Nous avons pu prendre le volant de la nouvelle Testarossa dans la Sierra de Huelva, une région montagneuse et quasi déserte à deux pas de Séville. À proximité se trouve un circuit fermé: Monteblanco, long de 4,458 km et jalonné de 18 virages exigeants. Dans la pitlane nous attend une 849 rouge équipée de l’option Assetto Fiorano.
Concept Ferrari 849 Testarossa "Assetto Fiorano"
Les ailettes aérodynamiques, inspirées de la 512 S de course, adoptent alors un dessin spécifique générant davantage d’appui, tandis que la suspension adaptative cède la place à une configuration passive, plus ferme, dotée d’amortisseurs Multimatic. Ferrari s’astreint également à un régime amaigrissant, réduisant la masse d’environ 30 kg.

Au menu: jantes en carbone pour alléger les masses non suspendues, sièges baquets identiques à ceux de la 296 Speciale et ligne d’échappement revue pour mieux encaisser aux hautes températures. Et pour viser un chrono sérieux, il faudra encore chausser la Testarossa des Michelin Cup 2 R semi-slicks.
Au volant Ferrari 849 Testarossa "Assetto Fiorano"
Sur une piste froide encore en train de sécher, ces pneus peinent toutefois à donner la pleine mesure de leur potentiel. Heureusement, nous suivons un exemplaire encore camouflé, utilisé jusqu’il y a peu pour finaliser les derniers réglages. À son volant, l’un des pilotes d’essai ayant encadré l’ensemble du développement de la 849.

Casque sur la tête et sanglé dans un harnais, l’ambiance devient résolument racing. Pourtant, les évolutions de l’Assetto Fiorano ne transforment pas fondamentalement l’engin: on sent surtout que le plaisir pur s’efface quelque peu au profit de l’efficacité. Et cette maîtrise accrue tombe à point nommé, car contrairement à notre escapade sur route ouverte, les 1050 ch réclament cette fois un minium de compétences et d’attention.
Après un tour de mise en température derrière la pace-car, le Manettino bascule en mode Race et la chaîne de traction passe en Qualifying. Une dernière inspiration, et c’est parti. La 849 se montre fidèle à l’ADN Ferrari moderne, à savoir une direction ultra directe mais d’une grande lisibilité, capable de coller le train avant à la trajectoire idéale même à haute vitesse.
Un soupçon de sous-virage facilite l’inscription en courbe, avant que le V8 explosif n’engage l’arrière pour le placer idéalement, avec autorité et élégance. Par rapport à la SF90, la communication entre l’homme et la machine est étonnamment pure, presque dénuée de filtre, permettant de comprendre précisément ce que fait l’auto et de lui indiquer sans ambiguïté où l’on souhaite l’emmener. Reste à conserver toute sa lucidité, tant les sensations offertes menacent de balayer toute notion de recul et de logique.

La boîte de vitesses enchaîne les rapports comme une mitrailleuse, le freinage coupe le souffle: au bout de la ligne droite, nous flirtions avec les 300 km/h, et pourtant, à l’attaque de la pédale de gauche, la 849 ne bronche pas. Pas même après huit tours menés tambour battant. Confiance et engagement grandissent virage après virage. Reconnaissants pour cette expérience d’une intensité rare, nous n’avons qu’un regret: ne pas disposer de davantage de temps de piste. Mais il vaut toujours mieux savoir s’arrêter avant l’excès de confiance…
Conclusion Ferrari 849 Testarossa "Assetto Fiorano"
Le pack Assetto Fiorano n'apporte aucune valeur ajoutée tangible. Après tout, quel propriétaire de Ferrari emmènera sa 849 Testarossa flambant neuve sur un circuit fermé ? En revanche, il montre que quelques interventions simples suffisent à porter ses compétences dynamiques à un niveau encore plus élevé.
Dans cet article : Ferrari, Ferrari 849