L’interdiction de l’usage du téléphone en roulant remonte à l’an 2000 en Belgique. Une mauvaise habitude qui a manifestement la peau dure puisqu’en dépit de la généralisation des kits mains libres et des connexions Bluetooth dans les voitures, de série ou en accessoire, 13 % des conducteurs belges persistent à téléphoner avec leur téléphone en main en conduisant, selon une large enquête européenne relayée par l’Institut Vias.
Pire, l’enquête révèle qu’un conducteur sur quatre lit ou envoie des SMS ou des e-mails en roulant, une pratique encore plus dangereuse et malheureusement en progression.
Sur le plan statistique, quitter la route du regard pendant plus de deux secondes multiplie par sept le risque d’accident. Quand il s’agit de lire ou d’écrire un message, ce risque est encore plus élevé — jusqu’à six fois plus que pour un appel téléphonique classique.
Distractions multiples
Les données de l’Institut Vias confirment également que la distraction ne concerne pas que les appels et messages :
• 10 % des conducteurs avouent participer à des réunions en roulant ;
• 6 % regardent des films ou séries au volant — une statistique aussi stupéfiante qu’inquiétante.

Face à ce constat, les autorités belges ont décidé de durcir le ton. La police lance dès cette semaine une opération de contrôles intensifs sur l’usage du GSM au volant. Un groupe de travail a par ailleurs été mis en place pour étudier l’utilisation de caméras intelligentes capables de détecter automatiquement les conducteurs utilisant leur téléphone, avec l’objectif d’augmenter la pression sur les comportements à risque.
Que dit la loi ?
Sur le plan légal, la loi est déjà sévère : l’article 8.4 du Code de la route belge interdit l’usage d’un appareil électronique mobile tenu en main. L’infraction est considérée comme de 3e degré, avec une amende de 174 €, bientôt en hausse.
En Flandre, la simple constatation d’un smartphone en main peut même entraîner le retrait immédiat du permis pendant 15 jours.
Et ce rappel n’est pas anodin. Chaque année en Belgique, la distraction causée par le téléphone au volant est responsable d’environ 50 décès et 4500 blessés graves, selon Vias. Un bilan lourd qui interroge sur le civisme et le respect d’autrui des personnes coupables de ce genre de pratiques, malgré l’interdiction légale et en dépit de la prise de conscience croissante des risques encourus pour soi autant que pour les autres usagers de la route.
Photo et illustration générées via intelligence artificielle