En 2021, la Dacia Spring bouscule le marché européen : première électrique « low cost », et surtout la moins chère du moment. Moins de 17.000 €. Base technique issue de la Renault Kwid chinoise, conception simple, prestations minimalistes… Au début, on sourit, on se moque. Mais les premiers essais confirment un bon sens évident. Oui, les petites électriques pas chères représentent une solution d’avenir ! Et les clients répondent présents. Beaucoup d’automobilistes n’ont besoin que de rouler 40 à 50 km par jour et se fichent du facteur frime. Pour eux, la Spring fait le job. Simple, économique, efficace. Depuis, Dacia l’a progressivement améliorée : moteur 65 ch, présentation plus valorisante, style aligné sur le reste de la gamme. Et pour 2026, le changement est autrement plus sérieux.

Refonte technique profonde
La nouveauté majeure se cache sous le capot. Exit les 45 et 65 ch d’origine : place à deux nouvelles variantes de 70 et 100 ch. Oui, 100 ch dans une Spring. La batterie LFP de 24,3 kWh reste d’une capacité modeste (27,4 kWh auparavant), mais elle a été modernisée et surtout repositionnée plus bas et plus au centre du châssis. L’autonomie annoncée demeure stable à 225 km WLTP.
Le châssis a été revu pour encaisser le supplément de puissance : freins recalibrés, barre antiroulis à l’avant, amortisseurs plus fermes. Même l’aérodynamique a été travaillée. La Spring a corrigé (presque) tous ses défauts.

Présence affirmée
Visuellement, la Spring conserve son look de mini-SUV sympathique. Pas d’agressivité, mais une présence plus affirmée. Les roues passent à 15 pouces en finitions Expression et Extreme. Nous disposions du haut de gamme en 100 ch, garni d’inserts cuivrés et de jantes spécifiques. La signature lumineuse à LED lui donne une identité plus moderne.
Avec 3,70 m de long, elle reste une citadine pure. À bord, l’espace avant est correct, mais les (très) grands (et imposants) gabarits restent à l’étroit. À l’arrière, deux adultes prennent place sans souffrance, mais de préférence avec 1,70 à 1,75 m maximum. Le coffre de 300 litres reste une bonne surprise au regard de la compacité générale de la Spring, sans oublier un petit frunk (en option, en accessoires) de 35 litres !

La présentation progresse nettement. Plastiques durs, certes, mais assemblage soigné et ambiance gaie. L’écran central de 10 pouces (selon finition) regroupe l’essentiel, avec Apple CarPlay et Android Auto. La climatisation conserve des commandes physiques.

Surprise à l’accélération
Dès notre sortie de l’hôtel, le constat est sans appel : la Spring 100 n’a plus rien d’une électrique anémique. Le 0 à 100 km/h est expédié en 9,6 s. Dans cette catégorie, c’est franchement tonique. Les 1080 kg annoncés jouent clairement en sa faveur.
Les reprises sont vives, les insertions sur axe rapide ne se déroulent plus dans l’anxiété. Les 90-100 km/h sont atteints sans effort, là où la première Spring peinait à se poser. La vitesse maximale reste fixée à 125 km/h — largement suffisant pour son terrain de jeu principal, la ville et sa périphérie, où la Spring devient franchement amusante.
Son gabarit compact, son empattement court (2,42 m) et son diamètre de braquage de 9,6 m en font une reine des manœuvres et de la réactivité. La garde au sol de 146 mm digère trottoirs et ralentisseurs avec plus de sérénité.

Mais tout n’est pas parfait. Les nouveaux réglages de suspension apportent davantage de rigueur, la barre antiroulis limite les mouvements de caisse, mais les pneus Linglong ne sont pas au diapason. En sortie de rond-point, le couple déborde régulièrement le train avant, générant des remontées désagréables dans la direction. Sur le mouillé, il faudra faire attention !
Dommage, car avec une monte plus qualitative, le potentiel serait nettement supérieur. Et puis gare aux limites dynamiques, car lancés avec un peu trop d'enthousiame dans un enchaînement de virages, le contrôle de stabilité (ESC) s'affole.

Le même prix !
Autre surprise : cinq ans après son lancement, la Spring s’affiche toujours à un prix de départ d’environ 17 000 €, mais avec nettement plus d’arguments ! Notre haut de gamme Extreme 100 ch, à 19 690 €, reste une proposition cohérente dans le contexte d’envolée des prix automobiles ces dernières années.
Le tour des propositions est vite fait :
- 16.990 € pour la 70 ch Essential
- 18.690 € pour la 70 ch Expression
- 19.690 € pour la 100 ch Extreme
La vraie question sera : 70 ou 100 ch ? La version 100 ch apporte un agrément indéniable et transforme la personnalité de la voiture. Mais la variante 70 ch apparaît sans doute plus cohérente avec le châssis et les pneumatiques d’origine. Et surtout, elle permet de contenir le budget. Dans le contexte actuel du marché automobile, difficile de parler d’exagération.
Côté consommation, la Spring demeure frugale. En usage prudent et urbain, difficile de dépasser 10 à 11 kWh/100 km. En usage mixte, avec un peu de voies rapides, Dacia a homologué une moyenne de 12,6 kWh/100 km (WLTP).
La recharge se fera principalement à domicile. Son chargeur embarqué de 7,4 kW permet une récupération complète en quelques heures sur borne adaptée. Mais franchement, avec une si petite batterie, une prise 2,3 kW ne pose aucun problème. Le chargeur rapide (en option) supporte 40 kW.
Verdict
La Spring ne suffira toujours pas aux automobilistes qui accordent de l’importance à l’image, au statut social, mais elle est arrivée à pleine maturité. En gagnant en puissance et en rigueur, elle dépasse enfin le simple statut d’électrique « par défaut ». Elle devient une vraie citadine polyvalente, capable d’affronter sans stress les axes rapides périurbains. Le seul point noir: les pneus d'origine.
Selon nous, la 70 ch représente le meilleur équilibre prix/performances. Mais la nervosité de la version 100 ch garantit un supplément de caractère inattendu.
Reste une inconnue : la concurrence interne. Les futures petites électriques Renault Twingo et Dacia, basées sur cette Twingo, arriveront bientôt. Plus modernes, plus séduisantes… mais aussi plus chères. Comme toujours, c’est le client qui tranchera.

Dans cet article : Dacia, Dacia Spring