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Industrie et économie / Stellantis remanie son organisation européenne : nouveaux patrons pour Fiat, Lancia, DS et Jeep

Rédigé par Frédéric Kevers le 01-09-2026

Stellantis réorganise plusieurs fonctions clés en Europe dans le cadre de son plan Fastlane 2030. Arnaud Belloni prend la tête de Fiat, Abarth et Lancia, tandis que Xavier Chardon récupère DS Automobiles et Xavier Peugeot Jeep Europe.

Les nouvelles nominations chez Stellantis Europe en résumé

  1. Arnaud Belloni prend la tête de Fiat, Abarth et Lancia

  2. Xavier Chardon reprend DS Automobiles

  3. Xavier Peugeot nommé à la tête de Jeep en Europe

  4. Stellantis réorganise aussi ses opérations commerciales européennes

  5. Stellantis doit redonner une identité claire à ses marques

  6. Volkswagen montre que le défi dépasse Stellantis

Stellantis poursuit la réorganisation de ses activités européennes. Le groupe a annoncé une série de nominations au sein de son organisation Enlarged Europe, effectives à partir du 1er septembre 2026, dans le cadre du déploiement de son plan stratégique Fastlane 2030.

Sous la responsabilité d’Emanuele Cappellano, COO Enlarged Europe, plusieurs marques changent ainsi de direction ou voient leur structure de management évoluer.

1. Arnaud Belloni prend la tête de Fiat, Abarth et Lancia

Arnaud Belloni est nommé CEO des marques Fiat, Abarth et Lancia, tout en devenant également Chief Marketing Officer pour l’Europe.

Il fait ainsi son retour chez Stellantis après avoir déjà passé 16 ans dans l’environnement du groupe, où il avait notamment piloté la stratégie marketing de plusieurs marques italiennes et françaises. Il avait ensuite rejoint Renault, où il a occupé le poste de Global Chief Marketing Officer à partir de novembre 2020, puis celui de Chief Branding Officer pour l’ensemble des marques du groupe à compter de mai 2023.

Belloni succède à Olivier François, qui restera jusqu’à la mi-octobre afin d’assurer la transition. Ce dernier continuera ensuite à collaborer avec Stellantis en tant que conseiller stratégique.

2. Xavier Chardon reprend DS Automobiles

Autre changement important : Xavier Chardon est nommé CEO de DS Automobiles, en complément de ses responsabilités actuelles chez Citroën.

Ce rapprochement entre DS Automobiles et Citroën s’inscrit dans la volonté de Stellantis de clarifier le positionnement de ses différentes marques tout en renforçant certaines synergies internes.

Dans le même temps, Laurent Diot est nommé responsable de DS Automobiles Enlarged Europe, en plus de ses responsabilités actuelles pour Citroën Enlarged Europe. Il rapportera fonctionnellement à Xavier Chardon.

3. Xavier Peugeot nommé à la tête de Jeep en Europe

Stellantis crée également un nouveau poste spécifiquement dédié à Jeep en Europe. Xavier Peugeot est nommé Head of Jeep Europe, directement rattaché au COO Enlarged Europe.

Selon le groupe, cette nouvelle fonction doit permettre à Jeep de disposer de leviers plus directs en matière de développement produit, de marketing et de ventes afin de mieux répondre aux attentes du marché européen.

Fabio Catone est de son côté confirmé dans ses fonctions de responsable des marques Jeep, Ram et Dodge Enlarged Europe, avec un rattachement fonctionnel à Xavier Peugeot.

4. Stellantis réorganise aussi ses opérations commerciales européennes

La réorganisation ne se limite pas aux patrons de marques. Sous la responsabilité de Maurizio Zuares, les opérations commerciales d’Enlarged Europe évoluent également.

Gaetano Thorel devient responsable de Lancia Enlarged Europe, en complément de ses fonctions actuelles pour Fiat et Abarth Enlarged Europe. Il sera rattaché fonctionnellement à Arnaud Belloni.

Roberta Zerbi se voit quant à elle confier la mission de piloter l’excellence du parcours client et le développement du réseau.

Pour Emanuele Cappellano, ces nominations doivent notamment permettre d’accélérer le déploiement de Fastlane 2030, de renforcer le développement européen de Jeep et de clarifier le positionnement de Lancia et DS Automobiles, tout en conservant leur identité propre.

5. Stellantis doit redonner une identité claire à ses marques

La mutation post-Tavares de Stellantis se poursuit et se marque par des remaniements au sommet des différentes marques du groupe. Un jeu de chaises musicales nécessaire pour enrayer la perte d’identité — et parfois de pertinence — des (trop ?) nombreux constructeurs dont les produits ont une fâcheuse tendance à diluer leur ADN au prix d’une standardisation voulue par l’ex-patron portugais, tout en optant davantage pour un recyclage d’éléments techniques — plateformes, groupes motopropulseurs, composants électroniques, etc. — que pour l’instauration d’une véritable culture d’innovation et de renouveau global.

Aujourd’hui, des marques comme Fiat, Opel, Lancia ou Alfa Romeo se sont trop éloignées de leurs valeurs fondamentales en misant surtout sur la différenciation visuelle pour affirmer leur identité. Si la stratégie de la « jolie coquille vide » peut fonctionner un temps, elle n’est que très rarement pérenne à moyen et long terme.

Dès lors, nommer de nouveaux dirigeants, connaissant les différentes maisons et le fonctionnement parfois obscur, voire opaque, du groupe tentaculaire qu’est Stellantis, doit permettre de replacer chaque marque sur des rails orientés dans la bonne direction. Cela passera d’abord par un message clair, fort et pertinent adressé aux clientèles respectives.

Reste à espérer que ces révolutions de palais ne soient pas que des mesures compensatoires ou vexatoires destinées à contrebalancer une mainmise « PSA » évidente sous la tutelle de Carlos Tavares, pour finalement tomber dans une gestion « à la FCA » qui avait démontré, avant même la création de Stellantis, toutes ses limites.

À l’heure où l’industrie automobile doit faire face aux attaques de ses propres instances politiques et à une concurrence asiatique — principalement chinoise — virulente, il est temps pour les noms historiques de notre paysage automobile de retrouver leur allant et de faire valoir avec légitimité leur héritage riche et solide.

Espérons que les susnommés Arnaud, Xavier, Xavier et compagnie sauront le comprendre et agir en conséquence !

6. Volkswagen montre que le défi dépasse Stellantis

En comparaison, le groupe Volkswagen — autre mastodonte européen — a su gérer plus efficacement la différenciation des produits et de leur personnalité entre ses nombreuses marques grâce à un positionnement plus clair entre SEAT, Volkswagen, Skoda et Audi, puis Cupra. Même si, là aussi, certaines décisions fondamentales ont mis à mal une hiérarchie bien établie : baisse majeure de la qualité de fabrication chez Audi et Volkswagen, montée en gamme évidente de Skoda, flou autour de l’avenir de SEAT.

Confronté à ses erreurs — ou errements — et à une concurrence, asiatique autant qu’européenne pour les marques premium, qui ne l’a pas attendu dans la course à l’électrification, le tout-puissant groupe allemand s’est mué en géant aux pieds d’argile ces dernières années, même Porsche étant touché par les tâtonnements stratégiques et les difficultés économiques.

Toutefois, l’ex-numéro 1 mondial — c’était à une autre époque, dans l’ère pré-Dieselgate — semble avoir repris les choses en main avec un retour à des Volkswagen et Audi plus qualitatives et plus ergonomiques dans le cas des nouveaux produits (ID. Polo, ID. Cross, A5 et A6 « thermiques », etc.), mais doit encore affronter une mutation industrielle qui ne se fera pas sans un coût financier et humain conséquent.

Certes, l’accélération de la transition vers la mobilité électrique imposée par l’Union européenne a ouvert une porte grande ouverte à l’envahisseur chinois, mais elle a surtout donné un fameux coup de pied dans la fourmilière de l’industrie automobile européenne, endormie sur des lauriers bien trop secs depuis trop longtemps et empêtrée dans des guerres d’ego internes qui avaient miné sa capacité à évoluer et à se remettre en question.

Un mal pour un bien ?

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