En résumé:
- Ford et Volkswagen partagent le développement de certains utilitaires
- Le nouveau VW Transporter dérive directement du Ford Transit Custom
- La production de Hanovre est passée de plus de 200.000 véhicules à environ 113.500
- L’ID. Buzz ne suffit pas à compenser les volumes perdus
C’est un article paru dans le quotidien économique et financier de référence allemand le "Handelsblatt" qui soulève un problème crucial dans la branche utilitaire de Volkswagen. Sur le papier, la coopération conclue entre Volkswagen et Ford pour la paire Transit/Transporter avait tout d'une bonne affaire. Quelques années plus tard, le calcul se révèle pourtant moins fructueux pour Volkswagen: son site historique de Hanovre se retrouve désormais avec beaucoup trop de capacités et pas assez de véhicules à produire.
Mutualiser les coûts
L’accord entre VW et Ford pour produire une nouvelle génération de fourgon commun remonte à 2019 (époque Herbert Diess et Jim Hackett). Les deux groupes décident alors de partager le développement de plusieurs véhicules utilitaires. Le principe est connu : plutôt que d’investir chacun des milliards dans des modèles similaires, Ford et Volkswagen mutualisent leurs moyens.
Cette coopération a notamment donné naissance au nouveau Volkswagen Amarok, étroitement dérivé du Ford Ranger, ainsi qu’à la paire Caddy/Transit Connect. Mais aussi au nouveau Transporter, qui partage désormais sa base technique avec le Ford Transit Custom et n'est plus produit à Hanovre (mais en Turquie). En sens inverse, Ford utilise aussi la plateforme électrique MEB de Volkswagen pour certaines versions.

Hanovre a perdu son modèle de volume
Et c'est là que le bât blesse. Pendant des décennies, le Transporter a constitué l'un des piliers de l'usine Volkswagen de Hanovre. Le site continue bien d'assembler les Multivan, California et ID. Buzz, mais ces modèles ne suffisent pas à occuper les capacités disponibles. Les chiffres cités par le quotidien allemand résument la situation : en 2017, plus de 200.000 véhicules utilitaires sortaient encore des chaînes de Hanovre. En 2025, la production serait retombée à environ 113.500 exemplaires. Une différence qui rend l’outil beaucoup trop grand (lisez : cher) pour sa production actuelle, car les bâtiments, les installations, la maintenance ou encore une partie des coûts de personnel restent présents, quel que soit le nombre de véhicules qui quittent les chaînes.
Ce qui aboutit à un paradoxe. Volkswagen a économisé sur le développement et la production de certains véhicules, mais doit en parallèle supporter la sous-utilisation de ses propres installations.

L’ID. Buzz ne sauve pas les meubles
Volkswagen avait pourtant préparé une autre mission pour Hanovre. Avec l'ID. Buzz, l'usine historique du Bulli devait entrer de plain-pied dans l'ère électrique. Mais les volumes espérés pour le sympathique van électrique ne sont pas au rendez-vous.
Un peu plus de 60 000 ID. Buzz auraient été produits en 2025, alors que les projections internes formulées quelques années auparavant voyaient plus grand : au moins 100 000 unités par an… Dans la stratégie de VW, un modèle Audi devait également « remplir » l'usine de Hanovre, mais ce projet semble aujourd’hui retardé, si ce n'est abandonné.

Ford vend davantage de son jumeau technique
Selon les statistiques 2025 citées par le Handelsblatt, Ford a écoulé l’an dernier plus de 200.000 exemplaires "fourgons" du Transit, contre environ 120.000 pour Volkswagen (segment équivalent). Volkswagen invoque une inertie provoquée par le changement de génération (par rapport à la génération 6.1) ; plus généralement, Si Ford peine à vendre des voitures particulières, la marque à l’ovale jouit d’une forte réputation dans le domaine des utilitaires. Le nom Transit s’impose de plus en plus comme une référence dans le milieu.
Quel avenir pour les 12.000 salariés de Hanovre ?
Environ 12.000 personnes travaillent sur le site de Hanovre, dont l'avenir industriel s'invite désormais dans le chantier de restructuration du groupe Volkswagen. Le directeur financier de VW, Arno Antlitz, doit d'ailleurs venir s'adresser au personnel de l'usine à la fin de ce mois d'août. Rien n’est perdu, une stratégie commerciale pourrait booster la carrière du Transporter qui, dans l'absolu, reste l’un des meilleurs fourgons de son segment.


