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Rétro / Une Maserati Tipo 61 Birdcage vendue 4,24 millions de dollars, un record !

Rédigé par Xavier Daffe le 04-09-2026

Une rarissime Maserati Tipo 61 Birdcage de 1959 a changé de mains pour 4,24 millions de dollars lors de la vente Gooding Christie’s organisée à Pebble Beach, en Californie. Un nouveau record aux enchères pour ce modèle de compétition aussi léger qu’extrême.

La Maserati Tipo 61 Birdcage de 1959 en bref:

  • Cette Maserati Tipo 61 Birdcage de 1959 a été adjugée 4,24 millions de dollars.
  • Il s’agit d’un nouveau record mondial aux enchères pour une Maserati Tipo 61.
  • Son châssis tubulaire ultraléger lui a valu le surnom de «Birdcage».
  • Son 4-cylindres de 2,9 litres développait environ 250 ch pour un poids limité à 600 kg.
  • La Tipo 61 a remporté deux fois les 1.000 km du Nürburgring.

Avec son incroyable châssis composé d’environ 200 petits tubes d’acier, la Maserati Tipo 61 Birdcage demeure l’une des voitures de course les plus fascinantes de son époque. L’exemplaire carrossé par Allegretti vendu en Californie vient de rappeler que sa cote, elle aussi, tutoie les sommets.

1. Une adjudication au-delà des estimations

Même à Pebble Beach, où les prix à sept chiffres sont presque devenus une habitude, certaines enchères parviennent encore à faire lever quelques sourcils. Le 14 août dernier, cette Maserati Tipo 61 Birdcage de 1959 a ainsi été adjugée 4,24 millions de dollars lors de la vente Gooding Christie’s, organisée pendant la Monterey Car Week.

L’auto, habillée d’une carrosserie signée Allegretti, était estimée entre 3 et 4 millions de dollars. Elle a donc dépassé la fourchette annoncée et, selon les résultats officiels de la maison de vente, établi un nouveau record mondial pour une Maserati Tipo 61 aux enchères.

Ce résultat tombe à point nommé pour la marque de Modène. En 2026, Maserati célèbre à la fois le centenaire de son emblème au Trident et ses 100 ans de présence en compétition automobile. Difficile d’imaginer meilleure ambassadrice qu’une Birdcage pour rappeler ce que la marque savait alors faire de plus audacieux.

2. Un châssis qui ressemble vraiment à une cage

Le surnom «Birdcage», ou cage à oiseaux, n’est pas une trouvaille de publicitaire arrivée longtemps après les faits. Il décrit assez fidèlement la structure imaginée sous la direction de l’ingénieur Giulio Alfieri.

Le châssis est en effet constitué d’environ 200 tubes d’acier, dont le diamètre ne dépasse que rarement 10 à 15 mm. Soudés les uns aux autres, ils forment un treillis complexe, presque organique lorsque la carrosserie est retirée. L’ensemble permettait de réunir deux qualités souvent difficiles à concilier: une masse très faible et une rigidité en torsion élevée.

Cette architecture a fait de cette barquette biplace l’une des expressions les plus poussées de la voiture de course classique à moteur avant et propulsion. Visuellement, la Birdcage ne ressemble d’ailleurs à rien d’autre. Son pare-brise très bas, ses ailes tendues et son long capot donnent l’impression qu’elle file déjà à l’arrêt.

3. De la Tipo 60 à la Tipo 61

L’histoire commence en mars 1959 avec la Tipo 60. Celle-ci reçoit un 4-cylindres de 2 litres dérivé du moteur de la Maserati 200S. Installé à l’avant, le bloc est incliné de 45° afin d’abaisser le centre de gravité et de réduire la hauteur du capot.

Alimenté par deux carbus Weber 45 DCO3 et doté d’un double allumage, ce moteur développe 200 ch. La Tipo 60 ne pèse que 570 kg. Elle reçoit une suspension avant à ressorts hélicoïdaux ainsi qu’un essieu arrière De Dion associé à un ressort à lames transversal.

La recette évolue rapidement vers la Tipo 61. La cylindrée passe à 2.890 cm³ et la puissance grimpe à 250 ch à 6800 tr/min. Le poids augmente à peine, pour atteindre environ 600 kg, tandis que la vitesse maximale annoncée bondit à 285 km/h. En 1959, sur une auto aussi frêle en apparence, cela devait demander un certain… courage, voire de l’inconscience.

La Tipo 61 disposait également d’un autre atout, moins spectaculaire sur une fiche technique mais précieux en endurance: une consommation relativement contenue. Moins de carburant signifie moins d’arrêts au stand et donc davantage de temps gagné là où cela compte vraiment.

4. Deux victoires majeures au Nürburgring

Une voiture de course devient rarement une légende grâce à sa seule architecture. Il lui faut aussi un palmarès, et la Tipo 61 n’en manque pas.

La Birdcage a remporté deux éditions consécutives des 1.000 km du Nürburgring, l’une des épreuves les plus exigeantes de l’époque. En 1960, Stirling Moss et Dan Gurney s’imposent à son volant. L’année suivante, Masten Gregory et Lloyd Casner récidivent pour l’écurie Camoradi.

Ces deux succès sur le redoutable circuit allemand ont définitivement installé la Maserati parmi les grandes voitures de sport du début des années 1960. Ils ont aussi démontré qu’une mécanique relativement simple, placée dans un châssis très léger, pouvait battre des machines parfois plus puissantes. Sur le Nürburgring, l’agilité et l’endurance valent souvent davantage qu’une poignée de chevaux supplémentaires.

5. Seulement 17 Tipo 61 produites

Maserati n’aurait construit que 17 exemplaires de la Tipo 61. La maison Gooding Christie’s confirme que 22 Birdcage ont été produites au total, en comptant les Tipo 60 et Tipo 61. Cette rareté explique en partie les 4,24 millions de dollars atteints à Pebble Beach, mais pas entièrement.

Les collectionneurs paient ici un mélange savoureux et rare d’innovation technique, de performances, de beauté et d’histoire sportive. L’exemplaire vendu, identifié par le châssis 2452, est en outre le premier exemplaire de série de la Tipo 61. Il conserve sa carrosserie et son châssis d’origine, avec une histoire en compétition particulièrement documentée aux États-Unis.

La vente prend également une saveur symbolique en cette année de centenaire. Le 25 avril 1926, Alfieri Maserati prenait le départ de la Targa Florio au volant de la Tipo 26, première voiture portant le Trident sur son capot. Il terminait premier de la catégorie des moins de 1500 cm³ et huitième au classement général.

Trente-trois ans plus tard, la Birdcage poussait beaucoup plus loin cette même philosophie: chercher la performance par l’ingéniosité et pas seulement par la puissance brute. Un siècle après la Tipo 26, cette Tipo 61 à plus de 4 millions de dollars rappelle que les Maserati de course les plus importantes sont devenues bien davantage que de vieilles dames. Ce sont des morceaux d’histoire. Et, manifestement, ils ne cessent de prendre de la valeur. (photo: Hanna Yamamoto/Mathieu Heurtault Courtesy of Gooding & Company, LLC)

Rédacteur en Chef Le Moniteur Automobile

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