Dans un paysage automobile sportif soumis à la surenchère électrique, Morgan continue d’avancer à contretemps. Sans rupture brutale, mais avec l’avenir en ligne de mire, l’évolution reste lente et maîtrisée. La récente Supersport a ouvert un nouveau chapitre. Voici déjà une première évolution : la Supersport 400. Précisément 402 ch. Un chiffre courant pour nombre de voitures modernes et électrifiées, mais un cap important chez Morgan.

Sa puissance n'est pas une finalité
La démarche reste fidèle à la philosophie maison. La Supersport 400 n’a pas été pensée comme une démonstration de force, mais comme une quête. Elle exploite un peu plus loin la plateforme en aluminium collé CXV. Le travail des ingénieurs-artisans se concentre sur la précision du châssis, la lisibilité des réactions et l’intensité de la relation homme-machine.
Sous le capot, le six-cylindres en ligne BMW B58, dans sa dernière évolution, associé à une boîte automatique à huit rapports, permet à la Supersport 400 d’atteindre les 100 km/h en 3,6 secondes. Mieux encore que les rares et impressionnantes Morgan Aeromax V8 de 375 ch.

Le lien homme-machine
Comme de coutume chez Morgan, l’essentiel n’est pas le chrono, mais la manière dont la voiture se raconte à celui qui la conduit. Pour maximiser les sensations, la Supersport 400 reçoit de série le pack Dynamic Handling : amortisseurs Nitron réglables sur 24 positions, géométrie entièrement revue, mise au point spécifique. Le bolide n’atteint pas (encore ?) la radicalité d’une pure sportive, mais aiguise sa précision. Le châssis devient plus lisible, plus communicatif, tout en restant exploitable en mode balade.
Un différentiel à glissement limité est proposé en option, tandis qu’un échappement actif libère la voix du six-cylindres allemand. Les jantes forgées de 19 pouces, associées à des Michelin Pilot Sport 5, participent à l’équilibre recherché entre rigueur et plaisir.

Une esthétique de la continuité
Visuellement, la 400 ne rompt pas avec l’élégance des lignes de la Supersport. Les évolutions restent discrètes, presque confidentielles : prises d’air redessinées, surfaces mieux tendues, détails de finition affinés. Le contraste entre aluminium apparent et éléments techniques s’accentue, renforçant cette impression de « précision industrielle » sans effacer l’empreinte artisanale.

Même approche à bord, où l’atmosphère gagne en sophistication sans céder aux codes de la compétition. Alcantara, cuir, inserts métalliques : chaque matière conserve une dimension tactile essentielle. L’instrumentation reste lisible et majoritairement analogique, tout en intégrant des technologies modernes. Le sélecteur de boîte est désormais en aluminium.

L’artisanat en touche finale
Chaque Supersport 400 est assemblée à la main à Malvern, selon les souhaits de son futur propriétaire. Nouvelles teintes satinées, possibilités de personnalisation étendues, finitions sur mesure jusque dans les détails les plus subtils : comme toujours – et plus que jamais – une Morgan est un objet personnel.
La Supersport 400 s’adresse aux amateurs de la marque en quête d’un positionnement plus haut de gamme. Affichée à partir de 130 000 € hors taxes, elle l’assume pleinement. Les premières livraisons sont prévues dès le mois de mai.
