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Premier essai / Mazda CX-6e (2026): droit au but?

Rédigé par Steven Appelmans le

La Mazda 6e avait réalisé une belle passe décisive. C’est désormais au Mazda CX-6e de transformer l’essai. Sur notre marché, un SUV électrique semble en effet avoir davantage de chances de rencontrer le succès. Reste à savoir si ce nouveau modèle Mazda parviendra réellement à faire trembler les filets. Le Moniteur Automobile a essayé le Mazda CX-6e.

Nous l’avons déjà souvent répété: l’avenir de l’automobile sera électrique. Cela ne signifie pas pour autant qu’il faille constamment réinventer la roue. C’est précisément pour cette raison que Mazda s’est tourné, il y a quelques années, vers le chinois Changan, son partenaire au sein d’une coentreprise.

Dès 2017, le géant chinois avait en effet décidé de ne plus développer que des modèles électrifiés, avec ou sans moteur thermique en complément. Depuis, ses différentes marques lui ont permis de constituer une gamme électrique particulièrement riche. Parmi ces modèles figure la Deepal L07, une berline électrique aux lignes sportives. Mazda n’avait plus qu’à y apposer son logo… Et voilà comment est née la Mazda 6e.

Mazda CX-6e: un design européen

L’histoire de la Mazda CX-6e est assez similaire. Cette fois, c’est le SUV électrique Deepal S07 qui a servi de base, même si cette filiation est nettement moins évidente au premier regard. Alors que les feux arrière de la Mazda 6e trahissent encore leur parenté avec ceux de la L07, l’empreinte de Deepal a pratiquement disparu des lignes de la CX-6e. Seul le dessin du montant arrière révèle encore les véritables origines du nouveau SUV électrique de Mazda.

2026 Mazda CX-6e

Jo Stenuit, designer belge et figure de longue date du style Mazda, a demandé à son équipe de repousser les limites du langage stylistique Kodo. Avec succès, peut-on affirmer. Les goûts et les couleurs ne se discutent pas, certes, mais difficile d’imaginer que le design du Mazda CX-6e puisse laisser indifférent. La face avant typique de Mazda, les blocs optiques effilés à l’avant comme à l’arrière et la silhouette fluide s’assemblent avec une harmonie remarquable.

Cette élégance est encore renforcée sur la finition Takumi Plus, qui reçoit de série des rétros numériques et de grandes jantes de 21'', contre 19 sur la version Takumi. Le design ne se contente de surcroît pas d’être séduisant: il dissimule aussi efficacement les dimensions généreuses du Mazda CX-6e. Avec 4,90 m de long, 1,90 m de large et 1,60 m de haut, ce SUV électrique affiche un gabarit imposant. Il vient se positionner entre les Mazda CX-5 et CX-80, preuve que sa dénomination peut être trompeuse.

Mazda CX-6e: bienvenue à bord

L’empattement est lui aussi généreux: 2,90 m exactement. De quoi offrir suffisamment d’espace à tous les passagers, même aux plus grands. La ligne de toit, plus basse que celle du CX-5, pourrait laisser craindre une garde au toit limitée. Dans la pratique, l’inclinaison légèrement plus prononcée des dossiers et le toit panoramique qui se prolonge jusqu’aux places arrière permettent de préserver une belle sensation d’espace. L’habitacle se montre en tout cas plus spacieux que celui de la Mazda 6e.

Ce constat vaut également pour le coffre du Mazda CX-6e. Pas tellement en matière de volume, puisque ses 468 litres ne représentent qu’un léger gain par rapport à la berline, mais surtout sur le plan pratique. Sa forme rectangulaire, son ouverture plus haute et son seuil de chargement abaissé facilitent aussi bien le rangement que la manipulation des bagages.

L’espace disponible sous le plancher du coffre est en revanche très limité. Pour ranger les câbles de recharge, il faudra donc soit commander le bac proposé en accessoire et installé sous le cache-bagages rétractable, soit utiliser le coffre avant (frunk) de 80 litres.

Il est temps de prendre place à bord du Mazda CX-6e. Comme dans la Mazda 6e, l’habitacle séduit d’emblée par la qualité de sa finition et le sérieux des matériaux employés. Tout n’est cependant pas parfait.

Premier point à connaître: sur la finition Takumi Plus, l’intérieur adopte systématiquement une combinaison de violet et de blanc. Une ambiance qui ne s’accorde pas avec toutes les teintes de carrosserie. Mieux vaut donc être daltonien… 

2026 Mazda CX-6e

Autre particularité – et, à nos yeux, la principale raison de préférer la finition Takumi –, le CX-6e Takumi Plus est toujours équipé de rétros numériques. Une solution qui marque en l'occurrence un net recul par rapport aux rétroviseurs classiques. Leurs écrans sont installés trop bas: dès que vous posez le coude sur la portière, une partie de l’affichage disparaît, tandis que l’absence de perception de la profondeur complique également l’estimation de la distance qui vous sépare des véhicules suiveurs.

Nous préférons donc sacrifier quelques kilomètres d’autonomie – ces caméras améliorent parait-il légèrement l’aérodynamisme – plutôt que de conduire constamment les mains moites sous l’effet du stress.

Mazda CX-6e: un écran vraiment démesuré

Le système d’infodivertissement du Mazda CX-6e exige lui aussi un temps d’adaptation. Fidèle aux habitudes des voitures chinoises – car, oui, Mazda partage une grande partie de l’électronique et du logiciel avec Deepal –, il concentre presque toutes les commandes sur l’écran tactile.

Et quel écran! Avec une diagonale de 26'', cette immense dalle s’étend jusque devant le passager avant. Ce choix est évidemment volontaire, puisque cette partie de l’écran doit faire office de centre de divertissement.

2026 Mazda CX-6e

Malheureusement, en l’absence provisoire de services de streaming intégrés, la zone réservée au passager ne fait pour l’instant que reproduire les informations déjà affichées au centre. Un dispositif spectaculaire, certes, mais à l'intérêt encore franchement discutable.

Ce constat vaut également pour les nombreux réglages des fonctions essentielles et des équipements de confort car il faut prévoir un temps d’apprentissage avant de maîtriser les multiples onglets et icônes du système multimédia.

À propos des doigts: comme chez BMW, certaines fonctions du Mazda CX-6e peuvent être commandées par des gestes de la main. Dans la pratique, le système ne les reconnaît toutefois pas toujours correctement. Même remarque pour la commande vocale. Il faut dire que nous attendons encore de découvrir un modèle chinois capable d’exécuter rapidement et sans hésitation toutes nos instructions orales.

Heureusement, Android Auto et Apple CarPlay fonctionnent sans fil. Ces interfaces devraient donc être largement privilégiées au quotidien. Des raccourcis pratiques, accessibles en balayant l’écran vers le bas, permettent également de désactiver rapidement les aides à la conduite les plus intrusives et leurs alertes sonores. Une solution désormais courante sur la plupart des voitures électriques chinoises.

Batterie et autonomie du Mazda CX-6e: des valeurs raisonnables

La batterie de 78 kWh logée dans le plancher s’inscrit elle aussi dans une certaine normalité. Elle utilise une chimie lithium-fer-phosphate (LFP), qui permet de la recharger régulièrement à 100% tout en promettant une stabilité thermique accrue et une meilleure longévité.

En contrepartie, sa densité énergétique reste inférieure à celle d’une batterie nickel-manganèse-cobalt (NMC). Concrètement, l’autonomie WLTP de 484 kilomètres et la puissance de recharge rapide de 200 kW sont loin d’établir de nouveaux records dans la catégorie des SUV électriques. Ces performances restent néanmoins tout à fait honorables, et Mazda n’a aucune raison d’en rougir.

2026 Mazda CX-6e

Premièrement, parce que l’autonomie annoncée se vérifie dans la pratique. Selon le cycle WLTP, la consommation moyenne du Mazda CX-6e oscille entre 18,9 et 19,4 kWh/100 km. Des valeurs qu’il est tout à fait possible de reproduire au quotidien, à condition de ne pas abuser des vitesses élevées sur autoroute.

Deuxièmement, lorsque la batterie atteint 10%, la recharge rapide de 200 kW permet de remonter jusqu’à 80% en 24 minutes. Si le temps presse moins, le chargeur embarqué triphasé de 11 kW de série assure également des performances dans la moyenne sur une borne en courant alternatif.

Performances du Mazda CX-6e: une puissance un peu juste

C’est du côté de la motorisation que nous aurions apprécié davantage de puissance. Selon les standards actuels, les 258 ch et 290 Nm fournis par le moteur synchrone à aimants permanents installé sur l’essieu arrière paraissent plutôt modestes. D’autant que cette mécanique doit déplacer quelque 2,2 tonnes. Les performances ne sont donc pas aussi dynamiques que le design du Mazda CX-6e pourrait le laisser espérer.

Ce n’est toutefois pas forcément un problème. Mazda vise avant tout en effet une clientèle familiale, dont les priorités sont ailleurs. Le confort de suspension, par exemple, figure en bonne place – et le CX-6e répond présent sur ce point. À condition d’apprécier un amortissement à l’allemande, plutôt ferme et rigoureux.

Comme pour le design, la division européenne de Mazda a pu apporter sa propre touche à la mise au point du châssis, composé de pseudo McPherson à l’avant et d’un essieu multibras à l’arrière.

2026 Mazda CX-6e

Le résultat est un amortissement assez ferme, sans pour autant malmener les vertèbres . Notre essai révèle toutefois que la finition Takumi et ses jantes de 19'' se montrent légèrement plus conciliantes que la Takumi Plus, équipée de 21''. Les flancs de pneus plus généreux constituent d’ailleurs le seul moyen d’améliorer le confort de suspension, puisque le Mazda CX-6e ne propose ni amortisseurs adaptatifs ni suspension pneumatique.

En contrepartie, l’absence de mouvements de caisse prononcés profite à la stabilité. Comme on peut l’attendre d’une Mazda, ce SUV électrique affiche un comportement routier et une précision de conduite supérieurs à la moyenne. Il est donc d’autant plus regrettable de ne pas disposer de quelques chevaux supplémentaires sous le pied droit.

Prix du Mazda CX-6e: un tarif à la chinoise

Cette puissance relativement modeste sera toutefois vite pardonnée lorsque le concessionnaire vous présentera la facture. Le prix du Mazda CX-6e débute en effet à 46.290 €. La finition Takumi Plus est proposée à partir de 49.290 €, soit toujours moins de 50.000 €. 

Conclusion de notre essai du Mazda CX-6e

À défaut d’être le plus fort ou d'occuper le terrain en premier, mieux vaut être malin. Mazda semble avoir parfaitement assimilé cet adage. Grâce à son style immédiatement reconnaissable, le CX-6e ne pousse guère ses clients à s’interroger sur les origines chinoises de sa technologie. Son public peut ainsi se concentrer sur l’essentiel: un équipement luxueux, une belle polyvalence et, surtout, un rapport prix-prestations difficile à battre. Un tir en pleine lucarne.

 

 

Dans cet article : Mazda, Mazda CX-6e

Journaliste AutoGids/AutoWereld

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