La FIAT Barchetta moderne en résumé
-
Sortir de la monoculture du pot de yaourt
-
La simplicité mécanique au service du poids
-
Le Scorpion en embuscade
Sortir de la monoculture du pot de yaourt
Il faut bien le reconnaître : l'offre actuelle de Fiat tourne dangereusement en rond. Entre une gamme 500 essorée jusqu'à la corde et une famille Panda appelée à se démultiplier à toutes les sauces, la marque italienne semble avoir oublié qu’elle a aussi brillé par des modèles purement émotionnels et décalés. En 1995, la Barchetta originale avait réussi un véritable tour de force : proposer un petit roadster d’une élégance folle sur une simple base de Punto.
Aujourd’hui, face à une production automobile de plus en plus aseptisée et standardisée, relancer un tel objet de plaisir populaire relèverait du pur acte de résistance. C’est une nécessité absolue pour rappeler que Turin sait encore concevoir des voitures passionnantes et accessibles, loin des boîtes à roulettes rationnelles qui saturent son catalogue actuel.

Sur le plan stylistique, cette étude moderne s'attache à respecter les proportions caractéristiques du modèle dessiné par Andreas Zapatinas, marquées par un porte-à-faux avant prononcé et une poupe courte et rebondie. Les lignes tendues de la Punto d’origine cèdent ici la place au traitement de surfaces épuré et aux volumes adoucis caractéristiques du langage esthétique de la 500e. Pour s'adapter aux exigences contemporaines d'habitabilité et de polyvalence, l'empreinte au sol progresse pour atteindre environ 4 mètres de long.
La face avant se dote d'une signature lumineuse spécifique avec des optiques verticales à LED qui structurent un bouclier particulièrement lisse. À l'arrière, les feux tridimensionnels affinés s'intègrent directement dans la lèvre du coffre, soulignant la largeur de la poupe sans alourdir le dessin. L'ensemble repose sur de grandes jantes pleines au traitement rétro qui asseyent visuellement le véhicule.
La simplicité mécanique au service du poids
Pour rendre un tel projet économiquement viable au sein du groupe Stellantis, pas de fioriture technique : cette Barchetta reposerait sur la plateforme "Smart Car", dédiée aux modèles d'entrée de gamme. Surtout, elle ferait l'impasse sur la fée électricité. Qui voudrait d'un petit roadster alourdi par des centaines de kilos de batteries et vendu à un tarif prohibitif ? Place donc au pragmatisme thermique avec le bloc trois cylindres 1.2 Turbo (ex-PureTech), désormais fiabilisé.

Il serait proposé en deux configurations : une version d'accès de 100 ch et une variante micro-hybride de 136 ch. Pour préserver le plaisir de conduite et la connexion avec la machine, l’ensemble serait impérativement associé à une boîte de vitesses manuelle à six rapports. Simple, léger et efficace.
Le Scorpion en embuscade
Une telle simplicité technique ouvrirait par ailleurs une voie royale à Abarth dont les ventes faméliques souffrent de l’électrification aussi totale qu’incompréhensible de sa gamme. Une Abarth, ça doit se voir et ça doit s’entendre quand on ne la voit pas ! Et, accessoirement, si ça pousse un peu, c’est tant mieux.

On imagine sans peine une version survoltée, dotée d'un châssis affûté, d’un échappement Record Monza au timbre rageur et du moteur de 136 ch poussé au-delà de 150 étalons bolognais (Abarth est originaire de Bologne, ndlr), pour redonner une vraie légitimité sportive au Scorpion. Un rêve de gosse accessible, nourri à la simplicité et à l'italienne. Alors, on signe où ?
Rendus : Moniteur Automobile/Gemini
