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Premier essai / Porsche Cayenne S Coupé Electric (2026): Quelle plus-value pour le Cayenne Coupé?

Rédigé par Xavier Daffe le

Appelée à élargir la clientèle potentielle du Cayenne Electric, la déclinaison Coupé se dévoile quelques semaines seulement après le SUV dont elle reprend l’intégralité de la base technique. Une simple affaire de style? Pas tout à fait… Nous avons pris son volant. Alors, réelle plus-value ou art de couper les... chevaux en quatre?

C’est une histoire qui remonte à 2019, lorsque Porsche dévoilait pour la première fois une version Coupé de son grand SUV Cayenne. Pourquoi se priver? Audi, BMW et Mercedes avaient déjà investi le créneau des SUV-coupés avec un certain succès commercial à la clé. Porsche ne pouvait raisonnablement pas laisser passer l’occasion.

Concept & motorisations – Porsche Cayenne S Coupé Electric

Et le succès fut bien réel, malgré l’apparente contradiction philosophique d’un SUV aux allures de coupé. Inutile de relancer un débat sans fin: il existe bel et bien une clientèle pour ce type de véhicule et Porsche a eu raison de vouloir la séduire. La recette est aujourd’hui reconduite avec la première génération de Cayenne 100% électrique, désormais disponible en version SUV classique ou Coupé.

Les deux modèles partagent logiquement leur plateforme technique ainsi que leur gamme de motorisations. Trois variantes sont au programme: Cayenne Electric, Cayenne S Electric et Cayenne Turbo Electric, développant respectivement 408, 544 et 857 ch, voire 442, 666 et jusqu’à 1.156 ch grâce à la fonction overboost.

Long de 4,98 m et large de 1,98 m, le Cayenne Coupé Electric conserve les mêmes dimensions que le SUV, mais abaisse légèrement sa hauteur: 1,65 m contre 1,67 m. Une différence minime sur le papier, mais qui améliore sensiblement l’aérodynamique. Le coefficient de traînée passe ainsi de 0,25 à 0,23 et la surface frontale diminue également. Résultat: le SCx tombe à 0,639 contre 0,817 pour le SUV.

Cette meilleure efficacité aérodynamique profite directement à l’autonomie WLTP. La version S essayée ici revendique ainsi entre 605 et 669 km, contre 588 à 653 km pour le Cayenne SUV. Toujours bon à prendre.

Évidemment, cette ligne de toit plus fuyante impose quelques concessions en matière de volume de chargement. Le coffre perd 247 litres et passe de 781 à 534 l. Même constat une fois les sièges rabattus: 1.347 l pour le Coupé contre 1.588 l pour le SUV. Rien de dramatique toutefois: l’habitabilité arrière demeure généreuse et des passagers de 1,85 m peuvent encore voyager confortablement, soit sur une banquette 2+1 places, soit via deux sièges arrière séparés. Et puis, il reste toujours le généreux frunk à l'avant. 

Au-delà des chiffres, les différences stylistiques sont nombreuses. Cayenne SUV et Coupé sont identiques jusqu’au montant A. Ensuite, tout change. Le Coupé bénéficie même d’un pare-brise spécifique. Porsche évoque également une silhouette «flyline» rappelant la 911 grâce à cette chute de toit. Une comparaison peut-être un peu ambitieuse… Chacun se fera son opinion.

Comportement routier & confort – Porsche Cayenne S Coupé Electric

Pour cette prise en main, nous avons principalement roulé au volant de la version intermédiaire S. Et, sans détour, c’est probablement la plus cohérente de la gamme.

Les réserves de puissance et de couple apparaissent déjà largement suffisantes: nul besoin ici des 1.500 Nm de la Turbo, les 835 Nm de la S permettent déjà de voir très loin. La suspension pneumatique est livrée de série, associée au PASM – les amortisseurs pilotés – avec plusieurs modes de conduite à la clé.

Le mode le plus confortable semble clairement pensé pour l’autoroute, là où les contraintes verticales restent limitées. Dans ce contexte, les capacités de filtrage impressionnent. Sur route sinueuse, en revanche, la caisse manque parfois de maintien: elle dodeline, prend du roulis et génère quelques mouvements parasites peu agréables pour les occupants.

Le mode Sport apparaît alors comme le meilleur compromis. Les mouvements de caisse sont nettement mieux contenus sans dégrader excessivement le confort. Un équilibre particulièrement convaincant.

Nous avons également brièvement conduit la version Turbo, équipée des mêmes suspensions pneumatiques, mais aussi du Porsche Torque Vectoring Plus, du train arrière directeur optionnel et du système Porsche Active Ride, de série sur la Turbo, en option sur la S. Pourtant, paradoxalement, la S nous a semblé plus homogène.

Avec son couple démoniaque, la Turbo malmène parfois son propre châssis. Celui-ci peine à absorber la violence des accélérations et le fait savoir via quelques réactions parasites, notamment dans la direction. La confiance s’en trouve légèrement entamée et impose des corrections plus fréquentes. La S paraît, au contraire, plus naturelle, plus fluide et plus agréable au quotidien. Sans être beaucoup moins performante, elle profite en outre d’une meilleure autonomie. Dès lors, pourquoi payer (beaucoup) plus?

Prix belges & concurrence –  Porsche Cayenne S Coupé Electric

À motorisation équivalente, le Cayenne Coupé Electric réclame un supplément par rapport au SUV. Étrangement, celui-ci varie selon les versions: +1.905 € pour l’entrée de gamme, +4.000 € pour la S et +1.090 € pour la Turbo.

Les tarifs belges s’établissent ainsi à 112.062 € pour le Cayenne Electric Coupé, 133.720 € pour cette version S essayée et 172.560 € pour la Turbo.

Oui, c’est cher. Très cher même. Et l’expérience compliquée du Taycan sur le marché de l’occasion soulève forcément des questions autour de la valeur résiduelle et des loyers fleet. Mais le constat vaut aujourd’hui pour l’ensemble des véhicules électriques haut de gamme.

En face, la concurrence reste encore limitée sur le segment des SUV-coupés électriques ultra-performants. Les constructeurs chinois avancent néanmoins des arguments tarifaires redoutables: Leapmotor C10 Pro Max de 598 ch à 43.400 €, Nio EL6 de 490 ch à 76.000 €, Xpeng G9 Performance AWD de 575 ch à 73.990 € ou encore Zeekr 7X Privilege AWD de 646 ch à 64.900 €.

Mais en matière de synthèse globale, de cohérence technique, de raffinement, de compétences routières, de personnalité et d’agrément de conduite, Porsche conserve encore une longueur d’avance. Une saveur particulière que les constructeurs asiatiques peinent encore à reproduire. Pour l’instant.

Verdict – Porsche Cayenne S Coupé Electric

Porsche sort meurtri de ses premiers pas dans l’électrique et paie aujourd’hui certains choix stratégiques probablement pris dans la précipitation. Comme souvent avec une technologie émergente, il faut accepter quelques erreurs de jeunesse.

Mais avec ce nouveau Cayenne Electric, la marque semble avoir retrouvé une certaine maîtrise. La technologie progresse, les défauts du passé s’estompent et l’ensemble gagne en maturité. À tel point qu’il s’agit sans doute, ne coupons pas les cheveux en quatre, du meilleur Cayenne jamais produit.

L’électrique? On n’y coupera pas. Y compris en version Coupé. Et sur le terrain du SUV-coupé électrique premium, Porsche évolue presque seul pour le moment… avec un certain brio. Un brio qui, évidemment, a un prix.

Dans cet article : Porsche, Porsche Cayenne

Rédacteur en Chef Le Moniteur Automobile

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