Au sommaire de cet article :
- Le classement des réseaux les plus dégradés
- La Belgique au milieu du gué
- Les bons élèves du Vieux Continent
- L'impact direct sur la sécurité et le portefeuille
1. Le classement des réseaux les plus dégradés
Selon les données compilées par les instituts de sécurité routière et le Forum Économique Mondial, l'Europe de l'Est et certains pays du Sud paient le plus lourd tribut à un manque chronique d'investissements.
La Roumanie et la Bulgarie ferment la marche, suivies de près par la Grèce et Malte. Sur ces réseaux, le taux de mortalité routière reste directement corrélé à la piètre qualité de l'asphalte : on y enregistre jusqu'à 82 décès par million d'habitants, contre une moyenne européenne de 46.
Le bonnet d'âne européen (Note sur 7 selon l'indice de qualité des routes) :
- Roumanie : 3,0 / 7 (Plus de 35 % du réseau secondaire jugé "critique")
- Malte : 3,3 / 7
- Bulgarie : 3,4 / 7
- Lettonie : 3,8 / 7
- République Tchèque : 3,9 / 7
2. La Belgique au milieu du gué
Pour les automobilistes belges, le constat n'est pas une surprise mais une confirmation scientifique. Bien que la Belgique dispose d'un des réseaux les plus denses au monde, l'état de ses routes nationales et communales la place dans la seconde moitié du tableau européen, à la 16e place sur 27.
Le fameux "choc thermique et sonore" au passage de la frontière hollandaise reste une réalité : les budgets de réfection peinent à résorber un déficit de maintenance estimé à plus de 2 milliards d'euros sur l'ensemble du territoire national (Wallonie et Flandre confondues).
Toutefois, en plus de la qualité du réseau routier, cette étude évalue le niveau de stress de la route en combinant la qualité des infrastructures à la densité du trafic (nombre de voitures par 1000 habitants). Sur ce point, notre pays s’en sort avec une note de 49,72 %, à égalité parfaite avec la France qui obtient pourtant un score de 5,4 / 7 pour la qualité de ses routes mais présente un plus grand nombre de voitures pour 1000 habitants : 579 contre 513 pour la Belgique. Le meilleur de la classe étant la Suède avec 19,18 % (5,3 / 7 pour la qualité du réseau et 470 voitures pour 1000 habitants) tandis que le bonnet d’âne revient à la Pologne avec 99,43 % (4,3 / 7 et 629 respectivement).
3. Les bons élèves du Vieux Continent
À l'autre bout du spectre, les pays d'Europe du Nord et les nations alpines continuent de faire la course en tête grâce à des politiques de maintenance préventive strictes. Les Pays-Bas et la Suisse s'installent confortablement sur le podium.
En moyenne, ces pays réinvestissent chaque année jusqu'à 2,5 % de la valeur de leur PIB directement dans l'entretien des infrastructures, contre à peine 0,8 % dans les pays du bas de classement.
Le Top 4 des meilleurs réseaux routiers d'Europe :
- Pays-Bas : 6,4 / 7 (Indice de satisfaction des usagers à 92 %)
- Suisse : 6,3 / 7
- Portugal et Autriche : 6,0 / 7
- Espagne : 5,7 / 7
4. L'impact direct sur la sécurité et le portefeuille
Au-delà du simple inconfort, cette disparité européenne a un coût direct pour les usagers. Les infrastructures dégradées sont aujourd'hui impliquées comme facteur principal ou aggravant dans 12 % des accidents mortels en Europe.
Pour le portefeuille, la facture est tout aussi salée : les compagnies d'assurance estiment qu'un réseau routier en mauvais état engendre une hausse moyenne de 210 € par an et par véhicule en réparations évitables (bris de suspension, pneus éclatés et jantes voilées).
