Les dégâts routiers liés aux voitures électriques en résumé
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Le poids n’est pas sans importance
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Le trafic de poids lourds pèse bien davantage
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L’asphalte se fissure avant que le nid-de-poule n’apparaisse
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La Belgique a surtout un problème d’entretien
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Un vignette routière sans facteur lié au poids
1. Le poids n’est pas sans importance
Un SUV électrique de 2,5 tonnes sollicite davantage la chaussée qu’une compacte essence de 1,3 tonne. Cet effet existe bel et bien. Les voitures neuves sont aussi devenues plus lourdes : leur masse à vide moyenne est passée, au cours des dix dernières années, de près de 1,6 à 2 tonnes. Et les véhicules électriques comme les SUV jouent évidemment un rôle important dans cette évolution.
2. Le trafic de poids lourds pèse bien davantage
Le poids total du véhicule ne dit toutefois pas tout. Dans la construction routière, c’est surtout la charge par essieu qui est déterminante. La règle dite de la « quatrième puissance » (fourth power law) résume bien le phénomène : lorsque la charge par essieu double, les dommages infligés à la chaussée peuvent être multipliés par environ 16.
La différence entre une lourde voiture électrique et une légère voiture essence est donc réelle, mais elle reste sans commune mesure avec celle qui sépare une voiture particulière d’un camion chargé.
3. L’asphalte se fissure avant que le nid-de-poule n’apparaisse
Un nid-de-poule ne se forme généralement pas du jour au lendemain à cause du passage d’une seule voiture lourde. Le phénomène commence le plus souvent par de petites fissures dans l’asphalte. L’eau s’y infiltre, gèle, se dilate et fragilise davantage la structure. Le trafic finit ensuite par arracher les matériaux affaiblis, transformant progressivement une fissure en trou.
La chaleur, le vieillissement des fondations, l’intensité du trafic ou encore les travaux répétés sur les réseaux souterrains jouent également un rôle.
4. La Belgique a surtout un problème d’entretien
Sur les routes belges, cette question est loin d’être purement théorique. En Flandre, l’Agentschap Wegen en Verkeer constate relativement peu de problèmes concernant certains paramètres de sécurité, comme l’adhérence ou l’orniérage. En revanche, l’état structurel des chaussées est moins rassurant. Le retard d’entretien du réseau régional flamand est estimé à 987,2 millions d’euros, auxquels s’ajoutent 267,1 millions d’euros de besoins d’entretien normaux pour les trois prochaines années.
En Wallonie, la situation apparaît encore plus préoccupante. La Région gère 6.944 km de routes régionales, dont 886 km d’autoroutes. Selon les documents budgétaires pour 2026, 40,2 % du réseau routier régional non structurel est classé en catégorie E, soit « très mauvais », et 16,4 % en catégorie D, soit « mauvais ». Un budget supplémentaire de 11,5 millions d’euros a été prévu en 2026 pour la rénovation des revêtements.
5. Une vignette routière sans facteur lié au poids
Dans ce contexte, le futur vignette routière belge prend une dimension particulière. À partir du 1er mai 2027, un vignette numérique est prévu pour les véhicules jusqu’à 3,5 tonnes circulant sur les routes régionales et les autoroutes belges. Le tarif annuel annoncé est de 100 € pour les véhicules Euro 4 et plus récents, 125 € pour les Euro 0 à Euro 3 et 90 € pour les véhicules zéro émission.
Le poids du véhicule n’interviendra pas dans le calcul. Un lourd SUV électrique paiera donc moins qu’une voiture essence plus légère. En revanche, en Flandre, la masse jouera davantage dans la taxe annuelle de circulation à partir du 1er janvier 2027 pour les voitures particulières nouvellement immatriculées : le montant de base dépendra notamment de la masse maximale autorisée, avec des corrections liées au CO2 et à d’autres paramètres.
