Klaus Zellmer chez Volvo en résumé
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Le prix d'ambitions mal calibrées
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Un transfert qui fait mal à Wolfsburg
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Remettre du bon sens industriel
Décidément, la valse des décideurs dans le secteur automobile prend parfois des allures de comédie dramatique. Alors que Volvo pensait s'être offert un peu de sérénité en rappelant l'inusable Håkan Samuelsson au chevet de la marque en 2025 pour recadrer la stratégie, la maison-mère Geely prépare déjà la suite. Et l'heureux élu s'appelle Klaus Zellmer. L'actuel patron de Škoda — ex-homme fort de Porsche aux États-Unis — prendra les commandes de Göteborg au plus tard le 1er octobre 2027.
Mais que vient donc faire l'artisan du rouleau compresseur tchèque dans le maquis helvético-chinois de Volvo ? La réponse tient en un chiffre : 8,5 %. C’est la marge opérationnelle alignée par Škoda sur les six premiers mois de 2026. Pendant ce temps, englué dans ses choix d'électrification parfois dogmatiques, Volvo parvenait péniblement à dépasser les 3,5 %. Chez Škoda, Zellmer a prouvé qu'on pouvait vendre des électriques à succès (les SUV Elroq et Enyaq, en attendant les résultats des Epiq et Peaq) sans pour autant saborder les modèles thermiques et hybrides qui paient les factures. Exactement le remède de cheval dont a besoin une marque comme Volvo, contrainte l'an dernier de remiser au placard son ambition du « 100 % électrique en 2030 » pour réinjecter d'urgence de la technologie PHEV dans ses gammes XC60 et XC90.
1. Le prix d'ambitions mal calibrées
Pour comprendre ce transfert, il faut d'abord regarder le champ de ruines stratégique sur lequel Volvo tente de reconstruire son avenir. Aveuglée par des velléités de grandeur technologique et d'émancipation vis-à-vis de Geely, la marque de Göteborg a voulu développer ses propres architectures logicielles et systèmes ADAS en interne. Le résultat ? Un fiasco industriel. Le lancement du grand SUV EX90 — tout comme celui de son cousin le Polestar 3 — a été entaché de retards à répétition et de bugs abyssaux, entachant la réputation d'ingénierie de la maison.
Parallèlement, en faisant le pari dogmatique du « tout-SUV électrique » et en délaissant prématurément les silhouettes traditionnelles qui ont fait sa renommée — à commencer par ses emblématiques breaks —, Volvo s'est coupé d'une partie de sa clientèle historique tout en s'enfermant dans une impasse opérationnelle. Bilan des courses : des coûts de développement qui ont explosé pour des ventes en berne, obligeant la marque à corriger le tir en urgence en réinjectant de la technologie PHEV dans ses gammes XC60 et XC90.
2. Un transfert qui fait mal à Wolfsburg
C’est là qu'intervient le coup de théâtre de l'arrivée de Klaus Zellmer. Mais le voir quitter Škoda — indiscutablement la marque la plus en forme, la plus rentable et la plus cohérente du groupe Volkswagen — pour rejoindre le navire sino-suédois en dit très long sur le climat qui règne à Wolfsburg.
Que le patron de la « poule aux œufs d'or » du géant allemand préfère abandonner son navire amiral pour aller relever le défi Volvo prouve à quel point les problèmes structurels, la lourdeur managériale et la guerre des clans au sein du directoire de VW deviennent asphyxiants pour les grands dirigeants. Quand les meilleurs éléments commencent à fuir la maison-mère pour rejoindre des concurrents directs, c'est le signe que le malaise stratégique chez Volkswagen dépasse de loin la simple question de la transition énergétique.
3. Remettre du bon sens industriel
Entre l'intégration de plus en plus poussée des plateformes Geely et la rationalisation drastique des budgets de recherche, M. Zellmer ne vient pas à Göteborg pour faire de la poésie ou redessiner des marteaux de Thor. Il vient pour faire du chiffre, couper dans les projets logiciels pharaoniques et remettre un peu de bon sens industriel dans une marque qui s'est parfois vue plus verte et plus indépendante qu'elle ne l'était.
Reste à savoir si l'esprit tchèque du « Simply Clever » survivra au rouleau compresseur de la rentabilité sino-suédoise.
