«Nous avons déjà abordé le sujet il y a quelques mois mais les développements récents nous incitent à y revenir. En effet, après l’annonce de la création de cette nouvelle taxe par le gouvernement, un certain nombre de fonctionnaires avaient mis en exergue les difficultés de mise en pratique d’une telle mesure, sans parler de leur coût. Ce sont des considérations bassement matérielles qui agacent un gouvernement et qui le fait s’entêter: de plus, il vaut mieux gaspiller l’argent des contribuables plutôt que de perdre la face. (...) Toujours est-il que, malgré les protestations diverses et les mises en garde de citoyens fort modérés, nous nous dirigeons vers l’application d’une mesure vexatoire et injuste, tout cela parce que nos ministres sont incapables de réduire les dépenses publiques et qu’ils ne peuvent s’empêcher de céder à la facilité d’aller puiser dans la poche des automobilistes, les sous qu’ils distribuent allègrement sous forme de subsides divers. La colère gronde chez les contribuables belges: faudra-t-il attendre qu’ils se rebellent ouvertement (...)? Ceci sera une autre histoire, mais en attendant, le gouvernement agit avec inconscience dans un domaine qui ne se résume pas sous la forme de francs et centimes: celui de la sécurité. Il est établi que la sécurité sur autoroutes est fort supérieure à celle qu’on enregistre sur routes ordinaires et en ville. La taxe autoroutière va avoir pour conséquence qu’une série de citoyens, notamment les moins fortunés, choisiront, comme c’est leur droit, de ne pas faire ce sacrifice supplémentaire et de ne plus emprunter les autoroutes. Il y aura donc des morts et des blessés en plus sur nos routes parce que des ministres sans courage et sans aucun sens de leurs responsabilités auront choisi un moyen stupide et antisocial de faire rentrer encore plus d’argent dans les caisses de l’État. Cela est franchement inacceptable.»
Ceci n’est pas mon édito, mais... j’aurais pu l’écrire. Il est le fait de Chris Ross, le pseudonyme de Christian Rousseaux, l’ex-propriétaire et patron du Moniteur Automobile qui nous a quitté en 2021. Il l’avait écrit dans un numéro d’octobre... 1979. Ne dit-on pas que l’Histoire est un éternel recommencement?
