Longtemps réticente à l’électrification à marche forcée, la marque d’Hiroshima a décidé de passer à la vitesse supérieure. En attendant sa propre plateforme électrique, promise pour 2028, Mazda s’appuie sur un partenariat industriel avec le constructeur chinois Changan. Comme la Mazda 6e, le CX-6e repose ainsi sur une base technique issue de la Deepal 07.

Une filiation qui n’a, jusqu’ici, pas freiné l’intérêt des clients : la 6e s’est plutôt bien installée sur le marché, et le CX-6e arrive avec des ambitions encore plus élevées. Logique : le SUV demeure bien plus porteur qu’une berline, même électrique. Or cette fois, la concurrence est autrement plus dense. D’où l’importance d’un positionnement tarifaire précis. Proposé en deux niveaux de finition, Takumi et Takumi Plus, le CX-6e débute à 46.290 €, un prix qui le place dans le cœur du segment des SUV électriques intermédiaires, sans chercher l’affrontement frontal avec les ténors premium.
Gabarit juste, design maîtrisé
Avec ses 4,85 mètres de long, le Mazda CX-6e se positionne naturellement entre les CX-60 et CX-80. Un gabarit bien calibré, qui lui permet de viser une clientèle familiale sans tomber dans l’excès. Esthétiquement, le SUV semble même plus abouti que la berline 6e, avec des lignes fluides, des proportions équilibrées et un vrai souci du détail.

On remarque notamment les écopes aérodynamiques intégrées au bouclier avant et aux montants C, ainsi que la possibilité d’opter pour des rétroviseurs digitaux afin d’optimiser encore la traînée aérodynamique. Une approche pragmatique, fidèle à la philosophie Mazda.
Intérieur épuré
À bord, le CX-6e poursuit dans la voie de la sobriété soignée. La planche de bord est dominée par un grand écran asymétrique de 26'' qui concentre l’essentiel des fonctions. Particularité notable : l’instrumentation classique disparaît au profit d’un affichage tête haute.

Les matériaux sont valorisants, l’assemblage sérieux et les sièges offrent un excellent maintien. En finition Takumi Plus, Mazda ose même une combinaison de teintes blanc et violet — un choix audacieux, qui ne plaira pas à tous. L’espace aux places arrière est généreux, mais le coffre reste dans la moyenne : 468 litres, ou 1434 litres une fois la banquette rabattue. Un coffre avant de 80 litres vient heureusement compléter l’ensemble.
Technique sans esbroufe
Sous le capot, le CX-6e joue la carte de la simplicité. Un unique moteur électrique arrière délivre 258 ch et 290 Nm, permettant un 0 à 100 km/h en 7,9 secondes et une vitesse maximale de 175 km/h. Rien de spectaculaire, mais des performances cohérentes avec le positionnement du modèle. La capacité de remorquage atteint 1,5 tonne.
L’énergie est fournie par une batterie LFP de 70 kWh, compatible avec une recharge rapide jusqu’à 195 kW en courant continu. Dans les meilleures conditions, il faut compter environ 24 minutes pour passer de 20 à 80 %. L’autonomie WLTP atteint 484 km avec les jantes de 19 pouces, mais descend à 463 km avec les jantes de 21 pouces. Les rétroviseurs digitaux permettent de grappiller quelques kilomètres.
Attaque subtile
Là où la Mazda 6e joue plutôt les milieux de terrain, le CX-6e avance comme un attaquant à surveiller de près : pas de ceux à écraser ses adversaires, mais un joueur tactique, efficace et bien positionné, bref: capable de marquer de précieux points. Sans révolutionner le genre, Mazda réussit à crédibiliser rapidement son offre électrique, en attendant des bases techniques entièrement maison.
Reste désormais à voir si le public suivra. Car dans ce segment ultra-concurrentiel, le CX-6e devra convaincre autant par son prix que par son agrément au quotidien. Une chose est sûre : le constructeur Mazda n’est plus spectateur de la transition électrique.