Connectez-vous

Se connecter avec Facebook

ou

Vos identifiants sont incorrects.
Je me connecte Mot de passe oublié ?
Votre compte Facebook n'est pas lié à un compte sur notre site. Veuillez vous inscrire au préalable

Si vous venez de vous inscrire avec Facebook, merci de recharger la page dans quelques instants, le temps que votre inscription soit totalement activée.

Mot de passe oublié ?

×
Réinitialiser mon mot de passe
Nous vous enverrons un email pour la réinitialisation de votre mot de passe.
Aucun compte n'est lié à cet email.

Vous n’avez pas encore de compte ?
INSCRIVEZ-VOUS GRATUITEMENT.

Sécurité / Contrôle technique tous les 2 ans dès le 1er septembre 2026 : la Flandre prend ses distances avec la Wallonie

Rédigé par Xavier Daffe le 14-08-2026

Dès le 1er septembre 2026, la Flandre généralisera le contrôle technique tous les deux ans pour les voitures particulières. La Wallonie conserve, elle, une visite annuelle, créant une divergence inédite entre les Régions.

Les changements du contrôle technique en Flandre en résumé

  1. La Flandre généralise le contrôle technique tous les deux ans

  2. La Wallonie et Bruxelles maintiennent un cadre plus strict

  3. La réforme soulève des questions en matière de sécurité routière

  4. Le choix flamand contraste avec les réflexions menées au niveau européen

  5. Une divergence régionale qui pourrait avoir des effets inattendus

1. Une réforme globale du côté flamand

C'est désormais officiel et confirmé : à partir du 1er septembre 2026, la réglementation relative au contrôle technique connaîtra une divergence historique entre le Nord et le Sud du pays. Le gouvernement flamand s'apprête en effet à appliquer une réforme en profondeur destinée à alléger les contraintes administratives pesant sur les automobilistes, à désengorger les centres d'inspection et à s'en tenir strictement au principe européen du « no goldplating », qui proscrit toute surréglementation nationale par rapport aux exigences minimales fixées par les directives communautaires.

Poursuivant un assouplissement initié progressivement depuis 2024 pour les véhicules les plus récents, la Flandre étendra désormais la périodicité bisannuelle de manière généralisée. À partir du 1er septembre 2026, toutes les voitures particulières de plus de quatre ans seront soumises au contrôle technique uniquement tous les deux ans, sans distinction liée à l'âge avancé du véhicule ou à un kilométrage élevé dépassant les 160.000 kilomètres.

Outre l'espacement des visites périodiques, les automobilistes flamands bénéficieront d'un assouplissement notable des procédures de réparation. En cas de défaillance majeure entraînant la délivrance d'une carte rouge, le délai accordé pour effectuer les travaux nécessaires et représenter le véhicule passera de quinze jours à deux mois.

Par ailleurs, la vérification spécifique requise lors du montage d'un attelage sera supprimée pour être intégrée aux inspections périodiques ordinaires, tandis que la présentation physique de l'attestation d'assurance ne sera plus demandée grâce au contrôle automatisé par caméras ANPR.

Enfin, à l'horizon 2027, la Région flamande envisage la suppression pure et simple du contrôle technique préalable à la revente d'un véhicule d'occasion entre particuliers, ne conservant que l'obligation du Car-Pass et les vérifications liées aux véhicules importés.

2. Le maintien d'un cadre strict en Wallonie et à Bruxelles

En Wallonie et dans la Région de Bruxelles-Capitale, les autorités font le choix d'un maintien strict du cadre traditionnel. La Wallonie conserve ainsi la règle du contrôle annuel dès que la voiture atteint son quatrième anniversaire.

Seul un système de bonus restreint permet d'espacer la visite à deux ans, mais uniquement sous des conditions cumulatives très strictes garantissant un très faible kilométrage et un âge limité du véhicule. Les autorités régionales wallonnes rappellent régulièrement qu'aucune simplification administrative ne doit se faire aux dépens de la sécurité des usagers de la route.

Cette divergence crée une situation inédite au sein du paysage automobile belge. Alors qu'un automobiliste flamand pourra conserver sa voiture de plus de dix ans pendant deux années consécutives sans la moindre vérification technique et disposer de deux mois pour corriger un défaut majeur de freinage, son voisin wallon devra soumettre le même véhicule à un examen annuel rigoureux et rectifier toute anomalie importante dans les quinze jours, sous peine d'interdiction de circuler.

3. La sécurité routière en question ?

Si la promesse d'un gain de temps et d'une baisse de la pression sur les stations d'inspection séduit de nombreux conducteurs, la mesure provoque une préoccupation majeure chez les professionnels de la prévention et les experts en sécurité routière.

Pour les spécialistes du secteur de l'inspection, l'état de sécurité technique d'un véhicule est par nature invisible à l'œil nu. Des fixations de freins défaillantes, une usure dissymétrique des pneumatiques, des amortisseurs usés ou des organes de direction endommagés ne se remarquent pas lors d'un examen visuel sommaire.

En portant l'intervalle entre deux contrôles à vingt-quatre mois et en élargissant le délai de tolérance après un refus technique, des véhicules potentiellement dangereux continueront d'arpenter le réseau routier partagé pendant de longs mois sans qu'aucun diagnostic indépendant ne soit posé.

L'abandon de l'inspection lors des ventes de voitures d’occasion soulève par ailleurs un risque similaire pour les acheteurs. Lors d'une transaction d'occasion, le vendeur cherche fréquemment à céder son bien avant l'apparition de frais mécaniques importants. Priver l'acquéreur d'un certificat technique récent équivaut à supprimer la seule garantie neutre portant sur la sécurité mécanique de la voiture, le Car-Pass ne retraçant que l'historique du kilométrage.

4. Un paradoxe stratégique face au cadre européen

L'argument flamand reposant sur le respect strict des exigences européennes minimales intervient dans un contexte paradoxal. Au niveau communautaire, la Commission européenne étudie précisément des mesures visant à renforcer la fréquence et la qualité des contrôles périodiques afin d'accompagner le vieillissement global du parc automobile.

Sur le terrain belge, l'absence d'étude d'impact préalable sur la sécurité routière alimente les craintes d'un nivellement par le bas, créant une dissymétrie réglementaire complexe sur un réseau routier fluide et sans frontière physique.

5. Une divergence régionale aux effets inattendus ?

En privilégiant la réduction de la charge administrative et le désengorgement des centres de contrôle, la Flandre opère un choix politique fort, mais controversé. À défaut d'évaluation préalable des retombées sur l'accidentalité, cette réforme illustre la manière dont la régionalisation de la mobilité peut déboucher sur des réglementations profondément divergentes pour les automobilistes belges.

P.S. : Et si les Wallons en profitaient ?

Alors que la Flandre comptait sur cette mesure pour désengorger ses centres d’inspection, gageons que ce seront plutôt les centres situés au Sud du pays qui souffleront : le risque n’est-il pas grand de voir les automobilistes wallons passer leur contrôle technique en Flandre — ce qui reste tout à fait autorisé — afin de pallier la surcharge chronique des lignes francophones ? Certes, la fréquence de passage reste liée au lieu de domiciliation du propriétaire : un Wallon franchissant la frontière linguistique restera donc soumis à l'obligation annuelle dès les 4 ans du véhicule.

En revanche, l'accès même aux stations flamandes pourrait vite devenir un casse-tête. La Flandre va en effet moderniser et simplifier sa propre procédure d'inspection, en automatisant par exemple la vérification de l'assurance via des caméras ANPR ou en supprimant certains contrôles spécifiques comme ceux liés à l'attelage. Faute de bases de données parfaitement centralisées et partagées au niveau national, la tentation sera grande pour les inspecteurs flamands de ne plus s'encombrer de vérifications manuelles sur documents papier. Dès lors, les centres du Nord accepteront-ils encore longtemps de maintenir deux standards d'inspection parallèles uniquement pour accueillir la "clientèle" wallonne et bruxelloise ? Rien n'est moins sûr...

Image d'illustration : Gemini x Moniteur Automobile

Rédacteur en Chef Le Moniteur Automobile

Actus

Dernières actualités recommandées