Maserati et la Chine en bref:
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Stellantis discute actuellement avec Huawei et JAC
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Huawei pourrait fournir la technologie
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JAC pourrait prendre en charge l’ingénierie et la production
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Deux nouvelles Maserati électriques seraient à l’étude
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Maserati reste italienne pour l’instant
Associer Maserati à la Chine demande encore un temps d’adaptation. Pourtant, cette association pourrait bien dessiner l’avenir de la marque au trident. Stellantis n’envisagerait cependant pas de vendre Maserati à un constructeur chinois. La marque de luxe italienne se tournerait plutôt vers la technologie et les capacités de production chinoises pour ses prochains modèles.
1. Huawei pour la technologie, JAC pour la fabrication?
Début septembre 2026, Reuters a rapporté, en citant deux sources, que Stellantis discutait avec Huawei et le constructeur chinois JAC d’une collaboration industrielle à long terme pour Maserati. Aucun accord définitif n’a encore été conclu. Selon de nouvelles informations venues de Chine, le projet serait toutefois déjà bien avancé. CarNewsChina et le média chinois Auto Time évoquent deux nouvelles Maserati électriques: une grande GT et un SUV de taille moyenne à grande.
La coopération irait donc bien au-delà d’un simple apport technologique. Grâce à son écosystème HIMA, Huawei pourrait fournir une grande partie de l’architecture électronique, du système d’infodivertissement, du cockpit intelligent et des aides à la conduite Qiankun, voire certains éléments de la motorisation électrique. JAC prendrait en charge l’ingénierie et une large part de la production. Maserati apporterait son design, son nom, la mise au point des véhicules et son réseau de distribution international.
2. Une carrosserie chinoise, une finition italienne
Selon les informations publiées en Chine, les futures Maserati seraient en grande partie construites sur place. Leur caisse en blanc — la carrosserie brute, avant peinture et assemblage final — sortirait de l’usine JAC de Hefei. Les voitures seraient ensuite expédiées en Italie, où Maserati installerait notamment l’habitacle et assurerait la finition ainsi que les derniers réglages.
Plus surprenant encore, une même base technique pourrait donner naissance à deux modèles commercialisés sous des marques différentes. En Europe, au Moyen-Orient et sur d’autres marchés d’exportation, les voitures porteraient le nom Maserati. En Chine, elles pourraient être vendues sous la marque de luxe Maextro, développée conjointement par Huawei et JAC.
3. Maserati manque de temps
Cette stratégie peut sembler radicale, mais elle répond à une logique pour Stellantis. Développer à partir de zéro une plateforme électrique, des logiciels, des aides à la conduite et un système d’infodivertissement exige des milliards d’euros et, surtout, beaucoup de temps. Les constructeurs chinois ont progressé très rapidement dans ces domaines ces dernières années. Des projets comparables avec Leapmotor sont également en préparation.
Si Stellantis étudie des solutions aussi ambitieuses, c’est aussi en raison de la situation actuelle de Maserati, dont les ventes se sont effondrées ces dernières années. En 2017, la marque avait livré plus de 50.000 voitures; en 2025, moins de 8.000. Selon les derniers chiffres disponibles, elle a également enregistré cette année-là une perte opérationnelle ajustée de 198 millions d’euros, soit une marge de −27,3%. Une situation intenable en l'état.
4. Qu’est-ce qui fait encore d’une Maserati une... Maserati?
Ce sera sans doute la question la plus délicate pour Stellantis. Utiliser la technologie d’autres marques n’a rien de nouveau: au fil de son histoire, Maserati a fait appel à des composants de Citroën, de Ferrari, puis de FCA et de Stellantis. Aujourd’hui encore, le Grecale partage son architecture de base avec d’autres modèles du groupe. Confier à Huawei et JAC un rôle central dans l’électronique, la motorisation, l’ingénierie et la production représenterait toutefois un changement d’une tout autre ampleur.
5. La Chine, une bouée de sauvetage pour Maserati ?
Une telle collaboration ne serait pourtant pas nécessairement une mauvaise nouvelle. Maserati doit résoudre ses difficultés commerciales tout en affrontant Porsche, BMW, Mercedes, Ferrari et un nombre croissant de marques chinoises haut de gamme. Or, ses moyens de développement ne sont pas ceux des plus grands constructeurs.
Un partenariat avec Huawei et JAC pourrait lui donner rapidement accès à des motorisations électriques modernes, à des logiciels développés plus vite et à des aides à la conduite avancées, tout en limitant les coûts. Le véritable défi serait alors de faire de ces futures voitures électriques de véritables Maserati, fidèles à l’histoire de la marque au trident.
Illustration : Moniteur Automobile x Gemini
