Il fut un temps où Ligier faisait vibrer les stands de la Formule 1. Entre 1975 et 1996, la marque française a inscrit neuf victoires en Grand Prix, côtoyé les sommets et laissé une trace bien réelle dans l’histoire du sport automobile. Cette époque-là est révolue. Aujourd’hui, Ligier fabrique des voitures sans permis. Deux mondes que tout oppose, ou presque. Et pourtant, ils se sont récemment croisés là où on ne les attendait pas : sur l’Enfer Vert allemand.

Pour l’occasion, Ligier a engagé trois JS50 sur le mythique ruban allemand. Trois exemplaires décorés d'un wrapping bleu-blanc-rouge affichant très sérieusement la mention Ligier Ultimate Racing Experience. Au programme : petit volant sport, pneus semi-slicks… et une déco supposée ajouter quelques chevaux psychologiques à l’ensemble. L’intention est louable. Le résultat, lui, est historique à sa manière. Car jamais une voiture n’avait tourné officiellement aussi lentement sur ce circuit.
Chrono impitoyable
Sous son costume de pseudo-sportive, la JS50 Revo D+, moteur Diesel oblige, a bouclé les 20,8 km de la Nordschleife en 28 minutes, 25 secondes et 814 millièmes. À titre de repère, une Trabant P50 avait mis 16 minutes en 1960. Oui, en 1960.
La version électrique, forte de 8 ch et limitée à 45 km/h, a fait à peine mieux avec 27 minutes et 55 secondes. Quant à la JS50 de 12 ch, capable d’atteindre 75 km/h, elle a signé le “meilleur” chrono du trio en 18 minutes et 53 secondes. Une performance toute relative, mais qui, dans ce contexte, mérite presque un soupçon de respect.

En face, la Mercedes-AMG One détient le record du tour pour une voiture de série en 6:29.090. Plus de quatre fois plus rapide. Une autre galaxie, une autre logique, un autre monde.
Comparer ces chronos n’a bien sûr aucun sens. L’objectif n’était ni la performance, ni le record, ni même la crédibilité sportive. Simple coup de com' audacieux, clin d’œil marketing sous forme d'autodérision assumée et l'envie de raconter le Nürburgring d'un autre point de vue. Bravo !