L’air de rien, KGM — ex-SsangYong, faut-il encore le rappeler — avance aujourd’hui des arguments particulièrement cohérents dans le monde du pick-up. Entre des références comme les Ford Ranger et Toyota Hilux, devenus moins accessibles financièrement, et l’offensive chinoise, la marque coréenne préfère la position intermédiaire : celle d’un spécialiste pragmatique du pick-up, sans tomber dans la surenchère.

Style tendu
Exit les rondeurs anonymes de l’ancienne génération : le Musso adopte désormais des lignes plus tendues, davantage de verticalité et une signature stylistique nettement plus affirmée. La filiation avec les SUV récents de KGM, notamment le Torres, saute immédiatement aux yeux, particulièrement à travers la signature lumineuse à LED. L’ensemble gagne en présence sans sombrer dans l’agressivité caricaturale. Les proportions restent toutefois imposantes : 5,15 m en version standard, 5,46 m pour le Grand Musso, avec près de 1,95 m de large. Un beau morceau, clairement.

Échelle & Diesel
Sous cette carrosserie modernisée, KGM conserve l’essentiel : un châssis échelle classique, éprouvé, parfaitement adapté aux contraintes d’un véritable pick-up. Même logique sous le capot avec le maintien du quatre-cylindres Diesel 2.2 turbo de 202 ch. Un moteur désormais entièrement développé en interne — Mercedes n’est plus impliqué depuis longtemps — mais qui conserve un caractère très adapté à ce type de véhicule. La transmission intégrale enclenchable avec boîte de transfert et gamme courte reste de la partie. Une architecture sérieuse pour évoluer hors des sentiers battus, même si l’absence de blocage de différentiel rappelle que le Musso vise davantage la polyvalence que le franchissement extrême.
Les chiffres confirment cette orientation. La garde au sol atteint 248 mm sur les versions à ressorts à lames du Grand Musso, contre 245 mm pour la version courte équipée de la suspension arrière multibras. Cette dernière constitue d’ailleurs l’une des évolutions techniques les plus intéressantes du modèle.
Le Grand Musso, avec ses ressorts à lames, cible logiquement les utilisateurs transportant régulièrement des charges lourdes. La charge utile grimpe alors à 700 kg, contre seulement 400 kg pour le Musso court. Des valeurs qui restent modestes dans l’absolu face à certaines références du segment.

Les capacités de franchissement progressent légèrement : angle d’attaque de 30,9°, angle ventral de 22,8° et angle de sortie de 27,8° pour le modèle court. Le Grand Musso doit naturellement composer avec un angle de fuite moins favorable (24,5°), conséquence directe de sa benne allongée — 1.610 mm contre 1.300 mm sur le Musso standard. L’empattement atteint 3.210 mm en version longue, et 3100 mm en standard
En volume utile, les deux versions annoncent respectivement 1.011 et 1.262 litres. Grâce à des flancs de benne relativement hauts, le Musso compense intelligemment des dimensions qui ne dominent pas forcément la catégorie.
Le Diesel automatique peut tracter jusqu’à 3,5 tonnes, ce qui le maintient dans les standards élevés du segment. Les versions manuelles se montrent un peu moins ambitieuses, avec 2.800 kg pour le Musso et 2.600 kg pour le Grand Musso.
Comportement soigné
Pour ce premier contact, nous prenons le volant de la version courte équipée de la suspension arrière multibras. Et c’est probablement là que le Musso se distingue le plus.
Sur route, le comportement se rapproche effectivement davantage d’un SUV que d’un utilitaire rudimentaire. Les mouvements de caisse semblent remarquablement bien maîtrisés pour un pick-up, notamment sur chaussée dégradée. Le train arrière filtre efficacement les mouvements sans générer les réactions sèches typiques des architectures à lames, plus raides.
Le 2.2 Diesel remplit correctement sa mission. Avec 441 Nm de couple en version automatique, les reprises restent solides malgré une boîte automatique parfois lente dans ses réactions. Une transmission manuelle à six rapports demeure disponible pour les amateurs d’une conduite plus directe. Sur autoroute, le moteur tourne relativement bas à 120 km/h — sous les 3.000 tr/min — et l’insonorisation progresse sensiblement. KGM a clairement travaillé l’isolation phonique et ce sera payant sur longs trajets.
Les performances pures restent secondaires sur ce type d’engin, mais le Musso atteint tout de même 177 km/h en boîte manuelle et 172 km/h avec l’automatique. Quant à la consommation, KGM annonce entre 9 et 10 l/100 km selon les versions. Pas idéal avec un litre de Diesel flirtant avec les 2 euros…
Habitacle robuste
L’habitacle évolue plus discrètement. Le dessin reste sobre, robuste et fonctionnel, mais l’ensemble inspire davantage de sérieux qu’auparavant. On ne parlera pas d’ambiance premium, mais l’assemblage apparaît solide et cohérent avec la vocation du véhicule.

La position de conduite dominante offre une excellente visibilité périphérique. Face au conducteur, la modernité se concentre autour de deux écrans de 12,3 pouces : instrumentation numérique et dalle centrale. Bonne nouvelle, KGM conserve de nombreuses commandes physiques pour la climatisation, les modes de conduite ou encore le système audio. Un choix de bon sens dans un véhicule destiné à durer. Le Musso reste exclusivement proposé en double cabine quatre portes. L’espace arrière se montre généreux, même si les dossiers de banquette demeurent un peu trop verticaux (longs trajets).
Prix promo
Le Musso 2.2 Diesel Platinum débute à 41.990 € en version courte à boîte manuelle. Les finitions Titanium et Titanium Plus portent la facture jusqu’à 48.990 € pour le Musso court et 50.240 € pour le Grand Musso. KGM propose d'entrée de jeu des conditions commerciales ramenant le ticket d’entrée à 38.990 €. La peinture métallisée est facturée 750 €.
Conclusion
Le nouveau Musso réussit intelligemment son repositionnement. Sans chercher à rivaliser frontalement avec les ténors ultra-technologiques du segment, KGM propose un pick-up cohérent, honnête et techniquement pertinent. Son Diesel 2.2 séduira avant tout les professionnels et les gros rouleurs attachés à une mécanique simple, éprouvée et adaptée au travail quotidien. Plus généralement, on est aussi séduit par l’approche de KGM : un véhicule robuste, simple et surtout sans faux-semblants, sans « vernis marketing ». Les particuliers pourraient davantage s’intéresser à la version électrique déjà annoncée, voire à une éventuelle déclinaison hybride qui semblerait logique au vu de l’évolution récente de la gamme KGM.