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Industrie et économie / 2020, annus horribilis pour l’industrie automobile ?

Rédigé par Tony Verhelle le 24-03-2020

Jusque tout récemment, la crainte majeure des leaders du monde de l’automobile se nommait CO2. Aujourd’hui, une nouvelle angoisse bouscule tout sur son passage : le Covid-19.

Pour 2020, il faut bien s’attendre  à une annus horribilis pour le monde de l’automobile. Les amendes tant redoutées pour cause de dépassement de la moyenne de rejets de CO2 , imposée à 95 g/km, ne seront finalement pas si salées que cela. Pourquoi ? À cause de la chute des ventes d’automobiles neuves enregistrée dans la foulée de l’émergence du coronavirus !

D’Est…

La baisse des ventes de voitures neuves suit plus ou moins le même cheminement que le coronavirus lui-même. Tout débute donc en Chine où ce satané virus entraîne les ventes dans les abysses commerciales, chutant jusqu’à 95% dans certaines régions par rapport à l’année précédente, pour une même période donnée. Un à un, les sites de production stoppent toute activité, le pays plongeant, pour majeure partie, en mode lockdown. À première vue, la réactivité chinoise porte ses fruits puisque, aujourd’hui, les usines repartent de plus belle, les Chinois étant autorisés à goûter à nouveau aux plaisirs de la liberté… et du travail.

Au ralenti

Pas si vite papillon !  Les autorités chinoises restent en effet sur le qui-vive, prêtes à repasser en confinement général en cas de « seconde vague » de Covid-19, qui pourrait être importée cette fois de l’étranger. Du coup, les frontières de l’atelier du monde restent en grande partie fermées. Un schéma observé dans d’autres pays asiatiques, Corée du sud et Japon en tête, où là aussi des décisions rapides et strictes démontrent leur utilité. Un « succès » chinois relatif, à analyser sous le prisme de deux facteurs : les organisations très autoritaires (en particulier celle de la Chine et, dans une moindre mesure, Singapour) de ce côté du monde et, aussi et surtout cette fameuse autodiscipline typiquement asiatique. Deux éléments clés qui semblent faire défaut en Occident, où les mesures de confinement restent « gentilles » par rapport à ce qu’elles ont été en Chine.

… en Ouest

Une rigueur ou en tout cas une réactivité qui a sans doute manqué en Italie, d’où une escalade de gens contaminés et, malheureusement, tant de morts à décompter, chaque jour. D’où ce côté abrupt des décisions de confinement prises en catastrophe… Ne blâmons pas l’Italie, d’autres pays du Vieux-Continent encaissent de la même manière, mettant en évidence l’absence de pouvoir Européen en matière de santé publique et donc l’impossibilité d’adopter une approche commune et une coordination mûrement réfléchie… À l’heure d’écrire ces lignes, on ne sait pas encore jusqu’où ce virus peut aller qui, entre-temps, a également traversé l'océan avec aisance. Les Américains aussi commencent à comprendre ce que leur approche timide pourrait leur coûter...

Lockdown

Initialement, le mouvement des fermetures d’usines démarre en Chine, mais en raison de la stratégie du just-in-time prônée par la majorité des constructeurs automobiles partout dans le monde, nos usines, rapidement en manque de pièces détachées, suivent comme dans un jeu de dominos. Il y a une dizaine de jours, PSA compte parmi les premiers, suivi par FCA et les usines belges. Peu à peu, c’est aussi toute l’industrie allemande qui se met en veille et cette semaine, c’est le tour des sites américains, mexicains et même indiens. En résumé, là où des voitures sont assemblées, le Corona frappe et met K.O. Pour combien de temps encore ? Apportez moi une boule de cristal…

Quelle sera la note ?

Les analystes cyniques pourraient estimer que grâce au Corona, les constructeurs seront épargnés par les lourdes amendes CO2, mais si cela est vrai, cela ne compensera jamais les pertes en chiffre d’affaire. La dernière grande crise a avoir secoué le marché automobile européen (qui ne s’en est remis que très lentement) est bien sûr la déroute de 2008/2009 (la crise bancaire), lors de laquelle le marché européen s’est globalement contracté de
11 %. Aujourd’hui, selon l'agence de notation allemande Scope Ratings, le marché européen sera le plus touché par la crise du Covid-19 et l’agence estime une baisse des ventes totales de voitures de 20 %, voire plus. Cela signifie le double de la baisse prévue en Chine (-10%) et de celle touchant le marché nord-américain (-9%).

Mesures drastiques

Rien qu’en Allemagne, plus de 800.000 personnes travaillent directement dans le secteur de l’industrie automobile. En France, on en dénombre plus de 400.000. Dans le sud du continent et du côté des pays de l’Est, des centaines de milliers de collaborateurs sont concernés.

Nationalisation

Il va de soi que tous les gouvernements, pays par pays, mais aussi au niveau européen, promettent d’aider les constructeurs automobiles, ce qui est presque un comble après les avoir tant honnis. Les pouvoirs s’apprêtent à jongler avec les milliards pour assister tout ce petit monde (l’UE fait face d’abord à un problème économique avant un problème sanitaire), mais plus la situation s’aggravera, plus des mesures drastiques seront prises.
Et visiblement, il n’y a plus de tabous. Prenons pour exemple cette récente rencontre entre le Ministre français de l’économie, Bruno Le Maire et les deux grands patrons du secteur, deux représentants de sociétés dans lesquelles l’État français est actionnaire : Carlos Tavares, CEO de PSA et Jean-Dominique Senard, Président de Renault. Bruno Le Maire a répété qu’il fera tout pour sauver ces entreprises, n’hésitant pas à déclarer : « s’il devient nécessaire de nationaliser ces deux fleurons de l’industrie française, nous n’hésiterons pas. »

Pour qui se sentirait déjà comme « dos au mur », soulignons que, en 2009, le Président Obama débloquait 65 milliards de dollars afin de sauver GM et (encore alors) Chrysler et que ces (ex-)géants de l’automobile américaine devenaient, pour un moment, propriété des USA.  « La chance peut tourner », disait le poète. Une période riche en bouleversements nous attend.

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