actu auto: 5 infos de cette semaine à retenir

Rédigé par Xavier Daffe le 21-08-2026

Nouvelles bornes de recharge en Wallonie, arrivée du Tesla Semi en Europe, contrôle technique assoupli en Flandre et offensive des groupes chinois,...: voici les cinq actualités automobiles qui ont marqué la semaine en Belgique et en Europe.

L’actu auto de cette semaine en Belgique et en Europe en bref :

  • Près de 3.000 nouveaux points de recharge en Wallonie
  • Le Tesla Semi prépare son arrivée en Europe
  • L’industrie automobile européenne dépend davantage des équipementiers chinois
  • Contrôle technique en Flandre: un passage tous les deux ans dès septembre 2026
  • Chery renforce sa présence en Europe et en Belgiquetrès bien, retire le piédestal 

1. Près de 3.000 nouveaux points de recharge en Wallonie

Commençons par la principale actualité belge de la semaine. ENGIE Vianeo a été sélectionné par les autorités wallonnes pour déployer exactement 2.926 points de recharge, répartis entre 1.625 bornes publiques.

Ces installations de 22 kW prendront place dans 242 communes, notamment dans les centres-villes, sur les places de village, à proximité des installations sportives et dans d’autres lieux publics fréquentés. ENGIE exploitera le réseau pendant dix ans.

Ce nouveau contrat complète celui remporté précédemment en Région bruxelloise, qui prévoit 1.640 points de recharge. ENGIE Vianeo exploite actuellement près de 7.000 points en Belgique et ambitionne d’en compter 12.000 d’ici 2028.

Pour les conducteurs wallons, l’annonce est importante. La recharge publique demeure en effet beaucoup moins dense en Wallonie qu’en Flandre, notamment en dehors des grandes villes. Ces nouvelles bornes ne seront pas des chargeurs ultrarapides destinés aux longs trajets, mais elles devraient faciliter la recharge quotidienne des automobilistes qui ne disposent pas d’une borne à domicile.

À retenir : avec 2.926 points supplémentaires dans 242 communes, la Wallonie tente de combler une partie de son retard en matière de recharge publique.

2. Le Tesla Semi prépare son arrivée en Europe

Tesla a confirmé qu’il dévoilerait les caractéristiques et les modalités de lancement européennes de son Semi lors du salon IAA Transportation de Hanovre, organisé du 15 au 20 septembre 2026.

Aux États-Unis, le camion électrique existe en deux variantes, avec des autonomies annoncées d’environ 523 et 800 km. La version la plus performante revendique également une recharge pouvant atteindre 1,2 MW sur les bornes Megacharger de la marque. Mais Tesla n’a encore communiqué ni tarif européen, ni date de livraison, ni configuration définitive pour notre marché.

L’adaptation ne sera pas anodine. Le Semi a été initialement développé pour les normes nord-américaines, alors que les poids lourds européens répondent à des contraintes différentes en matière de dimensions, de charge utile et de rayon de braquage.

Tesla arrivera également bien après les constructeurs historiques. Les Mercedes eActros 600, Volvo FH Electric, MAN eTGX, Scania électriques, DAF XD Electric et Renault Trucks E-Tech sont déjà proposés aux transporteurs européens.

La Belgique pourrait néanmoins constituer un marché intéressant, grâce à sa position de carrefour logistique et à l’activité de ses ports. Encore faudra-t-il que Tesla développe un réseau de recharge adapté aux poids lourds le long des grands axes.

À retenir : Tesla promet enfin un véritable lancement européen du Semi, mais doit encore dévoiler son prix, son calendrier et son adaptation aux normes locales.

3. L’industrie automobile européenne dépend davantage des équipementiers chinois

La progression chinoise en Europe ne se limite plus aux marques automobiles comme BYD, MG, Xpeng, Omoda ou Leapmotor. Elle concerne également les entreprises qui fabriquent les batteries, les habitacles, les systèmes électroniques et de nombreux autres composants.

Selon une analyse du Financial Times basée sur les données du cabinet Rhodium Group, des investisseurs chinois ont acquis plus de 130 équipementiers automobiles européens depuis le milieu des années 2000. L’Allemagne et la France figurent parmi les pays les plus concernés.

Cette stratégie permet aux groupes chinois d’acquérir des compétences européennes, mais aussi de produire directement sur le territoire de l’Union. Les composants bénéficient alors d’une origine européenne, ce qui peut faciliter leur accès aux marchés publics et aux aides locales.

Pour les constructeurs européens, la situation est ambivalente. Ces partenariats leur donnent accès à des technologies compétitives, particulièrement dans le domaine des batteries. Ils renforcent toutefois leur dépendance envers des fournisseurs chinois à un moment où Bruxelles cherche précisément à sécuriser ses chaînes d’approvisionnement.

Le sujet concerne directement la Belgique, qui accueille des usines d’assemblage, d’importants centres logistiques et le port de Zeebruges, devenu l’une des principales portes d’entrée européennes pour les voitures produites en Asie.

À retenir : la concurrence chinoise ne se joue plus uniquement dans les concessions. Elle s’installe désormais au cœur même de la chaîne de production automobile européenne.

4. Contrôle technique en Flandre : un passage tous les deux ans dès septembre 2026

À partir du 1er septembre 2026, la Flandre généralisera le contrôle technique tous les deux ans pour les voitures particulières de plus de quatre ans. L’âge du véhicule ou un kilométrage supérieur à 160.000 km ne changeront plus cette fréquence.

La réforme ne s’arrête pas là. Après une carte rouge, le propriétaire disposera de deux mois pour faire réparer sa voiture et la représenter, contre quinze jours aujourd’hui. Le contrôle spécifique lors de la pose d’un attelage disparaîtra également, tandis que l’attestation d’assurance sera vérifiée automatiquement.

En Wallonie, le cap reste tout autre: le passage demeure annuel dès le quatrième anniversaire de la voiture. Un délai de deux ans existe bien, mais seulement dans le cadre d’un bonus soumis à plusieurs conditions. Bruxelles conserve elle aussi un régime plus strict.

Résultat, deux voitures comparables pourront suivre un calendrier différent selon le domicile de leur propriétaire. La Flandre met en avant la simplification administrative et des files moins longues dans les centres. Les opposants, eux, s’inquiètent de voir certains défauts mécaniques rester trop longtemps sans contrôle.

Une autre question est déjà sur la table: des automobilistes wallons ou bruxellois pourraient-ils faire contrôler leur voiture en Flandre afin de profiter du rythme bisannuel? Le passage dans une autre Région reste possible dans certains cas, ce qui promet encore quelques discussions juridiques et politiques.

À retenir : dès le 1er septembre 2026, la Flandre espacera largement les contrôles techniques. La Wallonie et Bruxelles ne suivent pas, ouvrant une différence très concrète pour les automobilistes belges. Un risque de «tourisme» du CT pour les Wallons et Bruxellois afin de disposer d’une attestation valable deux ans plutôt qu’un?

5. Chery renforce sa présence en Eeurope et en Belgique

Le constructeur chinois Chery, maison mère des marques Omoda et Jaecoo notamment, va ouvrir un centre de recherche et développement au Royaume-Uni. Installée sur le site technique de Millbrook, la nouvelle structure sera chargée d’adapter les véhicules aux exigences locales et de travailler sur la conduite autonome et l’intelligence artificielle.

L’annonce s’inscrit dans une stratégie européenne beaucoup plus large. Chery prépare également la marque Lepas pour le marché européen et a conclu un accord préliminaire afin de produire certains véhicules dans l’usine Nissan de Sunderland.

Le groupe ne veut donc plus se contenter d’expédier des voitures depuis la Chine. Comme BYD, Leapmotor et d’autres concurrents, il cherche à localiser progressivement son ingénierie et sa production afin de gagner en crédibilité et de réduire son exposition aux barrières commerciales.

Omoda et Jaecoo développent également leur présence en Belgique. Leur progression pourrait s’accélérer grâce à des SUV électriques et hybrides rechargeables proposés à des tarifs agressifs, sur un marché belge très sensible au rapport entre prix, fiscalité et équipement.

À retenir : les constructeurs chinois passent de l’exportation à l’implantation locale, avec l’objectif de devenir des acteurs européens à part entière.

Rédacteur en Chef Le Moniteur Automobile

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