Avec l’Emira 420 Sport, Lotus rend son coupé à moteur central plus rapide et plus incisif, sans pour autant le transformer en une machine exclusivement dédiée aux journées sur circuit. Le 4-cylindres AMG développe désormais 421 ch, l’aéro a été optimisée et le pack optionnel Lightweight Handling comprend des amortisseurs Multimatic réglables. La Lotus Emira 420 Sport reste étonnamment polyvalente sur route ouverte, mais c’est sur la piste d’essai de Lotus à Hethel qu’elle révèle pleinement la raison d’être de son badge Sport.
Des évolutions stylistiques subtiles et davantage d’appui aérodynamique — Lotus Emira 420 Sport
Ceux qui s’attendent à découvrir une Emira radicalement transformée risquent d’être déçus. Visuellement, la 420 Sport reste très proche de l’Emira classique: ce sont surtout les détails fonctionnels qui font la différence. De légères modifications aérodynamiques génèrent 25 kg de déportance supplémentaire à vitesse maximale, sans dégrader la traînée. Des prises d’air agrandies améliorent le refroidissement de 15%, tandis que les ouvertures situées au-dessus des ailes avant réduisent les turbulences autour des roues. Pour une utilisation intensive sur circuit, des conduits spécifiques de refroidissement des freins peuvent également être ouverts.

Avec le pack optionnel Lightweight Handling, Lotus va encore plus loin. Une ligne d’échappement en titane, une batterie lithium-ion et des persiennes en carbone au-dessus du moteur permettent d’alléger l’ensemble de 25 kg. À elle seule, la batterie réduit le poids de 10 kg. Les éléments en carbone donnent également à la 420 Sport une allure plus affirmée, sans dénaturer son design d’origine.
Orange is the new black — Lotus Emira 420 Sport
L’habitacle évolue moins. L’Emira reste très éloignée du dépouillement des anciennes Elise et Exige. La finition du cockpit est soignée et les sièges, largement réglables, offrent suffisamment de confort sur les longs trajets. La position de conduite et les commandes sont clairement orientées vers le conducteur, même si la version avec volant à droite dispose curieusement d’un repose-pied plus généreux que le modèle à conduite à gauche. Des touches orange contrastantes, proposées en option, apportent une note de couleur supplémentaire. On est assis bas et au cœur de l’action, sans toutefois se sentir à l’étroit ni sacrifier son confort.

Puissance AMG et 300 km/h — Lotus Emira 420 Sport
Sous le capot, on retrouve toujours le 4-cylindres de 2 litres turbocompressé d’AMG, mais sa puissance passe de 406 à 421 ch. La Lotus Emira 420 Sport atteint ainsi une vitesse maximale de 300 km/h et accélère de 0 à 100 km/h en 3,9 secondes. À titre de comparaison, l’Emira Turbo SE se contente de 290 km/h et réalise le 0 à 100 km/h en 4 secondes.

En mode Tour, le moteur et la boîte de vitesses manquent quelque peu de réactivité. Le mode Sport convient bien mieux au caractère de la voiture: l’accélérateur devient plus réactif sans être trop nerveux, tandis que le groupe motopropulseur s’accorde davantage avec la précision du châssis.
Multimatic plutôt que Bilstein? — Lotus Emira 420 Sport
L’option la plus intéressante est sans aucun doute le pack Lightweight Handling. Celui-ci remplace les amortisseurs Bilstein de série par des Multimatic proposant 11 possibilités de réglage. Une valve permet d’ajuster précisément le débit d’huile et, par conséquent, l’amortissement. Des pneus Michelin Pilot Sport Cup 2 et une application dédiée aux performances sur circuit font également partie du pack.

Sur les routes bosselées autour de Hethel, les amortisseurs étaient réglés sur la position 5. Ce réglage offre un compromis particulièrement convaincant. L’Emira se montre ferme et réactive, sans jamais devenir inconfortable. La direction mérite également des éloges: suffisamment précise pour renseigner en permanence sur le comportement du train avant, elle ne devient pas nerveuse lors des longs trajets. La 420 Sport est nettement plus incisive qu’une Emira classique, mais Lotus n’a pas sacrifié son équilibre sur l’autel du chronomètre.
Mature, mais toujours joueuse — Lotus Emira 420 Sport
Sur route ouverte, l’Emira 420 Sport se comporte avant tout comme une sportive aboutie. La suspension absorbe étonnamment bien les revêtements dégradés et le châssis réagit avec vivacité aux sollicitations du volant. En mode Sport, le groupe motopropulseur se montre assez réactif pour maintenir un rythme soutenu, sans transformer chaque trajet en combat. L’Emira n’exige pas non plus une attention constante pour rester sous contrôle. Elle est donc assez polyvalente pour rejoindre le circuit par la route, plutôt que sur une remorque.

Sur le circuit de Hethel, les amortisseurs Multimatic ont été réglés sur la position 9 et le mode Track a été activé. Ce dernier n’agit pas sur la suspension, mais améliore la réactivité du moteur et de la boîte de vitesses, tout en limitant l’intervention de certaines aides à la conduite qui se révèlent plus gênantes qu’utiles sur circuit.
C’est là que la Lotus Emira 420 Sport révèle sa véritable personnalité. Rapide, incisive et précise, elle ne se montre jamais intimidante. Le moteur délivre des accélérations vigoureuses et l’échappement en titane offre la bande-son idéale, mais c’est surtout le châssis qui impressionne.

Dans les courbes rapides, la voiture reste particulièrement stable, tandis que, dans les portions plus techniques, elle change de direction avec une agilité remarquable. Les freins méritent également d’être mentionnés. Même après plusieurs tours rapides, ils conservent toute leur puissance et leur constance. À Hethel, il est possible d’aborder une chicane à plus de 200 km/h et de freiner très tard, sans dégradation perceptible du ressenti à la pédale ni de la puissance de décélération.
L’exclusivité a un prix — Lotus Emira 420 Sport
La Lotus Emira 420 Sport coûte 139.620 €. Un tarif conséquent auquel il faut ajouter 14.700 € pour le pack Lightweight Handling. Pour ceux qui roulent régulièrement sur circuit, cette option reste toutefois incontournable, ne serait-ce que pour ses amortisseurs Multimatic. Un toit vitré amovible figure également au catalogue des options, mais son prix de 6.050 € est loin d’être négligeable.
Conclusion — Lotus Emira 420 Sport
La Lotus Emira 420 Sport ne cherche pas à transformer l’Emira en une bête de circuit radicale et sans compromis. C’est précisément ce qui rend le concept aussi convaincant. Avec ses 421 ch, le moteur AMG offre des performances largement suffisantes pour impressionner, mais la véritable différence réside dans le châssis. Équipée du pack Lightweight Handling, l’Emira devient sensiblement plus incisive et plus précise, sans sacrifier sa polyvalence sur route ouverte.
Sur circuit, la Lotus Emira 420 Sport se montre stable, agile et infatigable. Sur route, elle reste suffisamment confortable pour parcourir des centaines de kilomètres sans appréhension. Ce n’est donc pas une Lotus bon marché, mais elle accomplit exactement ce que l’on attend d’une Lotus moderne: placer le conducteur au centre de l’expérience, sans transformer chaque trajet en épreuve physique.
Dans cet article : Lotus, Lotus Emira
