Le leasing social en bref:
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En 2025, 143.849 voitures électriques neuves ont été immatriculées en Belgique.
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Seules 15.483 d’entre elles ont été achetées par des particuliers.
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La France propose un leasing social à moins de 200 euros par mois.
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L’accord du gouvernement fédéral prévoit d’étudier une formule belge.
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Les véhicules électriques d’occasion pourraient rendre la mesure plus abordable.
Le marché automobile belge s’électrifie rapidement. En 2025, 143.849 voitures particulières neuves entièrement électriques ont été immatriculées, soit 34,7% du marché. Mais ce chiffre masque un net déséquilibre: seuls 15.483 véhicules électriques ont été achetés par des particuliers. Cela représente à peine 10,8% des nouvelles immatriculations de véhicules 100% électriques.
1. Une électrification qui reste surtout professionnelle
Dans le segment des voitures de société, l’électrique est désormais largement répandu. Il en va autrement chez les particuliers: l’essence reste dominante et le prix d’achat d’un véhicule électrique demeure un obstacle pour de nombreux ménages. Cette différence reste visible au premier semestre 2026. La FEBIAC indique en effet que les voitures entièrement électriques représentaient 36,1% du marché belge des véhicules neufs, mais que près de 7 véhicules électriques neufs sur 10 étaient encore immatriculés par des utilisateurs professionnels.
C’est précisément là que le leasing social entre en jeu. Au lieu d’accorder une prime à l’achat à des personnes qui doivent d’abord être en mesure de financer une voiture coûteuse, les pouvoirs publics réduisent le montant mensuel du leasing. L’aide se répercute ainsi directement sur le coût d’utilisation.
2. Suivre l’exemple de la France
Depuis 2024, la France utilise le leasing social pour permettre aux personnes disposant de revenus modestes d’accéder à la mobilité électrique. L’édition 2026 a été rouverte le 16 juillet et propose des véhicules électriques en location longue durée pour moins de 200 euros par mois, certaines offres étant même inférieures à 140 euros. La durée du contrat est d’au moins trois ans.
Les conditions ciblent les personnes aux revenus modestes qui ont besoin de leur voiture pour travailler. Pour 2026, le revenu fiscal de référence maximal est fixé à 16.880 euros par part fiscale. L’utilisateur doit également habiter à plus de 10 kilomètres de son lieu de travail et utiliser la voiture pour s’y rendre, ou parcourir plus de 8.000 kilomètres par an dans le cadre de son activité professionnelle.
Le succès est considérable. Le gouvernement français indique ainsi qu’en 2025, 41.500 véhicules avaient déjà été attribués dans le cadre du leasing social, dont plus de 35.000 au cours de la première semaine suivant l’ouverture du dispositif.
3. La Belgique étudie sa propre formule
En Belgique aussi, l’idée figure désormais à l’ordre du jour politique. L’accord du gouvernement fédéral 2025-2029 prévoit d’étudier un mécanisme de soutien au leasing social de véhicules électriques, destiné aux travailleurs dont les revenus sont inférieurs à un certain seuil.
4. Les véhicules électriques d’occasion pourraient jouer un rôle crucial
Une formule belge ne devrait pas nécessairement se limiter aux voitures neuves. En raison de l’électrification rapide du parc de voitures de société, davantage de véhicules électriques d’occasion arriveront sur le marché au cours des prochaines années. Or, en Belgique, le marché de l’occasion est essentiellement porté par les particuliers: au premier semestre 2026, 91,1% des immatriculations de véhicules d’occasion ont été effectuées par des clients privés.
Le leasing social de véhicules électriques d’occasion pourrait réduire les coûts pour les pouvoirs publics comme pour les utilisateurs. Des conditions claires seraient toutefois nécessaires concernant l’état de la batterie, la transparence des garanties, l’accès à un financement abordable et à des infrastructures de recharge bon marché. Sans ces éléments, un faible montant mensuel ne représenterait qu’une partie de l’équation.
5. Pas de solution miracle
Le leasing social pourrait surtout être intéressant pour les ménages dont les dépenses en carburant pèsent lourdement sur le budget. Une étude néerlandaise menée par TNO montre que les ménages à faibles revenus consacrent en moyenne une part deux fois plus importante de leurs revenus au carburant que les ménages aux revenus plus élevés. Chez les personnes à faibles revenus qui roulent beaucoup, cette part peut atteindre 17,6% du revenu disponible lorsque les prix à la pompe sont élevés.
Le leasing social de véhicules électriques présente néanmoins certaines limites. Les ménages aux revenus les plus faibles n’en bénéficient pas automatiquement, un contrat de leasing reste une obligation mensuelle fixe et l’accès à une recharge bon marché est essentiel. Les personnes qui ne disposent pas de leur propre borne et utilisent principalement des bornes publiques coûteuses profitent moins des avantages financiers de la conduite électrique.
