Le Xiaomi Titan Alloy 2.0 en résumé
- Aluminium 100 % recyclé pour les éléments structurels produits par gigacasting
- Émissions de 1,1 kg CO2e par kg de matériau, selon une vérification externe
- Important pour l’Europe, même si le CBAM ne s’applique pas encore directement aux voitures complètes
1. Pourquoi c’est important pour l’Europe
Xiaomi ne vend pas encore officiellement ses voitures en Europe, mais la marque chinoise a déjà indiqué qu’elle voulait arriver sur le marché européen des voitures électriques en 2027. Elle devra alors concurrencer les autres constructeurs non seulement sur le prix, l’autonomie et la technologie, mais aussi sur l’empreinte écologique de sa production.
C’est pourquoi le Titan Alloy 2.0 est plus qu’une simple nouveauté matérielle. Les grandes pièces structurelles en aluminium coulé, comme un plancher arrière, influencent à la fois les coûts, le poids et l’impact CO2 d’une voiture électrique. Si Xiaomi peut effectivement utiliser de l’aluminium entièrement recyclé pour ces éléments, cela devient un argument sur un marché où les émissions sur l’ensemble du cycle de vie comptent de plus en plus.
Le contexte européen est toutefois un peu plus nuancé qu’on ne le présente parfois. Le Carbon Border Adjustment Mechanism, ou CBAM, s’applique aujourd’hui d’abord à l’aluminium, à l’acier, au ciment, aux engrais, à l’électricité et à l’hydrogène, notamment. Les voitures complètes ne figurent actuellement pas directement dans cette liste, même si l’impact CO2 des matériaux pourrait devenir indirectement plus important pour les constructeurs automobiles et leurs fournisseurs.
2. Ce que fait exactement le Titan Alloy 2.0
Le Titan Alloy 2.0 est un alliage d’aluminium développé par Xiaomi et entièrement composé d’aluminium recyclé, notamment à partir de canettes de boisson. Il est utilisé en série pour des éléments de plancher arrière intégrés et coulés sur de nouveaux modèles SU7 et YU7. La valeur CO2 annoncée est de 1,1 kg CO2e par kilogramme de matériau. Cela représenterait environ 93 % de moins qu’un aluminium primaire classique.
Ces chiffres auraient été calculés de manière indépendante par l’institut suédois IVL Swedish Environmental Research Institute et enregistrés via le système international EPD. L’aspect structurel est également important. Xiaomi affirme que l’alliage a été validé pour des pièces porteuses, avec des contrôles des propriétés mécaniques, du comportement en déformation et de la qualité interne par rayons X. Ce dernier point est essentiel, car le gigacasting remplace de nombreuses pièces soudées séparées par une seule grande pièce coulée. Un défaut dans un tel élément devient donc immédiatement un gros défaut.
3. Du gigacasting à des coûts de production plus bas
Xiaomi travaille déjà depuis un certain temps avec de grandes pièces coulées. Sur la SU7, la marque utilisait une structure arrière intégrée coulée, remplaçant des dizaines de pièces et des centaines de points de soudure par un seul grand élément structurel. Pour le premier Titan Alloy de Xiaomi, il était auparavant question d’environ 40 % d’aluminium recyclé ; avec le Titan Alloy 2.0, la nouvelle revendication passe à 100 %.
L’avantage est clair : moins de pièces, moins de soudure, des coûts de production potentiellement plus bas et une empreinte matérielle réduite. L’inconvénient, c’est que de si grandes pièces coulées peuvent compliquer les réparations en cas de gros dommage, puisqu’il n’est pas possible de remplacer simplement une petite partie.
Xiaomi affirme que l’utilisation du Titan Alloy 2.0 permettrait d’économiser environ 800 kg de CO2 par voiture. Avec un volume annuel de 550.000 voitures, cela représenterait environ 450.000 tonnes de CO2 par an. Il s’agit de chiffres constructeur, qui restent donc dépendants de la méthode de calcul utilisée, mais ils montrent bien la direction prise par l’industrie : il ne suffit plus de rendre la batterie et la chaîne de traction plus propres, il faut aussi assainir la manière dont la voiture est construite.
