En résumé
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Ce n'est pas une Luce ordinaire : il s’agit du « Chassis 0 »
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Multiplicateur fou : 60 fois le prix catalogue
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Le levier de la vente caritative : du don de prestige sous les projecteurs
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Pourquoi les critiques du modèle ne s'appliquent pas à ce lot
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Une pluie de records mondiaux en une seule soirée
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Un braquage médiatique parfait pour Maranello
Coup de tonnerre sous le marteau de RM Sotheby’s lors de la Monterey Car Week : la toute première Ferrari 100 % électrique s’est envolée pour la somme astronomique de 40 millions de dollars. Un montant qui affole les compteurs, fait tiquer les puristes et suscite bien des interrogations. Mais attention aux raccourcis : ce chèque XXL ne signifie absolument pas que le marché valide la Luce « de série » à ce tarif. Décryptage d'une vente hors norme entre philanthropie spectaculaire, bataille d'ego et stratégie de marque bien huilée.
1. Ce n'est pas une Luce ordinaire : il s’agit du « Chassis 0 »
Ne cherchez pas ce modèle au configurateur du Cheval Cabré. Le lot adjugé à Monterey n'est pas une Luce sortie de chaîne comme les autres, mais le premier châssis de production du programme électrique de Maranello, officiellement identifié « Chassis 0 ». Une pièce Tailor Made (faite sur mesure) unique, revêtue d'une livrée semi-mate « Madreperla » et de détails sur mesure.

Dans l'univers de la très haute collection, le statut de « premier de la lignée » confère une aura narrative et patrimoniale incommensurable, sans commune mesure avec un modèle de série.
2. Multiplicateur fou : 60 fois le prix catalogue !
L'estimation initiale de RM Sotheby's s'établissait autour d'un prévisible 1,1 million de dollars. Sous les coups de surenchère du public californien (1 M$, 5 M$, 10 M$, 25 M$ puis 40 M$), le résultat final représente :
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36 à 40 fois l'estimation de prévente des experts.
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Près de 60 fois le prix catalogue de la Luce de série (affichée à environ 550.000 €/640.000 $).
3. Le levier de la vente caritative : du don de prestige sous les projecteurs
Pourquoi dépenser 40 millions pour une voiture neuve ? Parce qu'il ne s'agit pas vraiment d'un achat classique. Le lot était proposé sans réserve et sans frais d'adjudication (buyer’s premium waived).
Résultat : 100 % de la somme va directement à la Ferrari Foundation, qui finance des programmes éducatifs, dont le campus technique MTECH Alfredo Ferrari à Maranello.

Pour un ultra-riche, signer ce chèque transforme un achat impulsif en acte de philanthropie spectaculaire : don massif, optimisation d'image et visibilité médiatique mondiale.
4. Pourquoi les critiques du modèle ne s'appliquent pas à ce lot
Design controversé, grogne des puristes nostalgiques du V12, prix de série jugé salé... la Luce essuie son lot de reproches depuis son annonce. Mais pour le Chassis 0, cela n'a aucune importance.
L'acheteur n'a pas acquis une voiture pour aller rouler le dimanche ou pour parier sur la valeur de revente d'une Luce d'occasion dans cinq ans. Il a acheté un trophée d'histoire automobile.
On peut détester le virage électrique de Ferrari tout en voulant posséder, dans son musée personnel, la pièce n° 0 du premier chapitre électrique du mythe italien.
5. Une pluie de records mondiaux en une seule soirée
Ce coup de marteau établit trois marques historiques d'un coup :
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La voiture neuve la plus chère jamais vendue aux enchères, effaçant le précédent record de la Ferrari Daytona SP3 « 599+1 » adjugée 26 M$ en 2025.
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Le véhicule électrique le plus cher du monde.
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Le lot automobile caritatif le plus élevé de l'histoire.
6. Un braquage médiatique parfait pour Maranello
Face au scepticisme ambiant entourant la transition électrique de la marque, Ferrari prouve une chose : son pouvoir d'attraction et son capital symbolique restent inégalés.

Même sur une technologie décriée par une partie des passionnés, Maranello parvient à créer un rendez-vous historique, à susciter une guerre d'enchères irrationnelle et à s'offrir une vitrine philanthropique mondiale.
Ce qu'il faut en retenir
Il ne faut cependant pas s’y tromper : la vente de ce « Chassis 0 » à 40 millions de dollars ne dit rien de la future santé commerciale des Luce de série. Elle ne garantit ni que les livraisons aux clients fortunés se feront sans accroc, ni que la cote de la voiture ne s’effondrera pas sur le marché secondaire.
Ce qu’elle démontre en revanche, c'est que Ferrari a parfaitement compris la psychologie des collectionneurs modernes. En combinant un jalon historique (la première Ferrari électrique), un numéro de châssis mythique (le 0), une finition sur mesure et une cause caritative noble, la firme au Cavallino Rampante a créé une nouvelle catégorie de collection : celle des objets de rupture.
À 40 millions de dollars, cette Luce quitte le monde des hypercars récentes pour jouer dans la cour des légendes historiques comme les 250 GTO. Preuve qu'au royaume de Maranello, ce ne sont pas le nombre de cylindres ou les chevaux qui dictent le prix, mais la rareté de l'histoire qu'on raconte.
