- Avis Rédaction 15.30 /20
À l’usage, «notre» Q3 était équipé de la suspension adaptative faisant appel à des amortisseurs pilotés à double valve, l’électronique gérant en continu tant la compression que la détente. Cela permet de mieux différencier que par le passé les modes de conduite de l’Audi Drive Select et d’élargir le spectre des réglages possibles. Les versions traction ainsi équipées proposent donc les modes Balanced (qui remplace l’ancien Auto), Dynamic, Comfort et Efficiency, les quattro y ajoutant un mode Off-road. Cette option fait partie du pack Dynamic proposé à 860 €, lequel intègre par ailleurs la suspension Sport, les étriers de freins rouges ainsi qu’un «actionneur sonore pour générer le son du moteur dans l’habitacle». Cette dernière fonctionnalité pourrait se comprendre avec un 6-cylindres chantant, mais en l’occurrence, avec ce 4-cylindres, elle prête à sourire. Mais c’est le prix à payer pour bénéficier de la suspension pilotée Audi Drive Select. Du coup, on lui pardonne, parce que cette suspension apparaît remarquable dans son fonctionnement, parvenant à un niveau de filtrage étonnant des petites aspérités malgré les jantes de 19’’ montées sur notre exemplaire d’essai, tout en offrant un maintien de caisse satisfaisant, sans raideur excessive quand le rythme augmente. Franchement, s’il n’y avait qu’une seule option à conseiller, ce serait sans doute celle-là, d’autant que son prix apparaît modique par rapport au prix de départ, exactement le même, soit dit en passant, que chez Volkswagen. Ainsi équipé, ce Q3 semble presque sous-motorisé tant ses aptitudes routières sont de qualité. Certes, il n’est jamais véritablement sportif ni même dynamique, mais il est constamment agréable et confortable à conduire, à peu près quel que soit le rythme. Bien sûr, poussé dans ses retranchements, il porte le train avant à saturation et se désunit un peu, mais il faut presque le faire exprès. Dans tous les autres cas d’utilisation «normale», il est parfaitement cohérent et compétent, la direction (dont la crémaillère à pas variable permet un centrage serein et une vivacité accrue lors des grands angles de braquage, sans jamais entraîner une quelconque instabilité) participant à ce bon bilan par son feeling et sa précision. C’est plutôt ce petit 1.5 litre micro-hybridé qui fait un peu office de contrepied à ce flot de louanges. Il est en effet un peu à la peine, peu aidé par l’électrique pour déplacer une masse qui, dans le cas présent, dépasse 1,7 tonne (d’après le Certificat de Conformité), peu généreux en couple et volontiers sonore. Pour gagner en agrément «mécanique , il faudra sans doute monter à la version TFSI 204 ch ou se tourner vers… le Diesel. Cela dit, ne dramatisons pas; en usage raisonnable, au quotidien, il assume, mais sans entrain. Il fait le job, mais sans enthousiasme… Le châssis mérite en tout cas mieux.