C’est une nouvelle qui ravira les puristes et les amateurs de nobles mécaniques. Lors d’un entretien accordé à nos confrères d’Automotive News, Frank Weber, responsable du développement chez BMW, a été très clair : le V8 n'est pas près de prendre sa retraite. Si le V12 a définitivement tiré sa révérence chez la marque à l'hélice (hors Rolls-Royce), essentiellement pour des raisons de difficultés à le mettre en conformité avec les normes environnementales, le 8-cylindres reste un pilier stratégique pour la gamme.
L’irremplaçable «onctuosité»
Pour BMW, la question n’est pas uniquement une affaire de performances pures. Frank Weber souligne que, si un 6-cylindres en ligne hybride peut aujourd’hui égaler un V8 en termes d'accélérations, il ne peut pas reproduire son caractère unique. « Il y a des marchés, comme les États-Unis et le Moyen-Orient, où l'on ne remplace pas un V8 par un 6-cylindres hybride », explique-t-il. Au-delà des chiffres, c’est l’onctuosité, la sonorité et le «feeling» moteur que les clients de ces régions continuent de plébisciter.
Une stratégie multi-énergies payante
Cette annonce s'inscrit dans la stratégie «Power of Choice» de BMW, qui consiste à proposer simultanément des motorisations thermiques, hybrides et 100 % électriques (comme avec la future plateforme Neue Klasse). Aux États-Unis, où BMW a enregistré des ventes records en 2025, la demande pour les gros SUV (X5, X6, X7) et les modèles de la division M ne faiblit pas.
Et pour l’Europe ?
Si le V8 survit, son avenir sur le Vieux Continent reste plus incertain. Les normes d'émissions de plus en plus strictes (Euro 7) obligent le constructeur bavarois à électrifier massivement ses blocs. Le récent V8 4,4 litres «S68» intègre déjà une hybridation légère ou rechargeable (comme sur la nouvelle M5 ou le XM) pour limiter son impact environnemental tout en conservant ses caractéristiques intrinsèques.
En somme, si l'ère du tout thermique touche à sa fin en Europe, BMW refuse de tourner le dos à ses moteurs les plus emblématiques tant que la demande mondiale justifie leur production. Le V8 bavarois a donc encore quelques belles années devant lui, même s'il devra de plus en plus souvent composer avec une batterie.