Le brevet Stellantis en bref:
- Une batterie sur roulettes et un moteur secondaire
- Un atout stratégique pour les véhicules utilitaires (VUL)
- Révolution pratique ou usine à gaz?
Alors que les temps de recharge rapide continuent de diminuer, la pause obligatoire à la borne reste une contrainte majeure pour les automobilistes, à plus forte raison dans le cadre d'un usage professionnel du véhicule. Le concept d'échange de batterie (battery swapping), popularisé par le constructeur chinois Nio, propose une alternative séduisante: remplacer une batterie vide par une pleine en trois minutes. Le groupe Stellantis pousse aujourd'hui la réflexion encore plus loin avec un concept breveté particulièrement audacieux.
1. Une batterie sur roulettes et un moteur secondaire
Le brevet déposé par le groupe multimarque décrit un système où la batterie principale ne fait plus partie intégrante et fixe du châssis. Installée sous le plancher, cette batterie est montée sur un sous-châssis articulé et doté de ses propres roues. Lors d'un passage en station d'échange, le pack vide peut se désolidariser du véhicule et «rouler» hors du châssis pendant qu'une batterie chargée prend sa place.

Mais l'aspect le plus surprenant du brevet réside dans la mobilité du véhicule lorsque la batterie principale est retirée. Stellantis imagine équiper l'engin d'une petite batterie auxiliaire ou d'un générateur embarqué (mais, dans ce cas, le véhicule serait-il encore considéré comme 100% électrique d’un point de vue fiscal?), lui permettant de se déplacer sur de courtes distances — par exemple pour manœuvrer ou dégager la station d'échange — même sans son gros pack de batteries sous le plancher!
2. Un atout stratégique pour les véhicules utilitaires (VUL)
Si la technologie intrigue pour les voitures particulières, elle prendrait tout son sens sur le marché des véhicules utilitaires légers (VUL), un secteur capital où Stellantis occupe une position de leader incontesté (Peugeot Partner/Expert, Citroën Berlingo/Jumpy, Fiat Doblo/Ducato, Opel Combo/Vivaro).
Pour les flottes d'entreprises, les livreurs du «dernier kilomètre» et les artisans, chaque minute d'immobilisation à une borne de recharge représente une perte financière directe. Un tel système d'échange rapide permettrait aux utilitaires électriques de tourner pratiquement 24 h/24 sans dépendre de longues recharges.

De plus, cela offrirait la possibilité de moduler la taille du pack selon les besoins du jour: une petite batterie légère pour les tournées urbaines afin de maximiser la charge utile, et un plus grand pack pour les trajets interurbains.
3. Révolution pratique ou usine à gaz?
En rendant la batterie mobile sur ses propres roues, la logistique en station d'échange serait grandement simplifiée, réduisant le besoin en lourdes infrastructures robotisées sous le sol.
Cependant, comme souvent avec les brevets, la mise en production de série reste soumise à de nombreux défis. Un tel mécanisme ajouterait du poids, de la complexité structurelle et des coûts de fabrication élevés.

Reste à voir si les futurs dirigeants de Stellantis concrétiseront cette idée sur les prochaines plateformes utilitaires du groupe ou s'il s'agit simplement d'une protection intellectuelle stratégique face à la concurrence asiatique.
