L’accord entre Melexis et BYD en résumé
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Un raccourci stratégique pour la tech belge
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Des puces au cœur des voitures électriques
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BYD sécurise sa chaîne d’approvisionnement
Dans un secteur automobile en pleine mutation électromécanique et logicielle, la guerre de la chaîne d’approvisionnement ne se joue plus seulement à coups de gigafactories de batteries, mais aussi au niveau de l’infiniment petit. La preuve par les actes : BYD, numéro un mondial des véhicules à énergie nouvelle (NEV), vient d’officialiser la signature d’un Master Purchase Agreement (MPA) d’envergure avec Melexis.
Concrètement, le spécialiste belge des puces et capteurs électroniques quitte le rang de simple sous-traitant de second rang (Tier-2) pour faire son entrée officielle dans le cercle restreint des fournisseurs directs (Direct Supplier) de l’ogre de Shenzhen.
1. Un raccourci stratégique pour la tech belge
Pour l’entreprise cotée à Euronext Bruxelles et fondée dans le Limbourg, cet accord n’a rien d’une banale transaction commerciale. Si aucun montant financier ni volume garanti n’ont été formellement divulgués — pratique courante pour ce genre d’accord-cadre —, les retombées industrielles s’annoncent colossales.
Jusqu’à présent, les puces signées Melexis rejoignaient les chaînes d’assemblage de BYD en transitant par des équipementiers intermédiaires de rang 1. En instaurant un canal direct d’approvisionnement, le constructeur chinois contourne ces intermédiaires, accélère les flux de composants et rationalise drastiquement ses coûts logistiques.
Surtout, ce rapprochement offre aux ingénieurs belges un accès privilégié dès la phase de conception des futures plateformes chinoises. En intégrant le cahier des charges de BYD au plus tôt dans la recherche et le développement, Melexis s’assure une présence pérenne dans les futurs modèles du géant asiatique, qu’il s’agisse de ses marques grand public comme de ses fleurons haut de gamme comme Yangwang ou Denza.
2. Des puces au cœur des voitures électriques
Ce choix stratégique de BYD n’est évidemment pas le fruit du hasard. Les véhicules électriques modernes (BEV) et hybrides rechargeables (PHEV) intègrent une quantité croissante de semi-conducteurs à signaux mixtes pour surveiller et piloter leurs différents systèmes.
Melexis excelle précisément dans la conception de capteurs à effet Hall pour la position et la vitesse, de capteurs de courant haute précision et de puces de gestion des moteurs électriques secondaires.
Ces composants microélectroniques s’avèrent essentiels au bon fonctionnement des onduleurs de traction, à la régulation thermique fine des packs de batteries, à la direction assistée électronique ou encore au pilotage des systèmes de freinage brake-by-wire.
3. BYD sécurise sa chaîne d’approvisionnement
En sécurisant un accès direct à ces puces à haute valeur ajoutée, BYD cherche aussi à prémunir sa production de masse contre les goulets d’étranglement qui ont paralysé l’industrie automobile mondiale ces dernières années.
L’accord avec Melexis permet ainsi au constructeur chinois de raccourcir sa chaîne d’approvisionnement tout en renforçant ses liens avec un spécialiste européen des semi-conducteurs automobiles.
Alors que l’Europe tente d’ériger des barrières douanières face aux véhicules assemblés en Chine, l’expertise technologique belge parvient, elle, à s’insérer au cœur de la chaîne de valeur du géant chinois. Une belle démonstration de savoir-faire pour la microélectronique belge.
