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Essais courts / Essai Isuzu D-Max 2.2 Diesel (2026) : presque sans compromis

Rédigé par Frédéric Kevers le

Dans un paysage automobile belge où le segment du pick-up reste une niche aussi exigeante que disputée, Isuzu peaufine son fer de lance avec l'arrivée du D-Max 2.2 Diesel. Nous l'avons mis à l'épreuve sur la route... et en dehors.

Fidèle à sa réputation de constructeur centenaire spécialiste du véhicule à vocation utilitaire, la firme japonaise fait évoluer son modèle emblématique pour offrir encore plus de capacités de travail sans sacrifier le confort au quotidien. Pour prendre la mesure de cette mise à jour, nous avons mis le D-Max à l'épreuve sur les routes ardennaises, mais aussi — et surtout — dans des conditions réelles de franchissement au domaine tout-terrain de Bilstain (près de Limbourg).

Ce qui change : un cœur 2.2 MaxForce repensé Isuzu D-Max 2.2 Diesel

Au chapitre mécanique, le D-Max étrenne le tout nouveau bloc 4 cylindres turbo Diesel 2.2 MaxForce (RZ4F-TC), développé pour se conformer aux normes Euro 6e-bis. S'il développe une puissance de 163 ch (120 kW) à 3 600 tr/min, c'est surtout la disponibilité de sa force motrice qui impressionne : son couple grimpe à 400 Nm dès 1 600 tr/min et reste disponible sur une large plage de régime jusqu'à 2 400 tr/min (+40 Nm par rapport à la génération précédente). Ce gain s'explique par un nouveau turbocompresseur à géométrie variable (VGS) plus réactif et une chambre de combustion retravaillée, réduisant le claquement caractéristique du Diesel.

2026 Isuzu D-Max 2.2 Diesel

L'autre grande nouveauté réside dans l'adoption d'une boîte de vitesses automatique à 8 rapports, qui remplace l'ancienne transmission à 6 vitesses pour offrir un meilleur étagement et des passages plus doux. Cette dernière reste de mise pour la version simple cabine 2WD en finition de base.

En tout-terrain : un franchisseur redoutable Isuzu D-Max 2.2 Diesel

Mettre un pick-up à l'épreuve sur le relief accidenté du domaine de Bilstain (près de Limbourg) ne pardonne aucun faux pas. Dès les premiers obstacles, le D-Max démontre une compétence évidente en tout-terrain. La gestion de la motricité se montre particulièrement efficace grâce à l'apport du nouveau mode électronique Rough Terrain Mode, à la transmission intégrale enclenchable en roulant (Shift-on-the-fly 2WD/4WD) et aux rapports courts (4L), sélectionnés simplement via la molette située en bas à gauche de la console centrale. Pour les situations les plus critiques et les croisements de ponts prononcés, le blocage de différentiel arrière électronique (à enclencher à l'arrêt) vient verrouiller le train arrière pour assurer une traction infaillible.

2026 Isuzu D-Max 2.2 Diesel

Associé à des pneumatiques mixtes, le moteur 2.2 et ses 400 Nm disponibles très bas dans les tours emmènent le véhicule sur un filet de gaz, sans avoir besoin d'infliger d'inutiles surrégimes. Lorsque la pente se fait abrupte et vertigineuse au moment d'aborder une descente, le système d'aide à la descente Hill Descent Control (HDC) prend le relais : il gère le freinage roue par roue avec une précision remarquable et sécurise parfaitement les évolutions du véhicule.

2026 Isuzu D-Max 2.2 Diesel

Au chapitre des regrets en milieu hostile, on notera l'absence d'une caméra à « capot transparent », un équipement proposé chez certains concurrents qui permet de visualiser avec précision l'emplacement des roues avant pour éviter rochers et gros cailloux. De même, le rayon de braquage élevé (avec les vitesses courtes enclenchées) impose parfois de manœuvrer sur les sentiers et sous-bois les plus étroits. Enfin, la longueur totale imposante de l'engin nécessite de garder à l'esprit son porte-à-faux arrière et son attache-remorque au moment d'aborder une cuvette ou une rupture de pente marquée, sous peine de frottement.

Sur la route : un comportement sain et filtré Isuzu D-Max 2.2 Diesel

Une fois de retour sur route ouverte, le D-Max se rappelle à notre bon souvenir. S'il reste naturellement limité par son architecture traditionnelle à châssis en échelle et ses pneus mixtes, il offre un comportement dynamique très sain et se montre étonnamment confortable, même en évoluant à vide. La filtration de la suspension arrière indépendante est convaincante sur revêtement dégradé et le bloc 4 cylindres surprend agréablement par son acoustique : retravaillé, le moteur émet une sonorité beaucoup moins « agricole » qu'escompté. Certes, l'empreinte rocailleuse du Diesel demeure, mais l'insonorisation et l'absence de vibrations sont en net progrès.

2026 Isuzu D-Max 2.2 Diesel

Les performances s'avèrent largement suffisantes pour évoluer en toute sérénité dans le flux du trafic. Et après tout, rappelons qu'il s'agit d'un outil de travail pur et dur : sa charge utile dépasse systématiquement 1 tonne, quelle que soit la cabine choisie (Single Cab, Extended Cab ou Double Cab) — atteignant jusqu'à 1 190 kg sur certaines déclinaisons —, tandis que sa capacité de remorquage freiné culmine à 3 500 kg.

À bord, le confort des assises est au rendez-vous et l'habitabilité arrière de la version Double Cab se montre accueillante pour la famille. L'interface de l'écran central gagne nettement en ergonomie : l'ajout de raccourcis directs au bas de l'écran permet enfin de (dés)activer facilement et en un clic les alertes ADAS les plus horripilantes imposées par la réglementation, comme le maintien de voie ou l'alerte de survitesse.

2026 Isuzu D-Max 2.2 Diesel

Seul véritable grief sur la route : la boîte automatique à 8 rapports privilégie grandement la fluidité et la sobriété au détriment de la réactivité. En cas de besoin de reprise ou lors d'un kick-down pour dépasser, la boîte hésite et met du temps à tomber un ou deux rapports. Il convient donc de bien anticiper ses manœuvres de dépassement sur le réseau secondaire.

Gamme et tarifs en Belgique Isuzu D-Max 2.2 Diesel

Disponible en trois silhouettes (Single Cab 2 portes, Extended Cab 4 portes à portes antagonistes et Double Cab 4 portes), l'Isuzu D-Max propose une gamme structurée autour des finitions L, LS, LSX et LSE.

2026 Isuzu D-Max 2.2 Diesel

Les tarifs débutent à 33.525 € HTVA (40.565,25 € TVAC) pour une version Single Cab L 2x4 à boîte manuelle, et grimpent à 46.475 € HTVA (56.234,75 € TVAC) pour le sommet de gamme Double Cab LSE 4x4 automatique. À noter que la finition haute est généralement associée à des packs intégrant un couvre-benne (Roll-N-Lock ou Tonneau), le bedliner intérieur de benne et le système d'assistance à la fermeture du hayon (soft close).

Conclusion Isuzu D-Max 2.2 Diesel

Sans prétendre égaler un Ford Ranger en matière de raffinement de finition intérieure ou de confort dynamique sur (auto)route, l'Isuzu D-Max 2.2 Diesel confirme plus que jamais son pedigree d’outil de travail redoutablement efficace. Très compétent en tout-terrain, capable de tracter 3,5 tonnes sans broncher et bénéficiant d'une mécanique à la fois plus sobre et plus raffinée (pour un Diesel), il sait aussi se faire doux et prévenant pour les déplacements quotidiens ou les loisirs familiaux du week-end. Un choix pragmatique et compétitif pour les professionnels et passionnés de tout-terrain, qui le place en alternative crédible aux stars du marché que sont les Ford Ranger et Toyota Hilux.

On aime :

  • Capacités de franchissement et motricité (Rough Terrain Mode, 4L, blocage de différentiel)
  • Raccourcis faciles sur l'écran central pour couper les aides intrusives
  • Capacités d'emport (charge utile > 1 t) et de remorquage (3,5 t freinées)

On aime moins :

  • Lenteur de la boîte automatique au kick-down lors des dépassements
  • Absence de vision panoramique sous le capot (caméra tout-terrain)
  • Finition intérieure encore en deçà de certains rivaux (Ford Ranger)

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