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Économie / D’Ieteren Automotive veut supprimer jusqu’à 344 emplois en Belgique

Rédigé par Moniteur Automobile le 03-09-2026

D’Ieteren Automotive annonce un plan de transformation stratégique pour 2026-2030. Jusqu’à 344 emplois pourraient disparaître, alors que l’importateur veut réduire sa dépendance à la vente de voitures neuves et miser davantage sur les services, l’occasion et la mobilité.

Le plan de transformation de D’Ieteren en résumé

  1. Jusqu’à 344 emplois menacés

  2. Moins dépendre de la vente de voitures neuves

  3. Un parallèle frappant avec Volkswagen

  4. Même problème, mais à un autre niveau de la chaîne

  5. Pas d’impact annoncé sur les concessionnaires indépendants

1. Jusqu’à 344 emplois menacés

D’Ieteren Automotive a présenté au conseil d’entreprise un plan stratégique de transformation pour la période 2026-2030. L’importateur belge évoque un marché automobile en mutation structurelle, sous l’effet de l’électrification, de la digitalisation, de l’intelligence artificielle, de la concurrence internationale et de l’évolution des habitudes de mobilité.

À cela s’ajoute, selon D’Ieteren, le recul du marché automobile depuis la pandémie de Covid. L’entreprise ne s’attend pas à un retour complet aux volumes d’avant-crise et veut donc adapter son organisation à un marché plus petit et à des clients aux attentes différentes.

Si le plan est confirmé à l’issue de la phase d’information et de consultation, jusqu’à 344 emplois pourraient disparaître. Certaines implantations pourraient également fermer, tandis que plusieurs fonctions seraient regroupées et différentes équipes réorganisées. D’Ieteren n’a pas encore précisé quels sites seraient concernés.

La procédure prévue par la loi Renault a été lancée. Il s’agit donc, à ce stade, d’une intention et non d’un plan de licenciement définitivement arrêté.

2. Moins dépendre de la vente de voitures neuves

Au-delà des suppressions d’emplois, c’est surtout le changement de modèle économique qui retient l’attention.

D’Ieteren veut évoluer d’une entreprise principalement centrée sur l’importation et la vente de voitures neuves vers un groupe capable de générer des revenus pendant toute la durée de vie du véhicule.

Cette stratégie doit notamment passer par davantage de ventes de voitures d’occasion, de financement, d’assurances, d’entretien et d’autres services liés à la mobilité. Dans le même temps, les processus doivent être simplifiés et davantage digitalisés.

D’Ieteren est déjà engagé dans cette direction. L’entreprise vend près de 18.000 voitures d’occasion par an et les marques qu’elle distribue représentent environ 1,2 million de voitures en circulation en Belgique.

Le groupe développe également des activités au-delà de la vente automobile traditionnelle, notamment avec Poppy, la chaîne de magasins de vélos Lucien et D’Ieteren Energy.

3. Un parallèle frappant avec Volkswagen

Le calendrier de cette restructuration n’est pas anodin. Le groupe Volkswagen, dont D’Ieteren est l’importateur belge depuis plus de 70 ans, mène lui aussi une vaste politique de réduction des coûts et de simplification.

D’Ieteren distribue notamment en Belgique les marques Volkswagen, Audi, Seat, Cupra, Skoda et Porsche.

Volkswagen veut réduire jusqu’à 50 % son nombre de modèles d’ici 2030, tandis que le nombre de variantes et d’options pourrait diminuer jusqu’à 75 %. Le groupe souhaite également mutualiser davantage le développement et la production et adapter sa capacité industrielle à environ 9 millions de voitures par an.

La logique est finalement assez proche : moins de structures, moins de variantes, moins de coûts et davantage de concentration sur les activités jugées suffisamment rentables.

Le volet social est lui aussi important. Volkswagen, Audi, Porsche et la filiale logicielle Cariad ont déjà conclu des accords visant à supprimer environ 50.000 emplois en Allemagne d’ici 2030, principalement par des départs volontaires et des dispositifs de retraite à temps partiel. Selon Volkswagen, environ 37.000 accords avaient récemment déjà été conclus.

4. Même problème, mais à un autre niveau de la chaîne

Rien n’indique que le plan belge ait été directement imposé par Volkswagen depuis Wolfsburg. D’Ieteren reste un importateur et distributeur indépendant et son modèle économique diffère donc profondément de celui du constructeur allemand.

Les deux entreprises réagissent toutefois aux mêmes évolutions du marché.

Le marché automobile européen progresse peu, la concurrence chinoise augmente, les voitures électriques modifient à la fois la vente et l’après-vente, tandis que les clients passent de plus en plus par le leasing et d’autres formules de mobilité. La digitalisation rend aussi une partie des structures administratives et commerciales traditionnelles moins nécessaires.

Volkswagen tente donc de réduire les coûts et la complexité liés au développement et à la production des voitures. De son côté, D’Ieteren cherche à générer davantage de valeur autour de chaque client et de chaque véhicule après la vente.

5. Pas d’impact annoncé sur les concessionnaires indépendants

Pour les clients, la restructuration ne devrait provisoirement pas entraîner de changements majeurs.

D’Ieteren assure que la continuité de ses activités n’est pas menacée. Les concessionnaires indépendants ne sont pas concernés par le plan annoncé et continueront à assurer la vente et l’après-vente des différentes marques distribuées.

Pour D’Ieteren lui-même, cette restructuration marque toutefois une rupture avec son modèle historique. L’importateur belge veut devenir moins dépendant du nombre de Volkswagen, Audi ou Skoda neuves qu’il immatricule chaque année.

La voiture reste donc au centre de son activité, mais sa vente doit de plus en plus devenir le point de départ du modèle économique plutôt que son aboutissement.

Et sur ce point, D’Ieteren semble arriver à la même conclusion que Volkswagen : dans un marché automobile qui stagne, il faut réduire les coûts et la complexité. Avec, malheureusement, des suppressions d’emplois à la clé. 

Moniteur Automobile

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