Le circuit de Shanghai devait permettre d'y voir plus clair sur la véritable hiérarchie après un premier rendez-vous sur le tracé atypique de Melbourne. Et le verdict est clair et net, Mercedes est bel et bien la référence, très nettement en qualifications, plus légèrement en course, mais sans réel danger à la régulière pour le moment. Cependant, Ferrari reste en embuscade et affiche une fiabilité impressionnante. Derrière, McLaren se perd en conjectures, Red Bull inquiète tandis que Haas et Alpine confirment être les meilleures des autres. Enfin, Audi et Cadillac poursuivent leur apprentissage.
Qualifications - Mercedes confirme
Autre circuit, autre programme avec une course sprint le samedi en plus du grand-prix dominical, mais même constat, Mercedes reste clairement au-dessus du lot, avec un "party mode" qui lui permet d'en "rajouter une louche" pour s'assurer la première ligne. Les qualifications du Sprint ont vu Russel signer le meilleur chrono de manière autoritaire devant son jeune équipier qui inversait les rôles lors de la Q3 pour la course principale. Certes Russel n'avait pu signer qu'un seul tour lancé dans cette séquence cruciale, victime de soucis de fiabilité, mais le prodige italien ne flanchait pas sous la pression et méritait sa pole. Pas déstabilisé, son "leader" britannique le rejoignait sur la première ligne devant les deux Ferrari et les deux McLaren. Ces dernières ne parvenant pas à s'immiscer entre les deux monoplaces rouges comme en Sprint. Derrière, Verstappen et Hadjar peinaient à confirmer que la Red Bull reste membre du "Top 4" face à des Haas et Alpine en verve. Pire, il semble que la Racing Bulls VCARB-03 soit mieux née.

Audi continue d'impressionner avec un Nico Hulkenberg à la porte de la Q3 tandis qu'Aston Martin ne cesse d'inquiéter, Alonso et Stroll semblant d'ores et déjà désabusés. Quant à Cadillac, les monoplaces américaines poursuivent leur apprentissage et se rapprochent, lentement mais surement, de la queue du "mid-field".
Qualifications Sprint
- George Russel - Mercedes > 1:31.520
- Kimi Antonelli - Mercedes > +0.289
- Lando Norris - McLaren > +0.621
- Lewis Hamilton - Ferrari > +0.641
- Oscar Piastri - McLaren > +0.704
- Charles Leclerc - Ferrari > +1.008
- Pierre Gasly - Alpine > +1.368
- Max Verstappen - Red Bull > +1.734
- Oliver Bearman - Haas > +1.889
- Isack Hadjar - Red Bull > +2.203
Qualifications Grand-Prix
- Kimi Antonelli - Mercedes > 1:32.064
- George Russel - Mercedes > +0.218
- Lewis Hamilton - Ferrari > +0.351
- Charles Leclerc - Ferrari > +0.364
- Oscar Piastri - McLaren > +0.486
- Lando Norris - McLaren > +0.544
- Pierre Gasly - Alpine > +0.809
- Max Verstappen - Red Bull > +0.938
- Isack Hadjar - Red Bull > +1.057
- Oliver Bearman - Haas > 1.228
La course - Kimi Antonelli inaugure son palmarès
Comme attendu, le départ de la cours sprint voit les Ferrari bondir des starting blocs et titiller les Mercedes de Russel et Antonelli dans la première partie de la course, Antonelli loupant son envol pour s'imposer une remontée du peloton qui ne lui permettra pas de faire mieux que la cinquième place pendant que Russel s'imposait avec autorité. Suivaient les deux Ferrari de Leclerc et Hamilton. Si le septuple champion du Monde avait mené la course, une usure excessive de son pneu avant gauche le contraignait à céder aux attaques de Russel et Leclerc. Toutefois, il parvenait sans mal à garder la McLaren de Norris à bonne distance. Derrière, le top 8 était complété par Piastri, Lawson (Racing Bulls) et Bearman qui confirmait la bonne santé de la Haas en course, se payant le luxe de devancer Max Verstappen, victime d'un départ calamiteux et neuvième au drapeau à damier, à la porte des points.
Course sprint
- George Russel - Mercedes
- Charles Leclerc - Ferrari
- Lewis Hamilton - Ferrari
- Lando Norris - McLaren
- Kimi Antonelli - Mercedes
- Oscar Piastri - McLaren
- Liam Lawson - Racing Bulls
- Oliver Bearman - Haas

Coup de tonnerre avant même le départ avec des problèmes électriques qui affectaient les deux McLaren qui devaient s'élancer depuis la pit-lane. Les monoplaces oranges ne prendront jamais part à la course. Au départ, le scénario attendu se répétait avec des Ferrari plus promptes à l'envol et des Mercedes sures de leur force qui ne tardaient pas à reprendre le dessus, Antonelli se constituant rapidement un matelas de quelques secondes pour rouler à sa main, quand Russel devait "arracher" la deuxième place à des Ferrari opiniâtres. Leclerc et Hamilton nous offraient pour l'occasion quelques passes d'armes intenses et très divertissantes. Mais c'est le Britannique qui prenait la main et la conservait jusqu'à l'arrivée, signant son 203e podium, le premier avec la Scuderia. Tout un symbole pour une écurie transalpine qui s'érige en deuxième force du plateau et peut nourrir quelques espoirs de perturber la marche en avant des Flèches d'argent.
Mais l'Italie avait une autre raison de se réjouir avec la première victoire du jeune Kimi Antonelli. Particulièrement ému, le jeune pilote bolognais mettait un terme à 20 ans de disette puisqu'il fallait remonter au Grand-Prix de Malaysie 2006 pour retrouver la dernière victoire d'un pilote italien avec Fisichella. Le podium avait une haute dimension symbolique avec Antonelli entouré de Russel et Hamilton.
Derrière le Top 4, c'est la Haas de Bearman qui s'adjugeait le titre de "meilleure des autres" devant l'Alpine de Gasly. L'équipe "française" voyait même Colapinto marquer le point de la dixième place, les deux équipiers étant séparés par la Racing Bulls de Lawson, la Red Bull de Hadjar - qui "sauvait l'honneur" après l'abandon de Verstappen - et la Williams de Sainz. Notons encore le calvaire des Aston Martin, qui abandonneront toutes les deux, non sans nous avoir gratifiés d'images terribles montrant Alonso lâcher le volant de sa monoplace dans la longue ligne droite pour se prémunir des vibrations destructrices répercutées dans son volant.
Le Grand Prix
- Kimi Antonelli - Mercedes
- George Russel - Mercedes
- Lewis Hamilton - Ferrari
- Charles Leclerc - Ferrari
- Oliver Bearman - Haas
- Pierre Gasly - Alpine
- Liam Lawson - Racing Bulls
- Isack Hadjar - Red Bull
- Carlos Sainz - Williams
- Franco Colapinto - Alpine
Les bons points
- Le spectacle offert par Hamilton et Leclerc avec Ferrari très proche de Mercedes
- Haas en meilleur des autres avec un Bearman étincelant
- Alpine retrouve de l'allant avec le moteur Mercedes

Les mauvais points
- McLaren et son zéro pointé dans la course principale par manque de fiabilité
- Esteban Ocon ne tient pas la comparaison avc Bearman
- L'Aston Martin est-elle dangereuse pour la santé de ses pilotes ?