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Économie / BYD : leader mondial sous pression… et à l’assaut de l’Europe

Rédigé par Xavier Daffe le 28-04-2026

Devenu numéro un mondial du véhicule électrique en dépassant Tesla, BYD incarne la montée en puissance de l’industrie automobile chinoise. Mais derrière cette domination en volume, la situation financière du groupe révèle une réalité plus fragile.

Pris en étau entre guerre des prix en Chine et expansion rapide à l’international, le constructeur de Shenzhen avance sur une ligne de crête. Les chiffres publiés à Hong Kong confirment ce paradoxe. Au premier trimestre, BYD affiche un bénéfice net de 4,08 milliards de yuans (environ 510 millions d’euros), en chute de 55% sur un an, pour un chiffre d’affaires en recul de 11,8%. Une tendance déjà visible en 2025.

Cette contre-performance intervient alors même que les volumes restent impressionnants: plus de 700.000 véhicules écoulés au premier trimestre, avec une part croissante réalisée hors de Chine.

CHINE: UNE GUERRE DES PRIX DESTRUCTRICE

La raison est connue: le marché chinois est devenu ultra-concurrentiel. Des dizaines de marques s’y livrent une guerre des prix féroce, obligeant BYD à casser ses tarifs et à rogner ses marges.

Résultat: le leader mondial vend beaucoup… mais gagne moins. Un déséquilibre que même son avance technologique, notamment dans les batteries, ne suffit plus à compenser à court terme.

EUROPE : UNE CROISSANCE FULGURANTE, MAIS ENCORE MARGINALE

C’est donc hors de Chine que BYD cherche désormais son salut — et l’Europe est au cœur de cette stratégie. Les chiffres parlent d’eux-mêmes:

·      +227 % de croissance des immatriculations en Europe en 2025

·      plus de 128.000 véhicules vendus sur l’année

·      part de marché passée d’environ 0,4 % à 1,5 % en un an

·      jusqu’à 2,4 % de part de marché sur certains mois fin 2025.  A l'’échelle du continent, la progression est spectaculaire et BYD a même ponctuellement dépassé Tesla sur certains mois en 2025. Mais il faut relativiser: malgré cette croissance explosive, le constructeur reste encore loin des leaders européens, Volkswagen en tête, et n’occupe qu’une place secondaire dans la hiérarchie globale.

 UN MARCHÉ EUROPÉEN EN PLEIN BOOM… ET TRÈS CONVOITÉ

L’offensive de BYD intervient dans un contexte particulièrement favorable. Le marché électrique européen est en forte croissance, avec des immatriculations en hausse de près de 30 % début 2026 et une part de marché proche de 24 % fin 2025.

L’Europe est même devenue un débouché clé pour les constructeurs chinois, représentant plus de 40 % de leurs exportations de véhicules électriques.

Autrement dit, la bataille mondiale de l’électrique se joue désormais aussi — et surtout — sur le Vieux Continent.

LES CONSTRUCTEURS EUROPÉENS CONTRE-ATTAQUENT

Face à cette montée en puissance chinoise, les groupes européens accélèrent leur riposte.

BMW, par exemple, prépare la relève de ses pionniers i3 et iX3 avec la Neue Klasse, tandis que Mercedes restructure sa gamme autour des modèles « EQ Technology » (GLC, Classe C) pour intégrer pleinement l’électrique dans ses gammes essentielles.

Renault, de son côté, joue une carte différente: celle de la démocratisation. Les R5, R4 et Twingo électriques visent clairement le cœur du marché avec des prix plus accessibles — un terrain où BYD excelle déjà. Le rapport de force est donc en train d’évoluer. BYD avance avec une stratégie prix agressive et une large gamme (BEV + hybrides rechargeables), là où les Européens misent sur la valeur de marque, la technologie et une électrification plus intégrée.

RENTABILITÉ : L’ÉQUATION ENCORE OUVERTE

Paradoxalement, c’est en Europe que BYD pourrait retrouver des marges. Le constructeur y vend ses modèles nettement plus cher qu’en Chine, avec des marges bien supérieures sur certains véhicules. Mais cette stratégie reste fragile. Entre les barrières douanières, la pression politique européenne et la montée en puissance des constructeurs locaux, rien ne garantit que cette rentabilité pourra être maintenue à long terme. BYD domine aujourd’hui le marché mondial en volume. Mais sa transformation en acteur global durablement rentable est loin d’être acquise. Pris entre une Chine devenue frileuse en termes de marges et une Europe en pleine recomposition industrielle, le constructeur joue désormais une partie beaucoup plus stratégique: celle de sa crédibilité à long terme face aux géants historiques. Et sur ce terrain, la victoire est encore loin d’être acquise.

Rédacteur en Chef Le Moniteur Automobile

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