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Edito / Brexit or not Brexit? That’s the question

Où sont les Johnson, Farage et autres «grandes gueules» qui ont vendu au peuple britannique une sortie de l’Union Européenne?

Sommaire :

Il y en a bien une à qui on ne pourra pas reprocher d’avoir tout tenté. Que l’on apprécie ou pas son action politique n’est pas la question mais, à tout le moins, Teresa May mérite le prix de l’opiniâtreté face à des députés britanniques qui ne semblent vouloir ni accord ni non-accord sur le Brexit. A force de tout refuser, plus personne n’y comprend quoi que ce soit et ces députés bloquent une situation qui pourrait trouver son issue dans un divorce brutal, sans accord, avec à la clé des conséquences que les partisans du «Leave» n’avaient sans doute pas calculées à leur juste mesure. Défenseurs du «Leave» que l’on n’entend d’ailleurs plus beaucoup: où sont les Boris Johnson, Nigel Farage et autres «grandes gueules» qui ont vendu au peuple britannique une sortie de l’Union Européenne? Au premier rang de ces conséquences, les effets économiques, bien sûr. Moribonde il y a 20 ans, l’industrie automobile britannique s’était redressée comme jamais, même si cela était passé par le rachat de certaines grandes marques historiques par des groupes étrangers. Groupes étrangers qui avaient conservé les usines d’assemblages et, donc, la main-d’œuvre en Grande-Bretagne. Mais face à un avenir indécis, donc «inconfortable» d’un point de vue stratégique et financier, les annonces de repli se multiplient. Nissan a récemment annoncé son intention d’y arrêter la production de son X-Trail, donc potentiellement de fermer son usine de Sunderland. Mini, Opel, Jaguar Land Rover, Honda et Rolls-Royce envisagent maintenant d’anticiper les fermetures annuelles temporaires d’été à avril-mai, histoire d’analyser l‘évolution de la situation. En attendant de voir la suite… Les investissements des marques dans leurs sites anglais sont suspendus ou ralentis et les ventes de voitures sur place se tassent. On comprend que, face à des risques élevés de paralysie des ports, donc d’acheminement incertain des pièces et d’expédition des modèles finis, face à une bureaucratie qui va se compliquer, à des homologations potentiellement différentes et des prix finaux qui partiront à la hausse, les constructeurs soient frileux. D’autant que plus personne n’est là pour répondre à leurs inquiétudes. Et pendant ce temps-là, comme il s’en vantait dernièrement au Guardian, Nigel Farage est parvenu à obtenir des passeports… allemands pour ses fils, histoire qu’ils puissent continuer à voyager partout en Europe, même après le Brexit tant défendu par lui! Comment dit-on «se f… de la gueule du citoyen» en anglais? 

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