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Opinions / Rédacteur sans filtre - La grande réconciliation avec le Dakar ?

Rédigé par Alain Devos le 26-01-2023

Le légendaire Rallye Dakar a ses partisans et ses détracteurs depuis sa toute première édition en 1979. Notre rédacteur en chef Alain Devos est allé camper en Arabie Saoudite... et y a changé de camp.

Sommaire :

Au-delà de leur rigueur journalistique et de leur point de vue de professionnels de l’automobile, les membres de la rédaction sont avant tout des automobilistes et des citoyens lambda. Dans « Rédacteurs sans filtre », c’est le cœur qui s’exprime avant tout ! Aujourd’hui, Alain Devos nous explique pourquoi il a changé d'opinion concernant le célèbre rallye-raid du Dakar.

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Ceux qui me connaissent un peu savent que je suis un grand fan de sport automobile. À tel point que, parfois, j'ai même commencé à le considérer moi-même comme une sorte d'addiction. L'époque où il m'arrivait de regarder jusqu'à une demi-douzaine de courses à la télévision en un week-end est heureusement révolue. Formule 1, WEC, DTM, Nascar et, via un abonnement internet, le rallye occasionnellement... en trois jours. Avec une bonne planification, j'ai vraiment réussi à le faire parfois.

Mais bien sûr, cela ne rendait pas la chose moins folle, bien au contraire. Entre-temps, je me suis déjà partiellement débarrassé de cette habitude, même sans avoir à suivre une thérapie pour cela. Même s'il m'arrive encore de barricader la porte d'entrée (contre les visiteurs inattendus) lorsqu'il y a une course de F1 le dimanche. Quoi qu'il en soit, si personne ne m'annonce le résultat, je peux maintenant le regarder " en différé ».

Indy 500 ou Pikes Peak?

J'essaie d'assister à au moins un Grand Prix local chaque année, je participe occasionnellement aux 24 heures du Mans et j'apprécie toujours les beaux souvenirs des voitures Nascar et IndyCar que j'ai vues et entendues courir sur les circuits américains. Le point culminant étant mon tout premier Indy 500.

Cependant, la légendaire course de côte internationale de Pikes Peak dans le Colorado, surtout pour les amateurs de voitures américaines, a également un joli cadre sur le mur de mes grands souvenirs de sport automobile.

 

Considérations morales

Étrangement, le Dakar, qui était sûrement l'un des événements les plus importants du calendrier de sport automobile lors de son apogée africaine, m'a rarement, voire jamais, captivé. De loin, cela ressemblait souvent plus à un exercice de navigation qu'à une véritable course automobile. Et la course a également fait beaucoup trop de victimes au cours de ses 44 ans d'existence, parmi les participants et même le public.

L'édition 2023, en raison de l'"erreur" d'un spectateur qui a pris peut-être trop de risques et est mort précisément pour cette raison, n'a malheureusement pas fait exception. L'Afrique n'a pas été visitée depuis 2009 et, après dix éditions en Amérique du Sud, le Dakar se dispute en Arabie saoudite depuis 2020.

Avec, là encore, quelques réserves d'ordre moral, mais il faut bien sûr en avoir pour tout championnat de football ou course cycliste par lequel des régimes douteux veulent "montrer leur meilleur visage au monde ».

 

La grande aventure

J'ai donc actionné cet interrupteur lorsque ma curiosité a pris le dessus sur mes doutes et j'ai pris un avion pour la capitale Riyadh début janvier pour passer quelques jours au Dakar. Bien entendu, il ne s'agit pas de s'en imprégner complètement ; cela ne fonctionne sans doute que si l'on y prend part soi-même.

Mais entre deux jours de vrai rallye dans le désert, je me suis surtout imprégné des sensations présumées du 'vrai' Dakar pendant la journée de repos. Je l'ai passé dans le camp situé juste à l'extérieur de la capitale, Riyadh, qui fait 24 terrains de football et abrite, pendant la course, quelque 3500 pilotes, mécaniciens et une foule d'autres accompagnateurs.

L'enthousiasme des personnes qui ont voyagé avec nous, souvent dans des conditions très primitives, s'est avéré particulièrement contagieux. Du simple amateur aux multiples vainqueurs, personne ne se sent trop bien pour demander une réparation ou discuter avec un journaliste du Dakar.

Du respect et rien d'autre

L'édition 2023 a été très difficile, nous l'avons évoqué. À cause du parcours, mais surtout à cause de la pluie (inattendue) et du froid. Motards qui ne dorment que quelques heures par nuit ou camionneurs qui passent 48 heures d'affilée au milieu de... nulle part à bricoler leur bolide en panne, voilà peut-être les véritables héros du Dakar. Et quelles que soient les difficultés qu'ils rencontrent, ils ont tous décidé qu'ils voulaient concourir à nouveau l'année prochaine.

Je ne pense toujours pas qu'il s'agisse d'un véritable sport automobile, mais c'est une aventure de plus. Et dans les vrais jours de gloire du Dakar en Afrique, il l'aura sans doute été encore plus. En fait, rétrospectivement, c'est dommage que j'aie fait la sourde oreille à l'époque. Seuls les idiots ne changent jamais d'avis, comme le veut l'adage. Alors j'en conviens, je ne suis pas un idiot !

 

 

Facebook: @alain.devos.18 / Twitter: @devos_alain / Instagram: @adevos12

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